DANS Û8 OISEAUX
antérieur; la quatrième et la cinquième, à la cinquième côte, et la sixième , à la côte suivante. Chacune d'elles » de forme large et plate , remonte en dedans de la poi<* trine , jusqu'à la face inférieure des poumons : les quatre premières en se joignant» les deux dernières en se réunissant de même. Arrivées sous ces viscères, leurs fibres musculaires s'y terminent en une large aponévrose,, qui tapisse leur face inférieure , ou plutôt la paroi de la cellule qui répond à cette face, se fixe à cette paroi, et se continue de dehojrs en dedans jusqu'à la colonne vertébrale, où elle se confond avec celle de l'autre côté. On voit que ces muscles répondent, en quelque sorte, au diaphragme des mammifères; en se contractant, ils doivent tirer en bas la membrane qui recouvre la face inférieure des poumons ,' entraîner avec elle les poumons qui lui adhèrent , les dilater de ce côté , et obliger l'air à s'y précipiter. Ces muscles, à peu près semblables dans le casoar^ ne nous ont paru , à proportion, aussi forts dans aucun autre oiseau. Serait-ce que leur action devenait plus nécessaire à cause de la moindre mobilitç des côtes, et devait suppléer à ce défaut?
Leurs portions sont ordinairement séparées dans les autres oiseaux, et forment quatre ou cinq petits muscles. Il 7 en a quatre dans Vaigle, qui s'élèvent de l'angle postérieur des troisième , quatrième et cinquième côtes, jusqu'à la face inférieure dés poumons.
Tel est le seul agent qui produise immédiatement la dilatation des poumons; [encore son action doit-elle être très-bornée et particulièrement limitée aux canaux aériens qui s'ouvrent à la partie inférieure des poumons t\ i leurs orifices conduisant l'air dans les cellules^
806 XXIX* LEÇON, ART. IV. MécÀlïlSSIE DE tA RESPIRATION.
parce que l'aponévrose de ces muscles adhère particulièrement aox paroils de ces canaux , et près de leurs orifices. Cependant cette aponévrose est très-peu mobile, et en s'abaissant, elle doit comprimer l'air des cellules qui sont au-delà. On ne peut donc pas comparer l'effet de ce rudiment de diaphragme costal, relativement au mccanisme de l'inspiration, avec celui des mammifères. U faut plutôt l'étudier comme faisant partie d'un plan d'organisation , très-prononcé dans les mamifères, et qui tend à s'effacer daDS les oiseaux. }
a"" Les parois de la poitrine sont trop peu mobiles, dans la partie qui touche à ces organes, pour déterminer immédiatement leur dilatation ; mais dans le reste de leur étendue, cette mobilité est considérable, elle sert puissamment, en augmentant la capacité de la poitrine, à dilater les grandes cellliles. L'air, forcé par ce mécanisme, de se précipiter dans ces cellules, s'introduit dans les poumons* La mobilité des côtes est donc encore un agent indirect de l'inspiration des poumons.
Ainsi, pour ce qui est des grandes cellules que renferme la cavité commune, il est clair qu'elles doivent se remplir d'air et se gonfler à mesure que les parois de cette cavité sont dilatées* Mous avons déjà vu la composition de ces parois dans la troisième leçon, art. m et iv.
Nous observerons seulement , à l'égard des côjtes, que leur composition favorise singulièrement la dilatation et le resserrement de la grande cavité^ par Tarticulation mobile qui réunit les deux portions osseuses des côtes sternales. L'angle que forment ces deux portions ft'ouvredans l'inspiration, ce qui écarte le sternum de la caloiine rertélûrale, et augmente consÂdéfabkcaeiit
DAM tfiS OISKAtJX, 907
le diamètre antéro-postérieur delà cavité commune, enmclme temps les côtes se portent ei> dehors^ et agrandissent de chaque côté, ou transversalement, la même cavité. On peut voir, dans notre troisième leçon, les agents ou les muscles qui produisent ce mouvement*
II doit être, à proportion, moins considérable dans Yautrucke et le casoar^ dont la plupart des côtes n'ont pas leurs deux portions réunies à angle capable de s'ouvrir ou de se fermer, et jouissant par conséquent de beaucoup de jeu , mais formant un arc dont les mouvements doifent être beaucoup plus difficiles.
