‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 100 sur 124 · XXX* LEÇON. SEGT. II. RESPIRAT. DES-ANIM. ARTICULÉS · texte numérisé non relu

XXX* LEÇON. SEGT. II. RESPIRAT. DES-ANIM. ARTICULÉS

autres à l'abdomen. De chaque stigmate part un court tube d'origine, qui aboutit à un tronc longitudinal correspondant, dont les branches et les rameaux se répandent par tout le corps. ]

E. Dans l'ordre des Coléoptères.

[ Les coléoptères subissent de complètes métamorphoses. Ces changements de forme extérieurs et intérieurs peuvent se manifester, d'une manière remarquable, dans les organes de la respiration.

Nous aurons donc à examiner les différences qui existent dans les instruments de cette fonction, aux différentes époques de la vie de ces insectes. ]

1 . Des organes internes de la respiration. a. Dans CInsecte parfait.

[Les trachées de la plupart des coléoptères sont tubulaires. C'est ainsi qu'on les troure, sans exception, chei les Coléoptères hétéromères, tétramères et trimères; et, parmi les pentamèresj chez les carnassiers terrestres, les brachélytres et les clavicornes.

Yoicî maintenant les exceptions : parmi les Pentor mères et dans la famille des Carnassiers, les dytisqtïith insectes aquatiques, ont, dans le thorax, deux vésicules en communication avec le reste du système trachéen, qui est tubulaire partout ailleurs.

Parmi les P a Ipicor nés, de cette même section des Pentamères, les hydrophiles, qui ont le même genre de vie que les dytisques , ont de sembables vessies dans l'abdomen. ] h' hydrophile brun ( hydr. piceus ) a quatre grosses vessies aériennes à la base de l'abdomen*

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Comme c'est un insecte aquatique, elles lui servent peut-être , comme la vessie natatoire des poissons , à s'élever ou à s'abaisser dans Teau (i).

[Ce sont en même temps des réservoirs d'air pour la respiration.

La tribu des Buprestides , dans la famille des Serri-cornes^ fait une exception ; les tubes trachéens y sont interrompus par un grand nombre de vésicules abdominales ou thoraciques.

Toute la grande famille des Lamellicornes se distingue par des trachées vésiculaires. ] Ces trachées sont d'un blanc mat, et renflées partout en petites vésicules, à parois très-minces, de figure tantôt ovale, tantôt irrégulièrement déchiquetée; elles représentent à l'œil, [avec les tubes trachéens décroissants, qui réunissent ces vésicules, ] des arbres très-chargés de feuilles. C'est ainsi qu'on les voit dans les hannetons, les scarabès, les bousiers j les cerfs-volants, etc. On n*en retrouve point de semblables, ainsi que nous venons de le voir, dans la plupart des autres familles de cet ordre.

[La distribution générale de ces trachées tubulaires ou vésiculaires est la suivante. Il y a autant de troncs primaires extrêmement courts (tubes d'origine de M. Straus) que de stigmates. De ces troncs primaires partent environ seize troncs secondaires, dont cinq ou six plus importants, et les autres beaucoup plus petits.

(1) M. Sukow les a représentées, pi. nr» fig. Tf de son Mémoire sur Torganî- *à[vm des Insectes. Journal tU la physique organique , par M. Ueuxingcr, t. ii. Eisemach , 1828.

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Il y en a un, quelquefois deux (par exemple, dans le hanneton) , qui Yont en avant et en arrière joindre le tronc primaire des stigmates le plus Toisin du même côté. C'est la suite de ces troncs de communication longitudinale, qui compose les grands troncs latéraux longitudinaux. D'autres troncs secondaires moins grands forment, en s'unissant à leur symétrique, du côté opposé, une communication transversale. Le reste de ces troncs secondaires se modifie et se distingue dans ces différentes parties.

Le premier tronc primaire n'a de tube de communication que pour le second stigmate; le tronc secondaiie qu'il envoie en avant se distribue à toutes les parties qui sont au delà de son origine. De même, le dernier de ces troncs primaires n'a de tube de communication que pour l'avant-dernîer. En arrière, le tronc primaire ne fournît que des tubes de distribution de l'air, qui se ramifient dans les parties voisines.

