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XXIX"* LEÇON. ART. IV: MECANISME DE LA RESPIRATION

rences comme diaphragme , après avoir enlevé le cœur, le foie, les intestins avec les estomacs, dont le premier aura dû être coupé à Tendroit où il pénètre sous cette cloison. Plus en arrière, on verra un véritable centre aponévrotîque , avec un écartement des deux piliers de même nature à travers lequel passe le tronc de l'aorte abdominale et sa première branche viscérale.

Ce diaphragme postérieur, ou lombaire, semble être un dédoublement de l'aponévrose pulmonaire, sorte de diaphragme costal, lequel reçoit, de chaque côté, des faisceaux m useuleux, qui s'élèvent vers cette aponévrose , de Tangle de plusieurs côtes, ainsi que nous l'avons dit en décrivant le mécanisme de l'inspiration.]

Pour ce qui est des cellules qui sont hors de la cavité commune, il n'y a que celles qui peuvent être comprimées par les parties environnantes, telles que les muscles , qui diminuent de volume et se vident d'air par ce moyen. La portion de ce fluide qui a pénétré dans les cellules des os n'en peut revenir aussi facilement ; elle ne doit en sortir qu'au moyen de Tinlpulsîon communiquée par l'air chassé des cellules voisines, et par Teffet des changements de température.

[ En résumé , le mécanisme qui détermine Tentrée de l'air extérieur dans les poumons et sa^ortîe hors de ces organes , ne produit ce double effet que d'une ma* nîère indirecte. Celles des grandes cellules aériennei annexées aux poumons proprement dits, doùt les paroii soiit susceptibles d'être comprimées et dilatées, do les capacités peuvent ainsi augmenter pour rinspira* tion , ou diminuer pour l'expiration, en sont les agen médiats. C'est cet air des grandes cellules, qui nepe mrrivar du dehors sans agiter celui des tubes a<

DANS lES OISEAUX. « Sl3i

riens pulmonaires, qui ne peut être versé dans l'atmosphère sans entrsuner avec lui, du moînç en partie,^ celui de ces mêmes tubes , qui en renouvelle Tair servant essentiellement à l'hématose. i

Nous sommes porté à penser que l'oxigénation du sang se fait très-jpeu à travers la séreuse qui compose les grandes cellules aériennes ; sans cela il y aurait n^oinsi de différence qu'il c'en existe réellement entre le sapjg. veineux et le sang artériel des oiseaux. Ces grands réservoirs d'air ont sans doute pour effet de diminuer la. pesanteur spécifique de l'oiseau et de faciliter par là ses mouveaients aériens. Mais l'influence indirecte <ie cette organisation sur la respiration est . encore plus essep^ tielle.

C'est comme. réservoirs de l'air qui doit respirer daas les poumons, 5oit avant d'entrer dans les cellules, soit, à la sortie de ces capacités, qu'il faut les considérer*, lien résulte que la quantité d'air contenue dans |ç$!,c;ar. pacités aériennes des oiseaux est beaucoup plus grande que dans les mammifères, et que la proportion de l'^ir respirable qui est mise en contact , dans un temps donné,, avec le sang pulmonaire est beaucoup plus considérable*

Cette proposition pourrait encore se déduire des mouvements plus fréquents de leur respiration et de leur circulation plus rapide. On est en droit de .tirer ces dernières conclusions de la vitesse de Içurs mouvez, ments dans l'air. Nous avons fait remarquer, en par**. lant de la structure intime des poumons dans les oiseaux , leur petit volume proportionnel comparatiye* , ment à ceux des mammifères ; la plus faible c^apacité . de leurs canaux aériens,, relativement aux vajsseaux sanguins; la grande capacité de ces derniers, consi*

ff4 %X1X^ LEÇON. ART ÏV. ftESPlRiTIOir PUIMONAIRE,

dërés danà leur ensemble, qui forme, du poumon de l'oîéèaià, tiûe masse assez compacte, composée, en grandie ]f)ftrtîe, d'un réseâil sanguin homogène; rextrême ténuité des dernières ratttifications des vaisseaux qui (*t)ùiposent ce ïéseàii ; nous venons d'observer Timmofiilité, ou à peu près, dé ces organes dans les mouveûifents' dinspiratîon et d^expiration, et de rappeler les grâilds réservoirs aériens qui leur sont annexés.

