‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 102 sur 124 · L. Dans les Diptères · texte numérisé non relu

L. Dans les Diptères

!* Système respiratoire interne.

a. Chez l'Insecte à l'état parfait.

M, Cuvier avait exprimé, dans notre première édition, que les Diptères ont, comme les hyménoptères, au moins deux vessies considérables à la base de Tabdomen. [Il peut en exister bien davantage : ainsi les asiles propres ont dix paires de ces poches pneumatiques (i). Elles coexistent d'ailleurs avec quatre troncs trachéens principaux, dont deux plus considérables aboutissent dans ces vessies aériennes.'

Il est remarquable que l'existence de ces poches , que le développement des capacités aériennes j en général, dans les Diptères^ comme dans les Hyménoptères ^ comme dans tous les autres insectes, est, toutes choses égales d'ailleurs, en rapport avec la rapidité et la durée de leur vol.

Vhippobosque du cheval , qui a des ailes, a des trachées vésiculaires dans le corselet, et des trachées tubulaires seulement dans l'abdomen (2),

Le mélophage commun, qui est sans ailes, et n'a que des trachées tubulaires, confirme ce rapport très-intéressant (3).

(1) Marcel <U Serret , op. cit. , t. it, p. 502.

(2) Aonales des Sciences Naturelles, L ti, p. 299. Recherches anatonrîqaef de Itf. L. Dufour^ sur Vhippobosquô du cheval, — (3) Mémoires posthumes I^yonet Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle, .xmi, pi. 2, fig. ii-i6«

512 XXX* LEÇON. SKCT. II. RESPIRAT. DKS AlflM. ARTICClis.

Il n'y a même que de simples stigmates non saillants, composés d'une plaque circulaire écailleuse, ayant au milieu une ouverture en forme de pupille, dans plusieurs larves aquatiques de tipules. Us sont situés à l'extrémité postérieure du corps, entre une couronne de tentacules rétractiles de différentes dimensions, suivant les espèces (i).

Les larves de stratiomes, de la famille des Notacarh thés, montrent une organisation analogue à celle des cousins proprement dits. Les trois derniers anneaux de leur corps sont allongés en tube et successivement rétrécis, de manière à terminer leur corps en forme de queue. Celle-ci a son extrémité entourée d'une couronne rayonnante de poils plumeux, qui servent, comme chez les cousins, à la soulever et à la suspendre à la surface de l'eau, tandis que le corps de la larve reste submergé (2). Les tubes trachéens principaux ont leur origine par une double embouchure, dans un stigmate qui s'ouvre entre les rayons de cette couronne. L'air parait devoir sortir par deux autres stigmates de l'extrémité antérieure du corps, où se terminent les mêmes grandes trachées.

Parmi la nombreuse famille des Athéricères^ les larves d'hélophiles ont un appareil respiratoire externe analogue à celui des stratiomes. Les derniers anneaux du corps sont de même allongés et rétrécis en forme de queue, également garnie de poil à son extrémité ; mais

(i) Réaumur, t. y, pi. i, fig. 6, 9 et 40, pour le iipufe des prés, et L it> pi. 14, fig. 9 et 10. -- (2) Voir Sxvammerdam , op. cit., pi. 39 et 40, et Bèw mur, t. IV, pi. 13, 6g. 6 et pi. 22, fig. 11 ; et Lnireille^ R^e animal, U p. 285.

ART. ni. DANS lES INSECTES. 5t3

ici les anneaux se déploient comme des tubes de lunette d'approche, et sont susceptibles de s'étendre de manière à atteindre plusieurs fois la longueur du corps. C'est, comme dans les stratiomes, à leur dernière extré^ mité qu'aboutissent , par une seule embouchure , les deux troncs trachéens principaux, La larve a soin de maintenir ce stigmate tubuleux à la surface des eaux bourbeuses, ou de celles de latrines, dans lesquelles elle ntj en allongeront âà queue à mesure que les eaux s'élèvent (i).

L'expration a lieu par deux stigmates percés dans le premier anneau du corps, auxquels yont aboutir les mêmes troncs trachéens qui prennent leur origine dans la queue. '

C'est aussi par une sorte de siphon caudal que les larves 4e plusieurs espèces d*ocyptères^ qui vivent dans le corps d'autres insectes, respirent en faisant pénétrer ce tube dans un des stigmates thoraciques de ces animaux (â)..