Les troncs primaires sont de très-courts cylindres, suspendus au bourrelet interne des stigmates, quelquefois dilatés en une sorte de poche; leurs parois sont de même nature que celles des autres tubes trachéens (i).

On n'a signalé jusqu'ici qu'une exception à cette règle. Dans Vkœmatickerus heros^le tronc primaire, qui comprend un stigmate du mésothorax, forme une caisse écailleuse, irrégulièrement ovoïde, dure, élastique, de couleur jaunâtre. Cette caisse a la tnembrane

<!} Telle est celle qui correspond à la première paire de stigmatet dam leAinjuttoum Voir ronvrage cité dt M. Stmuêi^ pL 7, fig» 4> i*

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de son fond percée par les embouchures d'environ cent cinquante trachées, dont, les deux principales se dis* tribuent jusqu'à la tête (i).

Les troncs primaires de l'abdomen ont la structure ordinaire, celle des trachées.

D'aijtres fois le tronc primaire est à peine distinct de la courte caisse qui constitue le stigmate, qui semble s'aboucher immédiatement avec le grand trodc trachéen longitudinal de son côté. C'est dé ce grand tronc que partent la plupart des branches et dés rameaux qui se distribuent aux organes (2).

Les trachées vésiculaires ne se distinguent, dans leîit dlistribution générale, des trachées tubulaires (^ue par Texistence d'un certain nombre de vésicules, qui intërrompent la continuité des branches ou des rameaux de celles-ci , et dont l'ensemble augmente considérablement la capacité du système respiratoire.

Les priones^ parmi les Longicomes, ont une troisième espèce de trachées que M. L. Dufaur a cru devoir distinguer des tubulaires et des vésiculaires. C'est une sorte de parenchyme composé d'un tissu de ramifications trachéennes innombrables, extrêmement fines, et de globules adipeux, formant une couche qui tapisse lïntérîeur du thorax.

Cet appareil respiratoire reçoit l'air immédiatement des stigtnates ftoràciques (3).

(i) Note sar les organes respiratoires des Capricornes^ par M. Pictet Jnnaiu du Scitncêt Naturêllêê, t. Tii , p. fS.

(2) L. Du four, Mémoire cité, pi. Si, fig. 2 pour le earabut auratus, et M. 5ii- ^, Mémoire cité, pi. it« fig. 27, pomVhydrophilus pleeut.

(8) Annales des Sciences Naturelles, t. fl^jp. 24, eipl. 22*

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b. Dans les Larves.

Toutes les larves de Coléoptères ayant des trachées tabulaires , ceux qui ont à l'état parfait des trachées vésiculaires, éprouvent une transformation bien remarquable dans leur système respiratoire interne.

Aussi, M. Cuvîer avait-il parlé de cette diflFérence, en ces termes, dans l'ancien texte de cet ouvrage :] D se fait un changement bien considérable chez les Coléoptères lamellicomeSy]puisq}iel2L larve, au lieu des trachées vésiculaires de l'Insecte parfait, a des faisceaux de trachées cylindriques, argentées et très-fines, se rendant de chaque stigmate sur toutes les parties voisines.

[C'est dans la larve de Yoryctès nasicome que C. Spreu" gel (i) a' vu une membrane tendue immédiatement sur le cadre interne de la caisse, et percée d'environ seize embouchures de différentes grandeurs, dont cinq ou six appartiennent à des troncs trachéens considérables.* Dans ce type, il n'y a pas de tube, ni dépêche trachéenne intermédiaire, entre la caisse du stigmate et ces premiers troncs. ]

Les larves des Coléoptères aquatiques ont en général les principaux orifices aériens près de l'anus pour pouvoir plus facilement chercher l'air. Les deux troncs latéraux de leurs trachées sont énormes, sans doute pour faire une plus forte provision de ce fluide, et les branches en partent comme des filets minces et cylin-

(1) op. cit. , pi. I, JBg. 1.

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drîques. J'ai observé, entre autres^ cette disposition dans les larves à' hydrophiles.

[Cette grande proportion des trachées principales fait que ces organes servent de réservoirs d'air, et qu'ils ont le double usage de contenir une provision de ce fluide pour la respiration, et de diminuer la pesanteur spécifique de la larve pour faciliter ses mouvements dang l'eau. ]

a. Système respiratoire externe.

a. Des Coléoptères à l'état parfait.