Toutes ces circonstances, qui dîstîûgent essentiellelûeiît les poumons et la Respiration des oiseaux, de ce que nous avons vu dans les mammifères, me semblent avoir été nécessitées par les conséquences sur la circulation eti général et sur la circulation pulmonaire en particulier, de la rapidité extrême de leur vol et des éhângements fréquents dans le poids de ï*atmosplière et dans la température de Tair, auxquels les oiseaux sont exposés dans leUré Voyages aériens. Ils doivent à cètié organisation de d'avoir, dans leurs imouvements sï'ràpldëS, feî soutenus et quelquefois si élevés, ni essoufflement, ni bémorrhagîes. Le vol bas et peu soutenu des châUves-sotiris ne peut pas être Une objection contre eettè manière de roîr. ]

G» Danè kê JReptUês.

'lies Ordres dont se compose la classe dés Éeptîles afférent entre eu3t à cet égard, comme à beaucoup d'àfatré^.' >• • - ^ • '"

" •Ceûk du premier ordre, qui ont des eôtes soudées et immobiles , sont dans le cas des batraciens , dont uùé partie manque absolument de côtes, et dont l'autre eh a de trop courtes et trop peu mobiles pour qu'elles servent eil rienâ la respiration. (Voyez leçon m, art, iM)

Dans ces deux groupes, on ne peut donc plus compter tes leviers comme les principaux agents dé cette fonction. 11 fautcoriséquemment que le mécanisme de leUi? respiration diffère , dans ses points essentiels , de celui que nous venons de décrire [dans les mammifères, le* quel est déjà très-modifié dans la classe des oiseaux].

i" En effet, il est bien constaté à présent, que c'est en avalant l'air que les Batraciens introduisent ce flaîde dans leur poumon. Voici comment cela a lieu : ils ferment la bouche , dilatent leur gorge , et produisent urt vide qui oblige l'air extérieur^ de s'y précipiter par les narines. Alors ils contractent la même partie , ce qui s'opère particulièrement parles muscles qui agissent sur Fos hyoïde (Voyez ce que nous en avons dit, leç. acviii , t IV, !*• partie, p. 5i5 et 536), et ferment en même temps leur pharynx.

L'âîr^ chassé de la gorge , ne peut plus ressortir pai' les narines, sur rorifice interne desquelles il existe un repli membraneux, ou une soupape qui ne permet (ju^ sonentrée, orifice que la langue peut fermer plus complètement au besoin ; l'air n'a d'autre issue que celle delà glotte , îl s'y introduit et passe dans les poûmoiis.;

lien est chassé, dans l'expiration , par Faction de^ muscles du bas-ventre (voir t. i, p. 627), et par la force [ élastique ] propre des poumons.

[Dans un cas rare , celui du /np^y chez lequel les muscles abdominaux sont moins prononcés, leur action esj suppléée par un muscle diaphragmatique très-compliqué, seloQ lA détermination de MtckH (1). ]

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(t) Op. cit., t. ni, p. 111) et M. Ma3'er, Anaiomîa Banw Plpœ, Nova\ Ada Phys. TiÙdic» Bonnae, i825 , t. xii, p. ii , p. 542.

3t6 XXIX^ LEÇON. ART. IV. BE9P1RATI0N PUUIONAIRE.

. â"" Le même mécanisme est mis ea jeu dans* les Chélih niens (i). La déglutition de Tair est le seul moyen dont ils puissent se servir pour faire entrer ce fluide dans leurs poumons. Us dilatent et contractent leur goi^eal* ternativement , ayant la bouche fermée, absolument comme les bratraciei^s et par les mêmes puissances. (Voyez leçon xviii, p. 509 et 5^3. )

Il est expulsé par deux paires de muscles analogues à ceux du bas-ventre des animaux précédents. Ces muscles remplissent Tintervalle postérieur du sternum et de la carapace, dans lequel se replient les extrémités pelviennes dans l'état de repos , et c'est à cet endroit qu'on aperçoit^ dans les chéloniens, les mouvements de contraction et de dilatation qui , dans les mammifères, se voient dans toute l'étendue du ventre (i).

La première paire , ou l'externe , répond à l'oblique descendant; elle s'attache à tout le bord antérieur du bassin, à la carapace et au sternum, et s'étend dans tout l'intervalle postérieur de ces deux parties.