Les larves d^œstrides, dont les unes vivent dans des abcès de la peau, ^ue leur présence entretient; les autres dans Testomac ou le gros intestin; d'autres enfin dans les sinus frontaux et maxillaires des mammifères domestiques ou sauvages ^ ont leurs stigmates situés sous une plaque écailleùse de l'extrémité postérieure du corps, qui parait comme tronquée. Il y a, sous cette sorte de bouclier, deux stigmates qui versent Taîr dans deux gros troncs trachéens (3)-

(1) Voir Swammerdam , pi. xxzyiii, fig. 14» H. B., et Latreille, op. cit. p. 49S et 493. — (2) Mémoire de M. Léon Dufour^ Annales des Sciences NatureUe^i t. X, p. Î48. - (3) Voir Héaùmur, t. iv, pi. 34, fig. 17.

514 XXX' UEÇOlf. SSCI. II. BEjSPIEAT. MKS jUTIU. ARTIGUIÉS.

C'est aussi, à peu de différences prè^, l'organisation d'une larve attribuée au genre Conop^y qui a été observée par MM. Audouin et Lâchât ( i ) ; seulement il 7 a deux plaques distinctes, en forme de haricot, et, au lieu de fentes ^tigmatiques que paraît ayoir le bouclier des oestres, les plaques de larves de anwpê seraient pe^ cjées-de trous capillaires. J

j § I. Du mécanisme de la respir^ntian dam tes InucUi^

[Nous étudierons «ucçessîTeipenjKce mécanisme dans les Insectes à respiration aérienne, c'estràndire, quipren* nent immédiatement dans Tatmo^phèoe^^ Tairque res^ ferme leurs trachées; et dans les Insectes à respiratioii aquatique, ou qui prennent' cet air dans l'eau aéréfe, au moyen des organes particidiers que nous avons dé^ crite sous le nom de branchies fmemuitifue$é \

A. Chez les Insectes à respiration atmosphétifmi

[ Ce mécanisme se divise en deux parties distincte « la première se compose des ouvertures extàîeilres par lesquelles le fluide respîrahle entre dans les tracliéefl ou dans les réservoirs aériens 4e ce fluide.

La seconde $e rapporte à la mobilité des parois dm sysj;ème trachéen ou des cavités viscérales^ et aux moyens qui peuvej&t l^s dilater ou les i^esseirer, pour attirer l'air extérieur dans les voies aériennes de la respiration, ou pour l'en expulser.

(1) Mémoire de la Société d'BistoIr e X^'atiureile ^ P«n8, U u fans, iS2a.

Alt. III. DANi IBS iNffiKGTKI. 5iS

1* Du mécanisme des stigmates par lequel Vutr atmo^ sphérique s'introduit dans tes trachées.

Les détails dans lesquels je suû entré, len décrÎTant suecessivetnent, dans le paragraphe preûiier de cet ar^ ticle, l'organisation des stigmates dans tous les ordre! de la classé, sous le titre é*ùrgants extérieurs de la res^ pirativnj me permettent de me borner ici â rappeler lèls principaux trai'te de cette oi^ânisationvet dé H'ajoutèt que les détails de structure, relativement i tt méciK DÎMne, que j^aurais omis dans ma description précédente.

L^ stigmates forment toujours un canal très-court qui pénètre de Textérieur à l'intérieur, 4 traters leé té^ments ^ et se continue au delà avec un tube tra-* chéen d'origine, ou, ce qui est tïès-rarè, avec une pèche vésiculaire. Ce canal a trois parties distinctes : i"" son orifice externe $ 2* le canal proprei!nent dit ; et 3* son orifice interne.

Sous le rapport seulement de stf fonction de donner entrée à l'air qui va respirer, et d'être l'issue de celui qui a respiré, on peut justement comparer un stigmate à un larynx des animaux à poumons, et son canal à leur glotte.

1* L'orifice extérieur du stigmate peut être une fente étroite, une ouverture ovale, rectangulaire, ronde, que circonscrit ce cercle écaîUeux qu'on nomme péritrème, lorsqu'il est distinct des téguments environnants ; qui peut n'en être quela continuation plus consistante, mais sans ligne de séparation, comme dans les scolopendres.

Cette partie extéikure de l'entrée de l'âîr reste f^é-

516 XXX* LEÇON. 8BGT. II. RESPIRAT. DBS ÀNUf. ÀRTICUlis.

paiement béante, surtout lorsqu'il y a un pérltrème distinct ; elle ne peut ni se dilater, ni se resserrer.