[Le système respiratoire externe est (Constitué ici , comme dans tous les insectes dans leur dernier état, par des stigmates, dont nous aurons à examiner le nombre, la position, la grandeur relative, la forme et l'organisation. Les stigmates sont rangés symétriquement, de chaque côté du corps, sur les côtés de la poitrine, et le long du bord de la face dorsale de l'abdomen.

La première paire est dans le prothorax; la seconde dans le mésothorax, entre l'origine des élytres et deg ailes (i).

Il y en a ensuite huit paires qui répondent aux anneaux de l'abdomen , ou sept seulement , la dernière étant souvent oblitérée. On n'en trouve même que cinq

(i) Ltlreille, ^ègn» animal, t. XT,p. 254*

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paires dans la casside verte (i). J'en ai trouvé encore une de moins dans le scarabé Hercule mâle et femelle. Le premier stigmate abdominal se voit en avant du premier segment de ce nom , dans une position verticale, et dans une peau molle qui réunit ce segment au métathorax; les trois autres sont situés transversalement et dans une position horizontale , sur le bord de la région dorsale de Tabdomen, de manière que leur angle interne répond aux lignes de jonction des quatre premiers segments dorsaux. Les autres segments n'en ont pas.

Les stigmate^ thoraciques sont généralement plus allongés et moins saillants que les stigmates abdominaux. Ceux de la première paire se voient dans la cfivité du prothorax, et ceux de là seconde dans un ^rme ligamenteux qui unit le méspthorax à la poitrine.

Les stigmates abdominaux sont placés dans une l]ian4e souple 4es téguments, qui borde la région dorsaile et réunit las segments moins longs de cette région avec ceux du ventre, qui dépassent les premiers.

Us sont généralement plus petits que les stigmates thoraciques, et protégés par les élytres, qui les recouvrent. Cependant les deux dernières paires (la huitième et la neuvième) font exception, .dans quelques cas, et pour la position et pour la grandeur. Ces stigmates peuvent être aussi grands que les thoraciques, et ils sont plus en dedans que les précédents , dans les lignes de jonction des trois derniers segments.

(i) L. Dofoary Annale du SeUnees Naturtltu, t. 8» p. it.

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Les stigmates forment généralement une caisse dont le cadre extérieur plus grand et Tîntérieur plus petit dépassent les téguments en dehors comme en dedans, et sont de substance écailleuse. Le cadre intérieur donne attache à la trachée d'origine , ou au tronc primaire. Il peut être d'un diamètre bien moindre que le cadre extérieur, et sert à resserrer plus ou moins la communication de la glotte du stigmate dans la trachée.

Les stigpoiates des Carnassiers terrestres ont généralement deux valves intérieures, interceptant une fente transversale ou un peu oblique, garnie d'un duvet extrêmement fin, plus marqué dans les stigipates thoraciques. A l'extérieur ils forment un bouton saillant brun, luisant, de substance écailleuse et de forme ellipsoïde ou sphérique.

Dans beaucoup d'autres Coléoptères j chaque stigmate aTapparence d'un disque ovale, aplati, ou même concave, en entonnoir, que circonscrit une pièce cornée un peu saillante, appelée ;?e^rfïr^me par M. Audouin.

La fente pneumatique se trouve toujours dans le sens du plus grand diamètre du disque ; elle est interceptée par deux lèvres ou par deux valves qui sont attachées au dedans des deux plus grands côtés opposés du péritrème. Elles peuvent être de grandeur très-inégale (par exemple, dans les dytisques), ce qui porte la fente pneumatique plus ou moins hors du grand axe de l'ellipse que forme le stigmate.

Les deux valves (dans les dytisques), ou celle d'un côté seulement (dans les hydrophiles)^ peuvent être soutenues par des arbuscules de substance brune, cornée, qui s'étendent transversalement jusqu'au bord de la valve, en produisant des ramifications de plus en

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plus nombreuses; de sorte que leur terminaison, qui garnit l'ouverture intérieure du stigmate , a Taîr de houppes touffues (i).

Dans d'autres cas, les parois intérieures de la caisse

du stigmate sont soutenues, jusqu'au bord de l'orifice

interne de cette caisse, par des nervures transversales

r irrégulière3, se réunissant au cadre de cet orifice ; c'est

ce qui se voit dans le hanneton.

