‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 76 sur 124 · Des os pharyngiens inférieurs · texte numérisé non relu

Des os pharyngiens inférieurs

[Nous avons vu, dans les paragraphes précédents, que la portion inférieure des trois premiers arcs branchiaux avait deux pièces, la branchiale principale et Tarticulaire, et que la quatrième n'en avait qu'une seule, la branchrale. Il semblerait que Tos pharyngien inférieur est Tarticulaire de ce quatrième arceau. Nous l'avons déjà décrit (Leçon xviu, pag. 612 et suiv. ); il nous restera peu de chose à ajouter à cette description.

L'arrangement qui existe dans la murène commune est en faveur de notre opinion sur l'identité des os pharyngiens inférieurs et supérieurs avec les os articulaires inférieurs, et les sur-articulaires non hérissés de dents. Les pièces branchiale principale et branchiale articulaire y sont plus fortes dans le dernier arceau, quedans les trois premiers. Elles se joignent, comme à l'ordinaire, par une articulation mobile. Les os pharyngiens inférieurs sont articulés et même soudés à la pièce braùchialeprincîpale, comme une piéee articulaire des autres arceaux, et n'y sont pas détachés de cette pièce et rejetés en arrière. Les pharyngiens sur-articulaires, ainsi que nous l'avons déjà vu, sont de même soudés à l'extrémité de la pièce branchiale articulaire.]

§ V. Des muscles de tappareil branchial et des os

pharyngiens,

[Les muscles de l'appareil branchial, proprement dît, sont €€ux coœpfis^ dans le diapliragna€ biranchial qui agissent sfir l'espace lil^re de3 lame3 itHraochiales.

276 XXXIX* LEÇON. ART. V. RESPIfiATION BRANCHIALE,

Ce sont encore ceux qui agissent immédiatement sur les arceaux pour les écarter les uns des autres et pour les ouvrir, ou pour les rapprocher et pour les fermer.

D'autres muscles ne mettent les arcs en mouvement que par un levier intermédiaire ; tels sont: i** ceux qui agissent sur les sur-articulaires pharyngiens , et 2** sur les pharyngiens inférieurs.

Nous verrons qu'outre ces muscles, il faut encore comprendre, dans le mécanisme du mouvement des branchies, ceux de l'appareil hyoïde, lequel est chargé, entre autres, de mouvoir les branchies au moyen des forces puissantes qui agissent sur lui. ]

a. Des muscles qui s'attachent aux arcs branchiaux.

« Ils rapprochent ou écartent les branchies les unes

des autres, et ferment ou rendent plus ouvert chacun des arcs osseux ou cartilagineux qui les composent. [Ce sont conséquemment des abducteurs ou des adducteurs. Les premiers agissent sur les extrémités supérieures et inférieures des arceaux.

1* Les abducteurs supérieurs sont :] quatre paires de muscles grêles, qui ont leur attache mobile en arrière, à l'apophyse supérieure de chaque arc, se rapprochent et se dirigent en avant et. en haut, pour se fixer à la base du crâne, vis-à-vis du premier arceau, à la partie de la grande crête et du rocher qui est sous la rainure articulaire offerte au temporal par le frontal postérieur et le mastoïdien (i). Lorsque les apophyses. des deux

< -yi

(I ) MMt Cuviw et Faienàennet , op. dt», l« l » p* AiO et pL' ii^ 3<h

derûiers arcs sont rapprochées de manière à n'en faire qu'une, comme cela se voit dans la truite^ on ne compte que trois paires de ces muscles. Ce sont des abducteurs des branchies^ c'est-à-dire qu'ils les écartent l'une de l'autre, en les tirant en dehors et en avant ; en même temps ils servent à les suspendre et à les appliquer au crâne, pour peu que leur extrémité supérieure s'en soii écartée; ils ouvrent ainsi un peu leurs arcs.

[Dans Vanguille, ces muscles ont leur attache fixe au même point; mais comme les branchies reculées sous les premières vertèbres, ils ont un trajet plus court à faire pour atteindre leur attache mobile, qui est toujours l'apophyse supérieure de la pièce branchio-articulaire.

Dans le saumon^ les abducteurs supérieurs des branchies ne partent pas d'un seul faisceau; ils sont déjà séparés dans leur attache supérieure, qui forme une ligne oblique, assez étendue, sous la voûte du crâne, laquelle est dirigée d'avant en arrière et un peu en dehors.

Le premier, qui est le plus faible, va se fixer à l'apophyse supérieure et postérieure du branchio-articulaire-du premier arceau.

Le second, beaucoup plus fort, descend jusqu'au tord inférieur et antérieur du sur-articulaire pharyngien du quatrième arceau.

Le troisième va se fixer à l'apophyse considérable des branchîo-articulaire du troisième arceau.

Enfin, le quatrième, qui est le plus long, s'attache i Tangle supérieur et postérieur de la plaque carrée formant le branchio-articulaire du quatrième arceau. Dans les cyprins (le meunier)^ il n'y a que trois ab-

978 XXIX'£BÇOff« ART. t« US MËATrOIf BRANCHIALE,

ducteurs qui descendent directement, mais un peu en s'ëcartant delà ligne moyenne, jusqu'aux apophyses deg trois premiers branchio-articulaire.^.

Dans la baudroye il n'y a qu'un abducteur supérieur des arcs ; c'est un long muscle qui descend de dessous le crâne jusqu'à Textrémîté de la pièce branchio-articulaire du quatrième arceau. Ce muscle doit être aidé dans son action par le suspenseur du pharyngien supérieur. ]

Nous avions bien décrit les abducteurs supérieurs dans le turbot^ où chaque pièce branchiale articulaire présente une large apophyse angulaire, qui surmonte sa partie supérieure et donne attache à autant de ces muscles, dont l'autre point d'attache est à la base du crâne.

