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ART. II. DANS LES ARACHNIDES

des Pédipalpes, n'a que des poumons, situés symétriquement sous les premiers anneaux de l'abdomen, au nombre de quatre ou de huit.

Ainsi, dans les scorpions^ il y a quatre paires de pneumostomesqui apparaissent comme des boutonnières un peu obliques et transversales, sur les côtés des quatre premiers anneaux de l'abdomen. Le pourtour du pneumostome donne attache à une sorte de vestibule trèsdistinct, qui conduit dans les petites poches lamelleuses dans lesquelles cette première cavité se divise. Leur série, obliquement verticale, repose en avant du stigmate, sur la paroi abdominale correspondante; mais elle n'y adhère pas, et le pourtour de chaque lame est libre dans.toute la partie qui ne tient pas au vestibule.

Nous adoptons, pour la structure de ces organes, la manière de voir de M. J. MuUerj qui est aussi celle de M. Straus ( i j .

Le premier de ces anatomistes a réussi à gonfler ces poches d'air, et les représente ainsi enflées (2).

Cependant Treviranm et Meckel affirment que l'air pénètre entre ces poches lamelleuses, qui ne seraient, dans ce cas, que des feuillets branchiaux ; et que le sang arrive dans leur épaisseur. Dugès (5) ajoute qu'il a réussi à les remplir d'injections par le vaisseau dorsal ou le cœur, tandis que M. Gaede n'a pu injecter que le réseau vasculaire de la poche commune.

Nous pensons qu'on pourrait concilier ces opinions contradictoires, en considérant chaque lame pulmo-

(1} Considérations sur les animaux articulés, p. 316. — (S) Archires aile mandes d'anatomie et de physiologie ; par Meckel^ année 1838, pi. ii, û%. 13. (3) Traité de Physiologie comparée , t. 3, p. 568.

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' animaux a permis de les découvrir. Les principaux troncs de ces vaisseaux aériens ont de même leur embouchure à la surface du corps.

Ainsi, parmi les A car ides propres^ G. R. Treviranus a décrit deux stigmates sous-abdominaux dans une espèce d'ixode (acarus nigua^ De Géer). Ils sont percés assez en arrière de la dernière paire de pattes, et ils aboutissent chacun à un tronc de trachées qui se ramifient dans tout le corps (i). Ces mêmes stigmates avaient été reconnus, vers le milieu du corps, dans d'autres espèces de ce genre par De Géer et Lyonet (2).

Parmi les Hydrachnelles, Dugès a vu une couche de trachées sous la peau transparente de Vatax Itaescm. Ce perspicace investigateur des acaridiens décrit, en général, les trachées des hydrachnelles comme filamenteuses, argentines et nacrées par l'air qui les remplit, provenant de deux troncs principaux ayant leur embouchure sur les flancs (3). Ces stigmates seraient recouverts par une plaque percée en écumoire. Dans d'autres cas il y en aurait deux paires qui apparaissent comme des points. La paire postérieure, plus sûrement déterminée, est derrière les hanches; l'antérieure serait plus avancée que les yeux (4). ]

(I) Sur la structure de Vaearus nigua , DsGiiB. Journal de Physiologie , par F. Tiedemann, etc., t. n, prem. cahier, Heidelberg, 1881. — (2) Voir les Mémoires posthumes de ce dernier. Mémoire du Muséum de Paris, t. xtiu, pi. 5, ûg, 3, c. c

(3) Physiologie, t. 2, p. 549.

. (4) M. Dugès y deuxième Mémoire sur les Acariens. Jnnalts d§s Science Naiurêl/lês , V série, 1. 1, p. 147, 150, 155 et 163.

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S IL Du mécanisme de la respiration dans lei \

Arachnides.

[Nous ne pouvons , dans l'état actuel de la science, ';

qu'indiquer, pour ainsi dire, le sujet de ce paragraphe, i

n'ayant pas des données suffisantes pour le traiter spécialement et en détail.