L'interne ou l'analogue du transverse , est composé de fibres transversales , qiii s'attachent supérieurement à la moitié postérieure de la carapace près des vertèbres , descendent en dehors des viscères , les enveloppent, et viennent aboutir inférieurement à uoe aponévrose moyenne. Celle-ci passe en partie sous la face inférieure de la vessie , et doit servir à la vider lorsque

(i) Je crois Ta voir fait coanattre le premier {Bulletin éê la SoeiMPkUomûlki^ que, anxin, n« 97, p. 279), en démontrant, contrairémeiit à l'opinion de Ttfwnson, que les muscles du bas^ventre sont l'un et l'autre des muscles «iplratairs« et que Tun d*eux n'est pas inspirateur. Et cependai^t c^est à cet auteur qu'on altrilrae l'explication que j'ai donnée , en montrant l'inexactitude de la sienne.

SON MÉCANISME DANS LES BEPTItES. SI 7

ces muscles se contractent. Ils ne compriment immédiatement qu'une petite portion des poumons ; mais leur action s'exerçant plus fortement sur les viscères du bas-ventre , ceux-ci pressent à leur tour les premiers organes et en expulsent l'air. [ Les muscles analogues du (jmrré des lombes et du droit abdominal, qui ont été décrits (t. 1, p. 488 et 489), doivent aussi comprimer les Tiscères abdominaux et, par leur moyen, les pou-» moDs.

Les Ckéioniens , qui ont leur cavité viscérale divisée par le pleuro-péritoine , à la manière de celle des oiseaux, ont une de* ces cloisons, celle qui descend de la partie antérîeiure du bouclier dorsal, au-devant du foie, constituée comme un diaphragme par des fibres musculaires et aponévrotiques. Bojanus (1) décrit un muscle diaphragmatique pair, composé de fibres musculaires épanouies de chaque côté sur cette cloison, que nous SiTons fait connaître comme une sorte de diaphragme (t. 1?, 2* partie , p. 65i ). Son action, quoique faible, peut contribuer à l'expiration en comprimant le poumon. ]

Peut-être «jue le» plumons se contractent aussi par Due force propre qui réside dans le réseau tendineux çui entre dans leur composition ( art. 11 de cette leçon], p. i3o(a)?

3'et 4* Les deux autres ordres de la classe des rep-

WOp.dt, tabl. XVII, xvmet XIX, tlMechel, op. cU.,t. m, p. i57. — (2) Ce fpKBoog exprimioDt ici avec un point de doute ^ dans notre ancien texte, est de- ^\ pour moi, une. certitude.— Voir la ^n de cet article et ce que je dis sur la i^ctare intime des poumons , p. ÎSl.

918 XXIX* l£ÇÔN« ART. iV. AESPIftÀTtON PUtitfONÂIRlS ^

tîled , leâ Sauriens et les Ophidiens (i) , respirent par un mécanisme très-analogue à celui des oiseaux, en ce que c'est particulièrement par les mouvements de leurs côtes et de leurs muscles du bas-ventre que s'exerce cette fonction.

Les premières , dans la plupart des SaurienSy ressemblent beaucoup à celles des oiseaux; on y distingue deux portions réunies par une articulation mobile, et formant un angle qui s'ouvre dans l'inspiration et se ferme dans l'expiration.

Les muscles qui les mettent en mouvement sont analogues â ceux des oiseaux. (Toîr ce que nous en avons dit, t. i| p. 326, )

Dans les Ophidiens ^ les côtes, qui foi*ment des arcs simples, composés d'une seule portion osseuse, ^Inclinent en arrière , fet se rapprochent de la colonne vertébrale^ dans l'expiration, s'éloignent de cette colonne et se redressent, dans l'inspiration^

Des releveurs des côtes, qui sont aussi nombreux qu'il y a de ces arcs , et dont les attaches sont les mê-