2"* Le canal du stigmate, toujours très-court, ya généralement en se resserrant, vers son orifice interne. Il est même, le plus souvent, divisé dans TinteryaUe, par deux lèvres, ou deux valves mobiles, égales ou inégales, qui peuvent se joindre et même se recouvrir en se rapprochaj^t. Les lèvres sont mises en mouvement par un muscle particulier,, qui varie dans sa disposition, mais dont remploi est toujours.de les rapprocher; c'est le muscle occluseur de la glotte (i).

Toute cette gorge est hérisjsée, le plus généralement, de productions soyeuses siniples ou ramifiées, ou bien écailleuses , s'engrenant réciproquement en se rapprochant, et pouvant ainsi fermer tout accès aux corps étrangers.

Ui^e remarque générale à faire à ce sujet, c'est que les moyens de fermer ces glottes sont plus multipliés, plus complets chez les larves que dans Finsecte parfait, qui vit dans Tair, et moins en contact avec les corps étrangers qui pourraient s'introduire dans les stigmates.

3* Enfin le bord, interne du stigmate, qui forme son embouchure daûs la trttcliée d'origine, peut être garni d'un cadre intérieur mobile. Un muscle qui se porte de ce cadre intérieur au cadre extérieur, le fait tourner sur son axe, de pianière que son petit diamètre peut se

(i) Vràr 1(M détails de ce mécanisme dans Lyonet^ op. cit., pour la ciieoiUeda eottttt Itgniperda ; dans Sprengél^ op. cit. , pi. il, fig. 22, pour VhydrophUê M' ralfoîdsê ; et dans Marcel de Serres^ Mémoire cité, pour les valves des ftigoalei thomdqoçf diuis les tautfrûlhê. Mémoires du Muséum^ L ir, p. 849,

ART. III. DANS LBS INSBGT£8« SI Y

trouver dans la même direction que le grand diamètre de la caisse dn stigmate. Il forme ainsi là communication de cette caisse dans la trachée. .

Cette organisation, qui se voit dans le hanneton j est encore différente dans sa larve, chez laquelle ce cadre intérieur est remplacé par deux pièces triangulaires, de nature cornée, qui sont contenues dans k trachée d'origine ; en garnissent la paroi postérieure, et elles sont susceptibles de se mouvoir sur une apophyse du cadre extérieur^ avec laquelle elles s'articulent, de manière à pouvoir intercepter la communication de la glotte avec l'intérieur dû système respiratoire (i).

Les stigmates thoraciques et les stigmates abdominaux ne se ressemblent pas complètement dans les insectes parfaits, et peuvent différer beaucoup dans l'une et l'autfe de ces régions ; non-seulement relativement à leur position, à leur forme et à leur grandeur, que nous avons fait connaître suffisamment ^ mais encore dains leur mécanisme.

Ceux du thorax sont comme encadrés dans les pà« rois de cette région , qui sont généralement solides et immobiles. Ici il était surtout nécessaire d'un méca-

nisme particulier de valvules pour ouvrir ou fermer leur glotte.

Les stigmates abdominaux sont gétiéralement placés dans une partie très-mobile des parois de cette région, susceptible de s'étendre ou* de se resserrer, et qui peut, par sa mobilité, suppléer, jusqu'à un certain point, au mécanisme propre des stigmates.

(1) M. StnnUf op. cit. , pi. 6, fig. S^ 1, 8, 9 et iO,

518 XXX* tEçoii. ssct. n* rbspihat. dss akiit. Âimcuiis.

Aussi ne troure-t-on pas, dans les stigmates abdominaux des sauterelles ^ :Ces grandes yalvules qui distinguent leurs stigmates thoraciques» et que M. Marcel de Serres a proposé d'appeler - trimerez, à cause de cette complication naécanique. ^

Quant aux stigmates des insectes qui vivent Axû&

Teau^ et qui requirent cependantpar intervalles, à sa

surface, Fair atmosphérique, ils peuvent être préservés

. tie l'entré» de Teau par une couche d'air que retiennent

les éljtres entre elles et la face' dorsale du corps (les

dyiisqui^é les liydrûpkites).