Sans doute, pour les arachnides trachéennes, ce mécanisme est le même que dans la classe des insectes, au sujet de laquelle nous aurons l'occasion de le décrire.

Cependant nous devons faire remarquer ici que les liydrachnéSf qui vivent la plupart du temps submergés, ou ne respirent Tair en nature à la surface de l'eau que de loin en loin , possèdent la faculté de le séparer de ce liquide aéré , par leurs très-fins stigmates , et peutêtre aussi, comme le pense Dugèsj par les pores de leur peau.

Ce sont les muscles sous-cutanés qui dilatent ou resserrent les parois mobiles de leur corps, qui doivent attirer, dans les trachées des Arachnides trachéennes le fluide respîrable, et l'en expulser, en dilatant ou en resserrant la cavité viscérale.

Le même mécanisme doit servir à faire entrer l'air dans la poche respiratrice des Arachnides pulmonaires, cette poche ayant des parois molles qui ne peuvent que suivre tous les mouvements des viscères de la grande cavité avec lesquels elles sont en contabt, ou en rapport mmédiat. ]

472 XXX* LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DlîS ANIM. ARTICULÉS.

Les trachées des larves à métamorphose complète ne ressemblent pas toujours à celles des Insectes parfaits; les différences à cet égard vont même quelquefois à un point plus étonnant encore, s'il est possible, [ que celles des autres organes.

Toutes les larves ont des trachées tubulaires ; mais nous verrons beaucoup dlnsectes parfaits qui ont des trachées vésîculaires , qui sont même pourvus d'espèces de vessies natatoires, lorsqu'ils vivent dans l'eau (les nèpes)^ ou de poches pneumatiques considérables, lorsqu'ils sont destinés à se transporter au loin dans les airs avec un corps dont la pesanteur spécifique devait être allégée à cet effet ; tels sont les truxales.

Les deux systèmes respiratoires, dont l'un est uniformément constitué par des tubes cylindriques, ramifiés dans toutes les parties du corps; dont l'autre est composé de ces tubes, dont les ramifications sont plus ou moins interceptées par des poches pneumatiques, par des vessies ou des vésicules, quelquefois à peine perceptibles à l'œil nu; ces deux systèmes, dis-je, montrent non-seulement des degrés Viifférents dans la respiration, mais encore une fonction différente à remplir. Celle-ci consiste à diminuer la pesanteur spécifique de l'insecte dans le vol ou la natation.

Les détails dans lesquels nous allons entrer nous confirmeront dans l'existence réelle de ces rapports intéressants.

La disposition générale des trachées tubulaires présente deux grandes différences.

Dans l'une, il y a autant de systèmes trachéens que de stigmates. Une sorte de trachée-artère fort courte, avec ses bronches, se ramifiant et décroissant jusqu'à

ce qu'elles deviennent plus que capillaires, forme comme un poumon de mammifère, dépouillé de vaisseaux sanguins. Il y a donc dans ce cas autant de poumons indépendants, que d'embouchures respiratrices (c'est le cas, entre autres, des glomeris, etc., etc.).

Le plus souvent les arbres respirateurs symétriques, ouverts du même côté, ont des branches de communication, soit transversales, soit longitudinales, qui font un ensemble de toutes ces parties, séparées seulement à leur naissance dans les stigmates; de sorte que Faîr respirable qui entre par un stigmate, peut se répandre dans tout le système aérien intérieur, et qu'une grande partie de ces embouchures pourrait être oblitérée momentanément sans danger pour la vie. ]

Les trachées communiquent au dehors par de petits trous, [ou par des ouvertures plus sensibles,] percées de chaque côté du corps, [dans un organe distinct et de structure assez compliquée,] et nommé stigmate; ou quelquefois par un ou deux tuyaux [qui se prolongent plus ou moins à l'extérieur, depuis le dernier anneau du corps. ] Ce dernier eas est celui des Insectes purement aquatiques, [qui viennent par intervalles respirer l'air atmosphérique à la surface de l'eau. C'est encore ce qui a lieu chez les larves dont le corps est enfoui dans des substances irrespirables; elles avaient également besoin d'un appendice conducteur de l'air respirable, qu'elles prolongent à volonté hors de ces substances, jusque dans l'atmosphère, ou jusque dans une voie de communication avec ce grand réservoir de la vie (i).