(â) On ne {K>urrjSt «ttnbu«r aux serpents le nèmeuécaoïûim qu'aux cbélonîens et aux batraciens. 1^ l^on considère que^ d*un côté , leur hyoïde est trèsfaible et ne peut servir, en aucune manière , à dilater leur gorge , mileur cavité biMcaie» «Itit MiilH»efif ma oiottreniems ^ leur kngale ; nFoii ée np|Mple, d^uh autre côté , le nombre et l'extrême mobilité de leurs côtes , on y verra le mécanisme unique qui dilate, et le mécanisme principal qui resserre le sac ou le» 4M» pwlflKwittifcat ««si «pie aou» Vvm» màk^iA* ^ié» M. SMêgél^y» narines resteraient fermées durant la plupart de ces mouvements, pendant lesquels Pair de la vessie pulmonaire n^aurait point d'issue. Ce ne serait qu'à de longs intervaÛes, mesurés par trente contractions du corps , que ces mouvemeoU alternatifs de dilatation et de resserrement de la cavité viscérale sei'viraîenl au renouvellement de Tair dansle poumon. {Bssai sur la phys. des serpents f déjà cité, p. 53^ de la partie générale. }

^N MlèCAMISME DANS JLES REPTICCS. SI 9

mes qu'à ceux de Thomme, mais dont le volume proportionnel est plus considérable , servent à cette dernière action. Ils sont aidés par les intercostaux, dont les fibres s*élèvent d'arrière en avant.

Ceux qui ramènent les côtes en arrière, et produisent Texpiration, sont places en dedans de la poitrine ; ils s*attachent sur leis côtés de la colonne vertébrale , et sont aussi nombreux que les côtes, de même quç les releveurs. Ce sont autant de rubans musculeux, étroits et aplatis, qui, de cette colonne, où |ls se fixent prés de l'articulation de la tôte postérieure , descendent en traversant la côte qui la précède , et vont s'insérer à Tantéprécédente , près de son extrémité.

D'autres rubans musculeux, qui croisent ces derniers, s'attachent aux côtçs, près de leur articulation, se réunissent en descendant et s'étendent en travers, entre celles-ci et le péritoine, et aboutissent, vis-à-vîs des bouts dès côtes, à une aponévrose très-mince , qui rassemble les rubans de chaque côté. Ils forment, de htï et l'autre côté, deux couches musçuleuses, qui tiennent lieu deS muscles du bas-ventfe; elles aident les premiers dans leur action, et compriment immé-. diatetnfent les viscères de la grande cavité.

Les poumons des Heptiles ont^ls une force propre ^ les contracter ? Nous le soupçonnons sans l'affirmer.

[Nous disons même en ce moment que nous n'en doutons pas , et que cette force est l'élasticité du réseau qui forme la cbaipente, qu'on me permette cette expression, du poumon de tous les vertébrés. Ce réseau , ainsi que nous l'avons vu, est très-fort et très-développé, sinon dans la totalité , du moins dans une partie du poutnon de là plupart des Reptiles. ]

SSO XXIX* UBÇON. ART. T. RESPIRATION BRANCHIALE ,

ARTICLE T

HéCANISME DR LA RESPIRATION DANS LES POISSONS.

Idée générale de ce mécanisme.

[Nous intervertissons ici Tordre zoologique, et nous décrivons d^abord le mécanisme de la respiration des poissons avant celui des reptiles, afin d'avoir, pour l'intelligence de ce dernier , un point de comparaison plus

assuré.

L'appareil hyo-branchial, ayant dans les poissons son plus grand degré de composition, sera plus facile à comprendre.

La cavité buccale, dans les poissons ^ fait partie du mécanisme de leur respiration, dont le but doit être Tintroduction de l'eau dans les cavités branchiales et son expulsion hors de ces cavités. Le premier effet constitue l'inspiration des poissons; le second, leur expiration. L'eau qui va aux branchies pénètre d'abord dans la cavité buccale , dont l'entrée ou la bouche proprement dite s'ouvre à cet effet, en même tempsj que la capacité s'agrandit. L'eau qui s'y précipite , par suite du vide formé par la dilatation de cette capacité, trouve, au moment où la bouche se ferme en avant, ainsi que le pharynx en arriére , et où les parois mobiles de la cavitébuccale se resserrent, cinqissues de chaque côté dans la plupart des poissons ; ce sont les ouvertures qui conduisent dans la cavité commune des branchies. La gorgée d'eau , ainsi avalée, y pénètre dans ce second moment de l'inspiration^ en poussant devant elle la gorgée

qui l'y avait précédée^ et qui s'échappe immédiatement par l'issue extérieure qu'ouvre ou ferme, à la volonté de ranitnal , l'opercule osseux et membraneux.