Dans beaucoup d'autres, cas, le mécanisme de ces ouvertures par où l'air atmosphénque entre dans les trachéea ou en sort, sans permettre l'accès de l'eau ou des subataBces dans lesquelles l'insecte est enfoui, m complique de bien des manières; ainsi que nous Tavoss vu ea démvant l'appareil respiratoire extérieur des larves d« 4[ytUques^ et d'kjfdrapkUe^^ parmi les eoUoptires; des nèpes, parmi les hémiptères; et edul des lan0s 4e diftkre» qiH viventt dans l'eau, ou bien enfouies dans des substancett qi»i pourraient pénétrer 4^nft leurs stig-

Tantèt ce sont des tubes formées par ifxt prolongement des stigmates caudaux (les larves de eamlnSjèit lilusiewa tipuhs ) , cm thoraciques ( leurs nymphes) ; ta&tôt ee sont lé» derniers anneaux du corps^^ qui s'al* longent et se resseiarent en siphon » pour chercher au loin l'air respirable, et qui contiennent dans leur canal Tembouchure commune des deux trachées principale»* les larves de dytisques, à hydrophiles ^ de stratiomes, d*hélaphilesy etc.

Dans d'autres cas» les s^ipaates sont eatourés de

ART. m. Msnê css msECTËS. 519

tentacules contractiles qui les bouchent en se rapproehant; et les deraiers anneaux du corps, en se retîliBtrun dans Fautfe, complètent cette occlusion. (Les larves de tiputê» qui vivent dans les végétaux; celle de la mouché bleue de ta niande^ etc. ) (i).

Dans d'autres cas, celui des larves d*œstres^ deco^ nap$ , rextrémîté postérieuTie an corps présente une sinrfiee plate, eoïniii0 tronquée^ garnie d*tïn bu de deux boucliers écaîikux' qui recouvrent les stigmates^ les préservent de l'eBlréé des substances nuisibles, sans empêcher celle cte l'ait respirable.

Nous n'entrerons pas dans tous les détails de ces dif* firents mécanismes mI^ appartiennent à des monographies plutôt qu'à un ouvrage général, dans lequel jl deît mffîre, dans l*état actuel de la: science , d'avoir u ri

e^die où ils pourraient se rapporter,

2" Du mécanisme ginéral par lequel l*air extérieur éfitré diVM les trachées où, bien -en sort , ei citcàtp d'ans les canauè aériens.

Ce mécanisme est celui qui dilate ou resserre la cavité viscérale de l^bdomen. U faut se rappeler que ehaque anneaii abdominal est divisé généralement en deux, et composé d'un segment dorsal et d'un segment ventfal; que ces deux segments sont inégaux; que c'est tantôt le segment dorsal qui est le plus grand (les>aMtereltes, les libellules) ^ tantôt le segment abdominal (les

^) JSbmfwtJ», Ménfoire, I. pr\ pi. xrï , fig« 8-8-9 , j^nr le dt^itiier es&mjfte , el^xfVtfif^ IO,.poi&rle pfefl»iei<, e( pU i , fig. 6 , > et i9 ; et Annak» d«s Sdîeaces Naturelles, U z. Mémoire de M. Guérin, pou r une larve de botUftophile,

5S0 XXX* LEÇON. SECT. II. REAGIR AT. DES Â.RIM. ARTIGUliS.

coléoptères); que, dans tous les cas, ces segmeirts ou ces arcs, de substance écailleuse, sont joints pafr une peau molle , susceptible de se plisser ou de se tendre beaucoup ; que cette organisation de l'abdomen^ qui est composé d'anneaux brisés, donne à l'insecte, au moyen des muscles sous-cutanés dont il est pourvu, la faculté de resserrer où de dilater cette partie du corps, d'en diminuer pu d'en augmenter la capacités C'est dans cette ligne de jonction, qui se voit sur le bord de la face dorsale de l'abdomen ( les coléoptères ) , ou bien à sa face abdominale ( les sauterelles ) , que se passe la plus grande étendue de ces mouvements. * • -.

On voit cette ligne de jonction, tantôt former un sillon profond ^ ou uuç suite de plis ondulés ; tantôt se ^istendre et montrer une surface unie. Dans le premier cas, le segment abdon^inal de chaque anneau est rapproché du segment dorsal; il en est éloigné dans le second. ; \

Chez les li(>ellules, il n'existe qu'ua.siUon le long, de la partie moyenne de la face abdominale ,. et conséquemment une seule interruption des anneaux. Ce sillon s'ouvre ou se ferme dans les naouvements de contraction ^t , de dilatation alternatifs de ces anneaux, naouvenxents qui se succèdenjt sans iiitçr^uption. iiorsqxie ce sillon se ferme, l'anneau devient plus convexe en dessus; il s'aplatit, au contraire, ^uand le siUoo

s'ouvre. : i .