(i) Tel est le cas des lanres d'oc^'ptères , dont nous parierons dans le paras;rapbe des Diptères ; eUes placent leur tube respirateur dans un stigmate de Tinsectç ^iw le corps duquel elle» vivent.

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l'autre. Un seul genre de la première famille, les jafej, et un de la seconde, les scutigères^ ont deux rangs de vésicules.

Dans les Jules (i) et les glomeris^ de la famille des ChitognatheSf il y a autant de troncs principaux que de stigmates; ils restent séparés à leur origine, et forment, avec leurs ramifications, autant de systèmes respirateurs distincts, du moins dans le dernier genre.

Chaque tronc trachéen, dans les glomeris, qui prend naissance dans un stigmate, sans éprouver de renflement vésiculeux, se divise et se ramifie de manière que les ramuscules des arbres voisins se mêlent, mais ne s'anastomosent pas.

Cependant les deux premières paires de troncs d'origine produisent deux troncs médians longitudinaux, qui régnent sous le cordon principal des nerfs (2).

Les Jules auraient (3) deux séries de poches pneumatiques disposées par paires de chaque côté du vaisseau dorsal, recevant l'air des stigmates par autant de troncs d'origine, et communiquant ensemble par des trachées tubulaires et avec deux grands troncs longitudinaux, analogues sans doute à ceux que nous venons d'indiquer dans les glomeris.

Dans la famille des Chilopodes, la disposition générale du système respirateur interne est la plus commune ; c'est du moins ce qui a lieu dans les scolopen-

{i) M. Straus-Darckheim , dmsidirdtions. générales sur l'anatomié eomparii des animaux articulés. Paris, t828, in«4''* — (2) M. Brandt, Mémoire poar senrir à la connaissance de rorganisation de la Glomeris marginala, ArdùT» d'anatomit et de physiologie de J. MuUer, poar 1837, p. 320 et pi. xii. - (3) M. Marcel de Serres, op, àU» Mémoires du Muséum , t. t.

dres. Il y a, dans ces insectes, des troncs de communication longitudinaux, d'un stigmate du même côté à Tautre, et qui régnent dans toute la longueur du corps. Ces troncs de communication prennent Taîr par des tubes d'origine très-courts, attachés aux stigmates, et produisent toutes les autres branches du système.

Dans les scutigères, il paraîtrait, suivant M. Marcel de Serres (i), que les trachées d'origine qui conduisent Tair immédiatement des stigmates dans le tronc longitudinal , sont autant de poches vésiculaires. ]

a. De l* appareil respirateur externe.

[Les stigmates des giomeris se voient à côté de Torigine de chaque pied.

Les Jules les ont dans la même position ; mais il n'en existe seulement que pour chaque paire alternative de pieds.

Les scutigères auraient sept paires de stigmates plus rapprochés de la ligne médiane dorsale, et abrités, comme ceux des scolopendres, sous le repli saillant des sept plaques de cette origine (2).

Les lithobies [scolopendra forficata) ont seulement quinze anneaux et sept paires de stigmates, comme les scutigères. Le premier et le troisième anneau en ont

(1) op. cit., p. lie.

(S) M. Marcel de Serres, Mémoire du Muséum, t. it, p. 360. Cette description , que je n^ai pas Tériiiée , est plus conforme à ce qui existe dans cette famille que ce qui est dit t. T, p. ii6 « que ces stigmates seraient aa miUeu du doi> à la base de plaques.

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