linsi, le premier mouvement d'inspiration, chez le poisson, est l'introduction de l'eau dans la cavité buccale, par la dilatation de celle-ci, et simultanément, au moyen de l'ouverture de la bouche. Le second mou- Tementest le resserrement de cette cavité, en même temps que l'occlusion de la bouche et du pharynx; il force l'eau contenue dans la bouche de s'introduire par les ouvertures branchiales, dans la cavité de ce nom, de filtrer, pour lainsl dire, entre toutes les lames qui composent les branchies ; elle est ensuite poussée au dehors, à travers l'ouverture extérieure des branchies, par une nouvelle ondée que l'animal avale de même. Sa sortie est facilitée ou ralentie, suivant que l'animal relève plus ou moins et porte dans l'abduction la membrane brarichiostège avec les rayons qui la supportent et ïopercule osseux qui recouvrent ensemble l'issue extérieure de cette cavité.

Il y a donc ici cette première différence importante entre la respiration de l'air dans les animaux à pou- Dions qui ont des côtes mobiles ou à trachées , ,et celle de Teau : que le mécanisme de l'inspiration de l'air se to par un seul mouvement ayant pour effet d'augïnenter la capacité des cavités aériennes respirantes; tandis que llnspiration de l'eau , pour les branchies des poissons, nécessite deux mouvements; celui de l'introduction de l'eau dans la cavité buccale , par la dilatation de celle-ci, auquel succède le resserrement de cette cavité , afin de faire passer cette même eau , par une sorte de déglutition, dans les cavités des branchies.

222 XXIX* tEÇOS., AW, V. BKSÇIRATIOK BRANCHIALE^

A la vérité, Dous avone déjà vu que, dans les reptiles à côtes îmmobUes, comme les tortues, ou dans ceux qui manquent de côtes (les batraciens anoures) Yin^ piration de l'air se fait aussi par dégJutîtioût

Une second^ différence plu3 générale, plu3 lexclu^ivej plus distincte entre la respirî^tion putoonnîre , ou trachéenne , et la respiration branchiale, se voit. dans la direction que $uit le fluide, ou le liquide respîrable, dans l'un et Tautre cas. Dans Iji respûatjlQii aérienne, les voies de Tair étant terminées p^r des çuls-de-sacs (i), rentrée de Tair pour la respiration lui sert en mêmQ temps d'issue. La respiration aérienne e&t donq un Aux çt un reflux alternatifs.

Celle de l'eau par les branchies des poissons est, au contraire > un courant qui s'établit depuis 1^ bouche du poisson I par où elle entre pour cette fonction, jusquà l'ouverture extérieure de chaque branchiei par où elle sort, après avoir servi à cette même fonction,.

Leis premief s mouvements qui introduisent l'eau respîrable dans la bouche et la versent dans l^fi brancbieaf étant une sorte de dégluti tiou, on conçoit que rhyoïde, qui est le principal agent de la déglutition dans \e plan général des animaux vertébrés, devait itre lié intimement, dans cette classe, avec les organes de la respiration.

(i) ijQ8 paumons îles oiseaux ne font pas une exception i<éetle à <iette règle» puisque \çs cçlluJes avec lesquelles les oauatix qui ir«ivf r^ut I^ p^uqiûos com* muniquent, en sont le derniçr atnoutissant , et que Tair de ces cellules ne peoi en sortir quVn traversant de nouveau ces mêmes canaux ; les uns et les autres ne forment qu^ui^ même TOie, à «oosenlç mUMSt qui sert eo «ëoBc temps d'il* sue , je veux |)^ler 4e la glotte,

SON )IÉCAJNISM£ DANS iES POISSONS. SS3

Ce rapport se voit déjà 4aDs la plupart des vertébrés à poumoûs , par la liaison qui existe entre la trachéen artère, où le larynx supérieur, et Thyoïde. Il est surtout remarquable,, ainsi que nous avons eu soin de le faire observer, dans les cbéloniens et lès batrac|en9i qui ires^ pirent en avalant l'air.

Âpres ces idées générales sur le piécar^isoie de la res-* piratioa dans les poissons ^ nous allons entrer dans les détails descriptifs de ce mécanisme]. 11 se compose d'un assez grand nombre d'éléments, dont voici l'ianalyse:

[l' Ce sont, en premier lieu , toutes les parties qui entrcDt daps la composition de la cavité buccale et qui servent à y introduire les corps extérieurs en général. Ces parties ayant été suffisamment décrites dans le tome IV, !'• P., entre autres, p. 397, nau& n'aurons plus à y revenir.