Ln autre mouvement, qui augmente ou diminue la capacité de la cavité viscérale abdorninale, est celui qui raccourcit ou allonge cette capacité, en faisant rentrer plus pu moins les uns .dans les autres les anneaux de l'pfbdomen, ou en les rapprochant I03 Uns des autres,

ART. m. DANS LES INSECTES. 5dt

et qui peut les éloigner alternativement. Ces mouve^ ments se passent dans la peau molle et élastique^ui les réunit.

Il est facile de concevoir qu'ils doivent servir indirectement, ou même directement, à comprimer les réservoirs aériens et à les dilater, et conséquemment à en expulser une partie dé l'air qu'ils renferment^ o^ bien à y faire entrer l'air atmosphérique.

Sans doute les trachées vésieulaires sont beaucoup plus susceptibles de cette con:)pression qiie les trachées tubulaires ; mais aussi les preïnières ne se rencontrent^ elles que dans les insectes parfaits, dont le corps a des parois écailleuses en grande partie, et moins susceptibles de se resserrer; tandis que les larves, qui n'ont jamais que des trachées tubulaires, plus di£Sciles à comprimer, ont plus généralement la peau molle, um^ formément contractile^ et susceptible de diminuer bien] davantage, par sa contraction générale, la capacité de la cavité abdominale.

D'un aii^e côté , les trachées tubulaires -, plus diifi^ cilement compressibles, reprennent promptement, par suite de l'élasticité de leurs parois, le diamètre qu'elles' ont perdu par cette compression extérieure, et cette dilatation doit suffire pour y précipiter L'air du dehors.^

Les mouvements imprimés à l'air des trachées abdo-i minales , par les parois de cette région , doivent se ]pr<>r: pager dans l'air de toutes les autres trachéiesdu thorax^: de la tété et des membres. •

Ainsi, chez les insectes, comme dans les animaux supérieurs, le mécanisme des mouvements des parois abdominales appartient essentiellement à la fonetipn de la respiration. ]

fils XXX* LEÇOH* flier. n. beapiiat. m» âimr* ARTicmis.

B. Mécanisme de la respiration chez les Insectes à

respiration aquatique.

[ Nous a.TQQs signalé et décrit ayec assez de détails tes singuliers organes, que nous avons appelés branchia pmeumatiqkeSf qui prennent L'air Gombiné à T^au, et dit férent essentiollçment de^ branchies des annélides ou desvelrtébrés, en ce que cet air n'y est pas immédiatement mélangé ou combiné avec le fluide nourricier , mais <pi'il j passe dans des trachée s que renferment ces bfanchies opiodifiées , lesquelles le versent ensuite dans les réservoiis aériens de ces animaux aquatiques.

Il j a sans doute là «ne opération à la fois .noiéeaBi* que et chimique que M. Butraehet a tenté d'expl^oei pas des expériences ingénieuses ( i )•

Toutes les fois que ees branchies, pneiuoaliqiies sont extérieures, et c'est le cas le plus ordinaire, efles se^ déploient dans Ueau^ qui se renouvelle facilement automr de ce& organes, soit par les ocMurantsi de ce liquide , seit.par lea mouveme nts de ranimai.

Mais lorsque ees organes sont intérieurs ^ eetpiine ceux des titettules et des œhsnes, et placés dans une soite de cloaque, dilatation du rectum , un méqanjsme par- ^ulie» sert i y conduire l'eau ou à l'eti expulser poUf la is^iratikm*

La partie antérieure et dilatée du rectum, qui contient

toireanatomique et physiologique des végétaux et des aninaiix» t« ni p« 4^ ^ Miivuitei»

ART. ir. DAN^ LES ANiniCIDEI. 593

tel apparôil, a des parois très-musculeuses, dont les Êiisceaux, ayant différentes directions, les resserrent ejîtous sens, et en expulsent Teau. Cinq rubans musculeux longitudinaux, qui se voiqnt dans la derçiière portion beaucoup plus étroite de cet infestin, servent à là fois à l'ouvrir et â le raccourcir, et conséquepiment la voie par laquelle l'eau est attirée dans la vessîe respiratoire , qui se dilate à cet effet. Un doublé rang d'écaillés mobiles, au nombre de six, dont les trois intérieures sont arrondies et les trois extérieures alongées et pointues, ferment extérieurement ^n se i?appfochant, ou découvrent en s'écartant l'anus extérieur, qtd est rentrée ou l'issue de cet appareil. ]

ARTICLE IT

^ Ihê organes de la respiration dans tes Annélides.

