SECT. II. DES ORGANKS DE LA VOIX
Nous ignorons à quoi tiennent précisément ces deux sortes de modifications de la voix , et quoique nous apercevions, jusqu'à un certain point, les circonstances dans lesquelles elles s'exécutent, nous ne sommes point encore parvenus à les imiter par nos instruments
Mais pour ce qui est du ton et de l'intensité , nous en connaissons parfaitement la théorie; nous savons que la vitesse des vibrations dans les cordes [de même diamètre] est en raison inverse de la longueur de cellesci, et en raison directe de leur tension.
Nous savons de plus qu'une corde qui donne un ton, donne en même temps ceux qui correspondent aux parties aliquotes de sa longueur, comme à sa moitié, à son tiers, à sont quart, et que l'on nomme tons harmoniques , etc. ; que ses vibrations totales sont donc simultanées à d'autres vibrations exécutées par ces mêmes parties aliquotes. Nous savons encore que les instruments à vent donnent aussi, en même temps, des sons correspondants à leur longueur totale, et d'autres relatifs aux longueurs de leurs parties aliquotes, et que, tant dans les cordes que dans les instruments à vent, il suffit de quelque circonstance légère en apparence pour faire dominer l'un ou l'autre de ces tons partiels ou harmoniques par-dessus le ton total, qui se nomme fondamental. On a trouvé, par rapport aux tubes des instruments à vent, que leur forme n'influe pointsurle ton, dans la plupart des cas; que si leur extrémité opposée à l'embouchure est fermée, ils rendent un ton correspondant à une longueur double de la leur, que si elle n'est fermée qu'en partie, ce que Ton appelle, notamment dans l'orgue, tuyaux à che minée, le ton est toujours plus grave que si elle était
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ouverte, mais moins que si elle était tout-à-fait, fermée.
Enfin, ces mêmes instruments à vent ne rendraient point de son si l'on soufflait simplement dans leur tube ; il faut qu'il y ait à l'entrée du tube un corps sonore, c'est-à-dire une lame susceptible de vibrer, ou au moins de briser l'air qui passe contre son tranchant. Sans cette condition, il n'y a point de son proprement dit.
L'organe de la voix des animaux à poumons est toujours le canal formé de leurs bronches, de leur trachée-artère et de leur bouche, c'est-à-dire un tube de largeur inégale, auquel le poumon sert de soufflet; mais les lames susceptibles de briser l'air et de produire le véritable son peuvent être placées à des endroits différents de la longueur du tube; tout l'espace compris entre les vésicules du poumon et ces lames que l'on appelle la glotte doit être considéré comme le tuyau du soufflet; ce n'est que la portion de tube placée au-delà des laines que ion doit considérer comme véritable instrument sonore, et dent la longueur et les autres circonstances peuvent influer sur les modifications de la voix, Ainsi plusieurs oiseaux ont, dès l'intérieur de leurs bronches, de petites lames ou espèces de demi-glottes; et tous en ont une parfaite à l'endroit où leurs bronches se réunissent pour former la trachée-artère. Par conséquent, dans tous, c'est la trachée même que l'on doit considérer comme le véritable instrument de musique.
Dans les Mammifères et les Reptiles , au contraire., il n'y a de glotte qu'à l'endroit où la trachée-artère finit et donne dans la bouche; la bouche seule doit donc être regardée comme instrument, et la trachée ne contribue à la voix qu'en qualité de porte-vent.