Dans le scarabé hercule , chaque stigmate abdominal montre extérieurement un cadre saillant en forme d'ellipse ; l'intérieur se rétrécit en entonnoir, et présente dans le fond une fente étroite, garnie de petites barres transversales crénelées, de couleur blanche, fixées au fond de cette cavité.

Le péritrëme des stigmates abdominaux, dans leè capricornes (hœmaticherus héros) ^ a l'apparence, comme dans les carnassiers terrestres, d'un bouton saillant, ovoïde, assez ouvert, par une fente en ligne courbe, en dedans de laquelle se voient deux valves, ayant le bord libre garni de poils simples (2).

Dans la cassida verte, les stigmates abdominaux, au nombre de cinq seulement, sont ronds et percés dans une plaque écailleuse ovale de couleur foncée.

Je reviendrai sur la structure des stigmates et de ces glottes trachéennes en parlant du mécanisme de la respiratiour

(1) Voir G. Sprengel , op. cit , pi. ni, fig. ?9 > pour le dytiseus eîreumflexiut et pi. II y û%, 32 powVhydrophiluf earaboîdes ; et M. Lècn Du four ^ Mémoire cit^ pi. 21, fig. 1-2-4 y pour le carabus auratut ; Ûg. 8 pour le lucanui eervut; fig. 6 pour Vhœmaticherus héros , et fig; 7 pour la tasiida viridU. . (2) Règne Animal, insectes, pi. n, fig. 10.

b. Dans Cétat de larve.

Les Coléoptères à Tétat de larve , qui ne vivent pas dans l'eau, ont généralement neuf paires de stigmates. La première est au premier segment du corps; le ^

deuxième et le troisième segment ^ qui répondent à r

ceux qui portent les ailes dans l'état parfait^ en manquent; les huit suivants en montrent autant de paires (i).

Les larves aquatiques des dytisques et des hydrophiles n'ont que deux stigmates ouverts de chaque côté de l'anus, et qui introduisent l'air dans les grandes trachées longitudinales que nous avons décrites.

Les stigmates des larves de Lamellicornes sont circulaires, et composés d'un péritréme large , de même forme, et d'un disque concentrique, percé d'une trèspetite ouverture.

Le péritréme est large, de substance cornée, incompJet dans Voryctès nasicorne.

Dans la larve du hanneton, le disque, formant une valvule complète, est percé pour les embouchures dès trachées d'origine.

Ce peu d'exemples suffira pour montrer les grandes différences qui existent dans la structure des stigmates, suivant qu'on les étudie dans l'état parfait, ou dans la larve.

(1) Ltareille^ Règne Animal, t. it, p. S94* — (S) Voir G. Sprengel, op. ^'•» pi. IL, fig, 2-4-5 -G-20, et Règne animal » pU X| fig» 6 et 6 a. pour Voryetit

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En général on doit dire que ces embouchures extérieures de l'appareil respiratoire interne, sont encore mieux gardées par leur organisation , dans ce dernier état , contre l'entrée des corps étrangers ; ce qui était nécessaire pour que les diverses substances terreuses ou ligneuses, dont les larves sont entourées, n'ayeot pas d'accès dans leurs glottes trachéennes. ]

F. Dans les Orthoptères.

[Dans cet ordre, dont la larve ne diffère de l'insecte parfait que par le développement des ailes , nous n'avons à indiquer aucune différence, entre l'un et l'autre état , pour ce qui concerne l'appareil pneumatique.

1 * Système respiratoire interne.

Les Orthoptères coureurs, qui ont tous deux des antennes sétacées, et les genres des Orthoptères sauteur%^ ^ui ont des antennes de même forme, tels que les grillons et les ^flwVfr^/Zé's proprement dites, ont cies trachées tubulaires. Elles sont vésiculaires dans les criauets. On a même remarqué que les espèces qu^ volept, ont l'appareil pneumatique plus développé, les vessies aériennes plus grandes; tel est le criquet dp passage; tandis que cet appareil est beaucoup moins considérable dans le grylluspedestris^ qui ne vole pas (i).

(1) M. Marcel de Serres, Annales du Muséam, t. xvm, p. 4S0« et Ifémoireda Musèam , t. ir, pi. m, poar le système trachéen des Traxalis nasatus ; et pi. ir, pour celui de la manliê rctigiosa.

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