[A l'époque de i8o4, qui e^ celte de la rédaction de eet imiete^ dans notre première édition, par M. Cavier lui-même,] il n^admettaît, chez les sangsues et les fomkrics^ ainsi que che* les thatassème^s , d'autres organes de respiration que la péati et le lads rasculaire qui sy distribue $ [ de là fe nom S!^Annèltdes abranchesr^ par lequel il a désigné /plus tard l'ordre de ces animaux. J Dans les autres genres^ M, Cw)i^^hi%ïi décrit les crêtes ou les panaches qui servent à la subdivision des vaisseaux sanguins respirateurs.

Ceux qui nagent librement dans l'eau (les Annêlides dorsibranehes) ont les organes répartis également des deux G(yf es , le long d'une partie plus ou moins consi-

SUA XXX* LEÇON. SXGT. lU RSflPIEAT. DES ANIM. ARnCtllil.

dérable de leur dos. Ceux qui virent dans des tuyaux, les jinnélides tûbicoles, les portent, le plus souvent, du côté de la tête, pour pouvoir mieux les exposer à Taction de Teau.

Dans tous ces animaux, chaque branchie est pourvue d'un système vasc^ulaire, comme dans les classes les plus élevées ; mais ici s'arrête la respiration par expansion du système vasculaire.

§ L De$ organes de la respiration.

[Nous les examinerons successivement dans les trois ordres de la classe, et nou^ aurons l'occasion de trouver, dans cet examen, des différences bien sensibles dans la structure de ces organes, suivant (jue nous les étudierons dans les Annélides tubicoles et dorsibrancheSy animaux marins, qui ne sortent pas de l'eap, et qui n'ont conséquemm'ent que des organes de respiration aquatique ou de véritables branchies ; ou suivant que nous chercherons à bien apprécier leur existence et leur nature dans les Annélides dites abranches, qui vivent dans la terré humide, comme les lombrics , ou qui peuvent exister plus ou moins long-temps à l'air et à la surface du sol pour y poursuivre une proie y t^Uçs que certaines nephelis, ou pour sucer le sang des animaux et de l'homme, telles que les sangsues parmi les Hirur dinèes. ]

A. Dans tes Annélides tubicoles.

' Les branchies des serpules forment, aux deux côtés de la bouche, deux, superbes éventails, à branches en forme de plumes » à tige longue et à baibes courtes, tqn^es des plus belles cou|euri$. Le nombre de$ plumes

ART. IV. DAN8 I.ES ANNl&ltDKS. 595

de chaque éventail Tarie selon les espèces, aînsî que la courbure générale de chaque éventail. [Dans Vespèce commune (serputa contôrtuplicata) , les branchies sont souvent d'un beau rouge, ou variées de jaune et de violet; sans douté suivant Tactivité de la circulation dans ces organes. Elles sont quelquefois bleues daiis hserpula vermieularis. Les filets sont beaucoup moins nombreux dans un genre voisin, les Spirorbes. ]

Les Sabetles, du moins les vers que je nomme ainsi (comme YAmphitrite véntilabrum y Linn.), ont aussi leurs branchies en éventail, comme les serpules ; qyelquefois Féventaîl est contourné en spirale, et les deux branchies de grandeur inégale. [Dans la sabeiïa protula, Cuv. , les branchies sont d'une belle couleur orangée. Elles sont vertes dans une autre espèce à sang vert (i). Dans d'autres espèces , les branchies forment deux spirales égales. D'autres différences de forme peu importantes pour l'anatomie ou la physiologie , caractérisent les groupes de ce genre (2). ]

Les térébèlles ont aussi des branchies en forme de petits arbres rouges touffus ; mais au nombre de trois paires seulement, et placées sur la partie du dos la plus Yoisine de la tête. [Ces branchies sont d'un beau rouge, lorsque le sang les remplit (3). ]

Dans les amphitrites^ elles sont au même endroit,

(1) NouTelle édition du Bign» animal, pi. i» fig. 2. -— (3) Voir le Bégne ant'^ me/ de M. GuYier» t. m, p. 192 et 193 , pour les détails qui ont servi à caraété- ^ ces groupes. — (S) Voir la nouvelle édition du Règne animal, pi. b, pour ttUes de la Uréballe rUbuieute, et pi. e, pour celle»de la tèrébtlU caquitlirc» Les dessins originaux de ces planches sont de M. MUnt^Edmanh*

