‹ Lecons d'anatomie comparéeChapitre 144 sur 191 · SÉCRÉTION GRAISSEUSE SERVANT A LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

SÉCRÉTION GRAISSEUSE SERVANT A LA GÉNÉRATION

[Nous classons, dans cette catégorie, les épiploons graisseux des Batraciens urodèles, ou les appendices digités, de même nature, des Batraciens anoures, que Ton trouve en rapport immédiat avec les ovaires ou les testicules, par leurs vaisseaux sanguins et dans les mêmes replis du péritoine.

Des observations récentes, que nous avons faites sur le développement des ovules et sur celui des spermatozoïdes (2) , nous ont convaincu que ces dépôts de

(1) M. Stannitis les a fait représenter dans cinq espèces, entre autres clans Vanquille et Yanarrhlchas lupus. Voir son mémoire publie' en i83c). Archives de J. Millier, pi. IV, fig. 1-5. (2) Voir les Comptes-rendus de l'Académie des sciences, séance du a3 septembre 1 844 » *• XIX, notre Mémoire sur les organes de la génération des Salamandres.

A&T. IV. SÉCHÉïiO.NS GRAISSEUSES. 689

graisse, servent essentiellement à fournir la substance huileuse nécessaire à ce développement.]

Dans les Batraciens anoures , ces corps tiennent aux vaisseaux des testicules chez les mâles , et à ceux des ovaires chez les femelles; aussi ont-ils été décrits par Swammerdam et Roésel, avec ces organes. ïis sont composées d'un pédicule, qui se joint plus particulièrement à la veine émuigente de son côté, et de deux, trois, quatre, sept franges et plus, dont la grosseur varie beaucoup, suivant l'âge et la saison.

Nous les avons trouvés assez minces et grêles dans des grenouilles femelles qui^ n avaient pas encore pondu leurs œufs (1), quoique Roésel dise que ces organes croissent avec ceux de la génération. Dans cet état de maigreur, si Ton peut s'exprimer ainsi pour des corps entièrement graisseux et vasculaires, on apercevait clairement que chaque frange a dans son axe [une petite artère et une petite veine qui tiennent à un réseau vascuïaire extrêmement fin]. Les veines principales de toutes les franges se réunissent en un tronc commun, qui se jette dans la plus grosse veine émuigente de son côté. Chaque [réseau vascuïaire] est comme plongé dans un cylindre de graisse, qui semble avoir transsudé de ses parois, cl forme avec lui toute la masse de la frange. La sécrétion de la graisse pouvant beaucoup varier, on sent qu'il doit en résulter de grandes différences dans le volume de ces corps, ainsi que nous l'avons d'abord annoncé.

(i) C'est que leur substance venait d'être épuisée pour servir au développement des ovules.

690 xxxix» leçon, des sécrétions.

[Ces dépôts graisseux sont très considérables dans les Batraciens urodèles.

Ceux de la salamandre terrestre femelle s'étendent sur le bord du mésoaire, parallèlement aux ovaires; leur forme est oblongue, assez régulière.

Ils forment des lobes irréguliers et très considérablés, dans les mâles de la même espèce. Il en est de même pour ceux des tritons.

Les vaisseaux sanguins qui s'y distribuent sont des brandies de ceux qui vont aux testicules et aux ovaires. Ils y forment un réseau à mailles très fines, comme autour des organes de la génération (1).

Dans le siphonops antiulatus , parmi les Cécilies , ils sont attachés au bord libre du mésoaire , et forment des lobes ovales très développés , qui ne tiennent entre eux que par un ruban étroit de même substance.

Dans le mâle, ils commencent avec les testicules, , mais ils se prolongent bien au-delà, jusqu'à l'extrémité postérieure de la cavité abdominale, c'est toujours dans le même repli du péritoine qui enveloppe les testicules qu'ils sont enfermés, au bord libre de ce repli.]

ARTICLE V

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