ART. V. DES ORG. ÉLECTRIQUES DE PLUSIEURS POISSONS
du fluide électrique., mais bien les parties centrales dû système nerveux , où viennent aboutir les différents nerfs, qui en reçoivent ce fluide, et le conduisent dans les organes électriques. Ceux-ci n'en sont que les réservoirs, les condensateurs, ainsi que nous lavions déjà exprimé dans notre ancien texte, et que la physiologie expérimentale l'a démontré dans ces dernières années.]
Le fluide électrique, avions-nous dit, est peut-être la sécrétion la plus remarquable que produise l'économie animale; car on peut regarder comme une sorte de sécrétion, X accumulation de ce fluide dans les organes que nous^lions décrire.
[Les anciennes expériences de J. Walscb (1) sur la torpille, rendaient on ne peut plus probable que la cause des commotions produites par ce poisson, était la même que celle qui donne cette puissance à une machine électrique, ou à la bouteille de Leydc.
Mais on doit à MM. Breschet et Becquerel , Linari, Mateucci et Colladon, d'avoir démontré, par des expériences multipliées et très variées, la puissance du fluide électrique dans l'organe de ce nom.
M. Mateucci a réussi le premier à produire des étincelles avec ce fluide; ses expériences ingénieuses lui ont permis de Conclure, avec évidence . qu'il n'est qu'accumulé ou condensé dans l'organe : que les nerfs
(i) Os expériences furent faites à La Rochelle en 1772, et communiquées d abord à l'A< adérnie de cette ville. J. Wols< h les fi; ronnaitre à la Société royale des sciences de Londres, dans une lettre adressée à Franklin, et imprimée dans les Transactions philos, de 1770.
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en sont les conducteurs, et qu'il est produit dans ie cerveau à leur origine (i).
Les espèces du genre torpille (Torpédo Dum.) comprenant, dans l'état actuel de la science, plusieurs sous-genres (2); le gymnote électrique (Gymnotus electricus L.) et le silure électrique (malapterurus electricus Lac.) sont les seuls poissons électriques dont on connaisse l'organe condensateur de l'électricité. Ce que le lieutenant Faterson avait annoncé au célèbre Bancks (Trans. philos, de 1786), de deux individus du tetrodon electricus Gm., dont il avait reçu de telles commotions en les tenant dans sa main , qu'il avait été obligé de les lâcher, n'a pas été confirmé , que je sache. Il est remarquable cependant que cette espèce de tetrodon a la peau lisse, comme les autres poissons électriques , et non armée de tubercules.
Mais une ancienne observation de J. Nieuhoff , sur la faculté électrique d'un poisson des mers de lïnde, a été attribuée, par erreur, au trichiurus indicus L., qui n'est. pas électrique (3).]
Dans les poissons reconnus incontestablement comme électriques, les organes de ce nom consistent essentiellement en lames ou en feuillets fibreux, qui se croisent et interceptent des cellules [ou forment
(l) Annales des se. natur., 2e série, t. II, p. 254; *■ VI, p. n3, s54 et a55; et t. VIII, p. 197 ; et séances de l'Académie des sciences du 8 août, des 9 et 2.{ octobre 1 836 ; et Traité des phénomènes électro-physiologiques , suivi de recherches anatomiques sur le système nerveux et sur l'organe électrique de la torpille, par Savi. Paris, 1 844- (2) Entre autres le sou s-(;enre Narcine, établi en i83i par M. Ilenle, avec le lorpedo brasiliensis Olpebs. (3) Die Gattupg Torpédo von J.-F. M. von Olf'ers. Berlin,