BX XXX* LEÇON. UCT. IL BX8PI1AT. DBS ANQC. AETICUliS

mais en forme de* peigne (i), et au nombre de deux paires seulement. [Des espèces , s^arées par Sazigny des amphitrites sous le nom générique d*hernulk$ (entre autres ïamphitrite à ruche) , auraient leur circula* tion branchiale dan$ des cirrbes qui se Toient à chaque segment du corps (2). ]

B. Daru le» Jrmitideê donibranches.

Vaténicote a quatorze! paires de branchies qui occupent la moitié du dos, et qui ressemblent à de petits buissons touffus, du plus beau rouge carmin, lorsque le sang les gonfle, et redevienneiit pâles, lorsqu'elles s'af* f dissent (3).

Les Amphinomes ont les branchies en forme de houppes ou de panaches plus ou moins compliqués (4)» Dans les Chloés , Sày. , sous-genre de ce groupe (Vam^ phinofhe chevelue), les branchies représentent des feuilles bipennées, comme celles de fougères, et sont du plus beau rose. Il y en a trente paires. Dans les PléioneSf autre sous-genre du même groupe (la P. tétraèdre et la P. caroneutée)^ c^e ne sont que de gros faisceaux de filaments ; il y en a autant que d'anneaux.

[Les Eunices ont aussi des branchies en forme de panaches (5).]

Dans les Néréides, il y a de petits cônes charnus, au

(1) M. Cuvier, Règne animal, t m , p. 194. — (2) M. MUnû-Edœards^ Mémoire sur la drealaftioii ée$ Annélides. Annales des Sciences' Katurdies, t x» p. 303, j^t Règne animal, nouTelle édit. pi. i, fig. 3. — (3) Règne animal^ nOtt- Telle édiL« pi. x , des ûnnètides^ d'après un dessin de M. MUne^Edwardi, — (4) M. Cuvier^ Règne animal, t. in, p. ISS.*— (5) Rign«animaif pL t,tit>%h pour celles de Vtuniec

▲HT. m 1>A1I8 U« ANNiUINSS. 5f7

nombre de deox ou trois de chaque côté d'un aiiDe««t les vaifiseaux sanguins y forment des ramifications d'une délicatesse admirable. Quelquefois , au lieu de ces petits cônes, on Yoit de vrais filaments groupés eD pinceaux de trois » de sept, ou même en panache; ou enfin de petites lames minces et laisses.

[ Ces différentes formes de branchies, ayant sesvi de caractères pour la distinction des genres, ont été f«iffi«* samment indiquées dans le Règne éu^imal^ nous ne n&us y arrêterons pas (i).

Les branchies des jiphrodiie$ varient de même dakis leur forme et leur développement* ] Dans les kûlitAém^ Sav. ( Vaphrodiie hérigiéé) , ce sont de petites crêtes dbab» nues, ressemblant un peu à celle -du eoq , placées aift« dessous de. chaque tubercule portant des épines. Il f en a une quarantaine de paires. Dans les folynùé^ i;upkré^ dite émilleuêe) , ce sont de petits faisceaux de filaments.

[Les ehœtopteres, Guv., ont des branchies très-déve^ loppées , comme des diaphragmes attachés aux segments nu>yens du corps (2)* ]

D. Dam Ut A7méUde$ abranches ou endobrawhes^

[M. CuviBR. nomme abranche$ le troisième ordre dei Annélides^ parce que, daps son opinion» les unes res^irent par la surface de leur peau, ce sont les lombrics; les autres, comme les hirudinéeSj par des cavités înté* rieures.

Les détails dans lesquels nous allons entrer montrê-r

598 XXX* LEÇON. SSCfr. II. RSSPIAAt. DSS ANm. AKTICTJli.^.

rotït qu'il serait peut-être plus exact de désigner ce groupe sous la seconde dénomination que nous lui donnons, depuis plus de dix ans , dans nos cours publics.

En effet, pavmi les A branches séïigères, qui forment la première fanrilte de cet ordre ^ les Lombrics paraissent avoir réellement des organes de respiration intérieurs.

Ce sont des yésicules. formant un 'sac replié sur lui-même, ayant son embouchure dans un pore latéral, contractile 9 qui se voit à Ik face yentrale de chaque anneau (i). Ces vésicules sont toujours remplies d'eau ; leurs parois sont trés^vasculaires , ainsi que celles d'une membrane qui lui est adhérente, et qui, réunie à sa symétrique, forme une sorte dé diaphragme incomplet, qui flotte dans chaque portion de la cavité viscérale, que circonscrivent deux diaphragmes musculeux.