2° Ce sont ensuite les cavités branchiales, généraleinent au nombre de deux, quelquefois d^ dix (les sélaciens), plus rarement de quatorze [\^s suceur s) .

3* Ces cavités communiquent avec la bouche par plusieurs ouvertures ^ dont nous étudierons les diffé* rencesde nombre , de forn^e , de structure et d'étendue,

4' 11 y a toujours, pour chaque cavité branchiale, une issue^extérieure , dont la positiop, la forme, l'étendue, le mécanisme par lequel elle s'ouvre ou se ferme influent plus ou moins, sur la respiration.]

5* Des os ou descytilj^ges, courbés en arcs, sou««. tienaent, comme nous l'avons vu , les séries des lames sur lesquelles s'étalent les vaisseaux pulmonaires. Ces arcs sont formés de pièces dont le nombre varie, et toujours de deux portions mobiles l'une sur Vautre, ce qui leur permet de s'ouvrir ou de se fermer plus ou

224 XXIX* nÇON. A&T. V. KESPIRAnONBBANCHUtE,

moins. Suspendus sous la base du crâne , en partie par des fibres ligamenteuses lâches^ en partie par des muscles qui s'y attachent, ils y tiennent encore au moyen des os pharyngiens supérieurs^ qui sont fixés au même endroit par des fibres ligamenteuses et par des muscles analogues. L'extrémité inférieure de ces mêmes arcs s'unit aux deux côtés d'une suite de cartilages ou d'osselets qui règne d'avant en arrière entre leurs deux rangées, à peu. près comme les côtes s'unissent aux pièces du sternum (i). L'extrémité antérieure de cette [série d'osselets, ] est articulée et soutenue dans Tangle de deux branches qui se joignent de chaque côté à Tos carré, [c'est-à-dire, tympaûique, ou au temporal], et descendent obliquement en dedans , et en ayant jusqu'à la rencontre de cette extrémité.

6"^ Ce sont les hyoïdes, indiqués déjà sous ce nom (t. IV, I" P. , p. 539 et suiv.).

7' Enfin , l'ouverture extérieure des branchies est souvent garantie pai un double opercule, l'un entièrement osseux , l'autre composé seulement de rayons de cette nature, [et d'un repli de la peau qu'ils soutiennent. Ce double opercule ferme ou découvre cette ouverture à' la volonté de l'animal].

Tels sont les leviers au moyen desquels s'txécutent les mouvements des branchies dans les poissons.

S"" Ils sont mis en jeu par des muscles dont l'action, quoique variée , se réduit cependant à faire pa'sser entre les branchies l'eau qui entre par la bouche , et à la faire

(i) On conTient généralement, àprésoit, qne cette série inédiaDe de cartilages ou d*Qs , qui unit en bas les arcs branchiaux, répond à la queue et au corps de Pbyolde des oiseaux et des reptiles. Vt^r notre t. iv, !«• partie, p. 540.

son KÉCANISME DANS LK9 POISSONS. 295

ressortir par les ouyertures extérieures de ces organes respiratoires; ils tendent à ouvrir les arcs, à les écarter les UDS des autres, ou à les fermer et à les rapprocher; ils éloignent les uns des autres les rayons de la membrane branchiostège [et développent ou étendent cette membrane , ou la replient en rapprochant les rayons] ; ils soulèvent l'opercule osseux , en écartant do corps son bord libre [ou bien ils portent ce même opercule dans Tadduction, et ferment ainsi Torifice extérieur des branchies. Lorsque cet opercule manque, comme dans les lamproies j il est remplacé par un sphincter qui contourne chaque orifice branchial] . Enfin les muscles qui agissent sur lés os pharyngiens supérieurs , lorsque ces os existent, ne sont pas étrao* gers aux mouvements des branchies.

[Nous étudierons, sous ces différents points de vue, le mécanisme de la respiration des poissons , et pour plus de clarté, nous décrirons, en premier lieu, celui ifô poissons osseux , lesquels forment plus particulier rement le type de la classe, dans toutes les parties de leur organisme , ^insi que M. (iUvier Ta démontré. ] {Biit. Natur. des Poissons , t. î , )

A. MlScANISlIS B£ LA RESPIRATION DANS LES FOISSOIIS

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