[ Dans V anguille il y a un abducteur antérieur^ ^ui est en même temps un pro tracteur; il s'attache sous le crâne 9 au-devant de l'adducteur de l'opercule, et se porte obliquement en arriére et en bas à la rencontre des branchio-articulaîres. Il s'en détache d'abord une très-petit^ languette pour le premier hranchio^articulaire, ensuite ce muscle se dirige très-obliquemeat vers le branehio-articulaire du troisième et du quatriètne arceau.

Un autre muscle plus considérable s'attache derrière le même adducteur de l'opercule, et plus ^n arrière, par une aponévrose , sur les muscles latéraux qui s'étend, au dedans de l'abducteur de l'opercule. Il appartient plus particulièrement aux deux premiers branchio-articulaîres ; il les suspend et les soulève plus dir^tement que les précédents.

$m uiCMlBim 9AN9 LSa V01S^C^6. 379

û\ Les abducteur$ inférieur& ( « ) sppt quatre autres paires de muscler logés en partie A^m le capal creusé le long de la portion inférieure de chaque arc, et qui 69 portent de là sur les os articulaires et intermédiaires syubranchiaux correspondants ; ils aident les autres abducteurs dans leur action , c'est-à-dire qu'iU ouyyent les arcs, en tirant en bas leur portion inférieure. Peut-être les écarteot-ils encore les uns des autres en les portant un peu en dehors et en avant.

3^ Les adducteurs supérieurs des ares. D'autres mus» des rapprochent les arcs les uns des autres ; ce ^ont des adducteurs.

Dans la perche^ les adduçteiirs supérieurs des arcs {îramverses supérieurs j Cuvier et f^alenciennes^ op. cit., 1. 1, p. 4i3,) sont au nombre de trois, et vont de chaque pharyngien à la portion voisine de l'arceau. Le dernier est commun aux pharyngiens et aux arceaux des deux côtés*

II y en a deux, dans la truite^ qui s'attachent d'un côté aux apophyses supérieures des deux derniers arcs, et se réunissent à un tendon commun, fixé aux extrémités supérieures des deux premiers. [ Dans le ^aei- ^n> les adducteurs supérieurs sont au nombre de trois. Le premier est un muscle court qui va, en descendant en arrière , du premier sur-articulaire au second. Le second , plus considérable , se dirige en dehors de la ligne médiane supérieure du pharynx pour aller s'attacher à l'apophyse branchio-artîculaire du troi-

(1) Ce «ont les obliques propres à Tappareil branchial. Histoire Naturelle des Poissons , 1. 1, p. 413» et pL vi , fig. iB-39,

280 xxix* ebçon; art. v. hcspikâtion branchiaik,

sième arceau ; il tient encore au sur-artîeùlaire de ce dernier arceau. Le troisième , situé encore plus en dedans^ est le plus considérable des trois ; il se porte obliquement en arrière , de la base du sur-articulaire à l'angle supérieur et postérieur de la pkque branchîoarticulaire du quatrième arceau. Il s'unit sûr la ligne médiane avec les fibres transverses du pharynx.

Les muscles transverses doivent être des auxiliaires des abducteurs, quand ceux-ci sont en action. Agissant seuls, ce sont les adducteurs des parties supérieures des arcs.]

Dans le congre, [ il y a trois adducteurs bii transverses supérieurs] . On trouve d'abord un petit muscle qui part de l'extrémité supérieure du premier arc , et va à celle du deuxième : puis deux autres muscles, Tuo placé entre le premier et le deuxième arc, l'autrç entre le deuxième et le troisième. Ils vont obliquement de dedans en dehors et d'avant en arrière , d'une portion supérieure de ces arcs à l'autre.

4*. Le constricteur du dernier arceau.

Il y a dans la plupart des poissons osseux, un muscle plus ou moins fort, qui s'élève le long du bord postérieur du dernier arc, de la pièce inférieure à la pièce supérieure. Son action doit être de fermer ce dernier arc, et , par son moyen , les trois autres. [C'est un adducteur des deux portions mobiles de cet arceau , que nous retrouverons dans les raies et les squales.

Ainsi, Iç quatrième arc branchial dans la baudroye, qui est cependant sans lames branchiales, est ferme par un muscle qui descend de l'extrémité inférieure

SON MéCANISJttE DANS LES POISSONS» ' S81

delà pièce branchio-articulaire, à rextjrémîté supérieure de la pièce branchiaJe.

Dans le saumon^ ce muscle s'élève en arrière de la pièce branchiale du premier arceau, à la plaque formant le branchîo-articulaîre de cet arceau. On le voit entre les deux têtes du pharyngo-articulaire. ]

b. Muscles des os jrharyngiens.

Ces os sont mus par des muscles , dont nous avons renvoyé la description à cet article (leçon xviii, p. 6i4j dut. IV, i'* partie); à cause de leur influence marquée sur les mouvements des branchies , et comme servant aies expliquer en partie.

Les. uns agissent particulièrement sur les os pharyngiens inférieurs; d'autjres appartiennent aux plaques ou aux os pharyngiens supérieurs.

[Nous aurions pu décrire ceux7ci avec les adducteurs supérieurs des arcs , ou avec les trans verses dont ils sont les analogues; mais comme ils agissent plus par* ticulièrement sur les plaques pharygiennes, lorsqu'elles sont mobilisées, nous avons cru devoir les faire con-r naître dans cet article. ]

i*. Muscles des os pharyngiens supérieurs.

Page 1