Le sang qui a respiré dans cet organe compliqué, par une sorte de respiration péritonéale>, pour les lames membraneuses que nous venons d'indiquer, et pulmobranchiale pour les vésicules ; celui, qui revient des capillaires de la peau, retourne dans le grand tronc dorsal par les branches abdomino-dorsales (â).

De sorte que cette petite circulation dans chaque vésh

(f)' U ne faut pas confondre la double série de pores de la face abdominale aice la série médiane de pores dorsaux ; Meek&l a cru , à tort » que ces derniers étaient les embouchures des yésicules intestiniformes. Ce sont des pores péritonéaux qui donnent cours à Teau ou aux humeurs contenues dans la cavité Tiscérale, et qui baignent les lames membraneuses attenant aux vésicules. — (2) Nouvelles oittr' vatione sur te$ Annélkhe û branchée titigiret , par M. Duigêt » Annales des Sciences Naturelles^, deuxième série, t. 8, p. 26, etpL i, fig. il et 12,

ART. XT. UÀKS LIfS ANNÂtlKBft^ 5^^

Cille peut avoir lieu ou s'arrêter, sans que Je torreni qui s'écoule par le grand tronc latéral en éprouve un obstacle.

Dans les Hirudinée9j,.et particulièrement dans la $ang^ me médicinak y on a déterminé, comme des organes de respiration, deux séries latérales symétriques de vésicules rondes 9 analogues à celles des lombrics, sinon pour la forme, du moins pour l'usage.

CeS' vésicules, que quelques-uns regardent comme des crjptésmuqueQs^s^ renferment, à la vérité, un fluide limpide et Un peu muqueux. Chacune d'elles communique au dehors par un très-petit orifi^ce, dont la double série se voit du côté de la face abdominale <fe la sangsue.

Le nombre de ces vésicules est variable , d'après les données des zootomistes, qui en ont compté de onze à vingt-deux paires. On en trouve une paire tous lés cinq anneaux. Leurs parois sont composées de deux meoi* branes, dont l'interne est de la nature des muqueuses. C'est dans la membrane extérieure de ces vésicules, qui esttrés-^va^cukire, que s'étalent les ramuscules sanguins respirateurs. .Les uns* proviennent de gros troncs dilatés inégalement, et repliés sur eux-mêmes en forme d'anses (i), jsortes de cœurs pulmonaires ^ analogues à

(1) M. dû BlainvUlêj Dtctdcs Seiei^cesNâtarelles, U 47, p. 909, et M. Brawtt (Zool. Médic. ) , les regardent comme la partie sécrétoire des mucosités dont la poche ronde est le réservoir. Kunzmann (Ânat. pbys. Unlersusdi. <ûber Blolegel. 9erUii, iSi?) o'a pu y découTrir de canal ; fFeber (ÂrchÎT. de pbys., pour i82S) n'en a tu provenir aucun Yaisseau. l^ecktl en conclut que leur usage pliysioiogi* <|ue est encore incertain. Je cite ces exemples pour prouver combien la vérité sur lu détermination de ces organes, qui , je crois, est exprimée dans notre teztet % eu âe.peiQc à se faire jour.

530 XXX* LYAlon. ^EtT. li. nRSPhtlT. bïS ÂHIM. ÀRtlCULÉS.

ceux des eunicei^ ainsi que faoufe Tavons déjà exprimé (toin. VI, pag. 4^3 de cet oUvï^ge)^ les autres fee rendent dans un rameau qui se réunit à un rameau cutané, pour folrmer Une branchië du grand trom^ latéral. C'est aussi avec ce gtand ttetic latéral qtte 1« ccbur pulmonàil^ feèt imrnédiatetnètit eti rapports M; Dngkt a tu pàrfaitetneût les ibou?eméDt8 de diastole et de systole dans la tœphélis vHtgàitê ( I ).

On ne tonnait pa» d'orgénes particuliers de re^iiration dàoè les naidéê^ sinoh une partie de la peau qui parait plus spécialement destinée à cette fonction; c'^t celle dé Textrémité postérieure du corps, ddns laquelle les yaiâseâux sanguins forment un rééeau plus riche qu'ailleurs et très-remarquable. Mous rayonsis-

diquéTolume vi^ pa^ 43^*

On *Toit9 par cette histoire anàtoniîque des organes

; de respiration dans les Annélideê^ qu'ils varient beau-

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