[Le vide produit par l'ouverture des côtes, et par la dilatation de toutes les cellules de la cavité commune qui en résulté, rompt l'équilibre entre l'air contenu dans ces cellules, dans celles des os et dans les poumons , et l'air extérieur; le poids de celui*ci l'entraîne immédiatement dans toutes ces parties. ]
Eq se précipitant dans les cellules de la cavité commune, l'air doit passer, en partie dans les poumons, co partie hors de cette cavité, dans les cellules de toutes ies autres régions , et spécialement dans celles des os, <îtsy mélanger avec celui qui s'y trouvait auparavant, l oiseau peut d'ailleurs l'y presser avec force, en fermant sa glotte, et en contractant en même temps ses muscles abdominaux.
b. De CExpiration.
Les poumons des oiseaux peuvent, comme ceux des mammifères 9 se débarrasser, en partie, par leur propre force [l'élasticité de leur tissu] , de l'air qui s'y est introduit dans rinspiratioD. Aucun autre agent n'expulse immédiatement l'air de ces viseères; mah ce fluide est
208 XXIX* \sqojs. art. iy. héganisbib m XiA KsspiRAnoN.
entraîné hors des poumons, principalement par l'impulsion de celui- qui est chassé des grandes cellules.
Ce dernier effet a lieu au moyen dé l'action des muscles du bas«Tentre> dont la contraction ne sert pas simplement à diminuer immédiatement les parois de la cavité commune; ce qui aurait moins d'effet que dans les mammifères, à cause du peu d'étendue des parois purement musculeuses de cette cavité; mais en soulevant l'extrémité postérieure du sternum , et en rapprochant cet os de la colonne vertébrale, les muscles do l'abdomen resserrent considérablement la cavité viscérale. Le sternum obéit d'autant plus facilement à cette impulsion , que la portion sternale des côtes sur laquelle il s'appuie est^ ainsi que nous l'avons dit, trèsmobile sur la portion vertébrale. Leur angle se ferme dans l'expiration , comme il s'était ouvert dans l'inspiration. Le sternum des oiseaux est en cela trèscomparable au côté d'un soufflet dont les côtes représenteraient le cuir, et dont l'autre côté [ répondant à la face vertébrale de la cavité thoracique] serait à peu près immobile. '
Les muscles du bas-ventre qui meuvent particulièrement ce soufflet , en soulevant le sternum et en diminuant l'ouverture de l'angle des côtes, sont ;
i^V analogue du grand oblique ^ dont les fibres charnues recouvrent les côtés seulement de l'abdomen, et ne s'étendent pas en dessous de cette partie. Elles son^ plus transversales' qu'obliques, quoique l'on puisse | reconnaître un peu d'obliquité d'avant en arrière , et d^ dehors en dedans. !
Le même muscle se prolonge à l'extérieur des côtei jusqu'à la première, et tiant à ces côtes, du côté eXiJ
SON MÉCANISME DANS LES OISAAtX. 909
terne» par autant de languettes, tandis que son bord interne répond à une aponévrose qui est fixée au sternum.. Cette portion costale du grand oblique , beaucoup plus étendue que la portion abdominale , a ses fibres charnues également plus obliques.
On Toit que ce muscle doit comprimer avec force, non-seulement les parties molles de l'abdomen , mais encore toutes les côtes, et servir ainsi à rejçpiration.
2' Le second des muscles du bas-ventre, Yanalogue ieCobligue ascendant^ sert moins que le précédent à déprimer les côtes ou à relever le sternum (i). Il occupe, comme le grand oblique, les parois latérales de Tabdomen, et s'avance de dehors en dedans de Tiléon à [toute la partie vertébrale de] la dernière côte. Ses fibres sont trèsH)bliques.
3* Vanalogue du transverse paraît également contribuer à relever cet os; ses fibres charnues , absolument transversales, sont recouvertes par les précédents et parle suivant ; elles s'attachent en arrière à la concavité de Tare que forme le pubis , s'étendent sur les côtes et en dessous de Tabdomen , et tiennent à une aponévrose qui va joindre le sternum [ et se continue dans la ligne médiane avec celle du côté opposé].
4' Vanalogue du muscle droit, poui'la situation, mais oon pour la direction des fibres [dont les plus internes se portent un peu obliquement vers la ligne blanche]. Celles qui composent sa partie externe sont dirigées d'ayant en arrière, et s'étendent du bord postérieur du
({) Son attache à une $ettle côte montre la juslesse de cette proposition, que ^ecAe/ critique à tort, en affirmant que nous lui refusons la fonction d'6tre un >l»îNoir des cotes î ce que nous il*«voiii pas dit, comme on vient de le voir.