DES REPTILES
[L'intelligence de ce mécanisme est très-simple dans les reptiles qui ont leurs branchies extérieures, tels que le$ pérennibr anches et les batraciens arodèles, si Ton ne considère que le moyen de mettre le sang qui doit respirerencontact avec Télément ambiant. Il faut seulement se rappeler la structure des branchies et leur position, qui leur permet de flotter constamment dans Teau, qui se renouvelle à mesure autour de ces branchies , soit par les courants de ce liquide , soit par les mouve* ments de Tanimal. Mais si Ton compare tout leur appareil hyo-branchial avec celui des poissons , c*est-àdire les parties intérieures comme les parties extérieures , cette étude est bien plus compliquée. Nous n'en donnerons qu'une esquisse, devant Texpliquer plus en détail dans- le volume suivant, où nous traiterons des métamorphoses.
Pour les Batraciens anoures^ dont les branchies sont intérieures peu de jours après leur naissance , nous ferons connaître plus spécialement, dans ce volume, les leviers et les muscles ou les puissances, ainsi que les cavités et les orifices qui dirigent l'eau sur leurs branchies, et qui la jettent au dehors. Ici nous nous attacherons i décrire l'appareil hyo-branchial osseux ou cartila- {ifleux et les muscles qui le mettent en mouvement dans les batraciens pérennibranches. Nous avons déjà fait connaître l'hyoïde (t. IV, impart., pag. 620 et suiv.). Il nouB reste à mieux démontrer ici ses rapports avec les branchies, l'appareil hyo-branchial de la sirène se compose : i* D'une pièce moyenne antérieure qui répond au corps de l'hyoïde ;
2* D'une pièce moyenne postérieure dont l'extrémité de ce côté se divise en cinq petites fourches ;
3* De -deux pièces latérales antérieures , qui sont les analogues des branches hyoïdes des poissons ou des ' cornes hyoïdes antérieures des mammifères , etc. ; elles sont suspendues au crâne par un ligament (i)«
4* De deux cornes postérieures de chaque côté, auxquelles sont suspendus les quatre arcs branchiaux, qui restent cartilagineux et qui sont réunis par leurs extrémités supérieures au moyen d'un ligament. Un autre ligament les attache de ce même côté , à l'extrémité correspondante des cornes antérieures (2). Dans le protée, ce même appareil a une composition
(1) Ostemenîs Fossilety é<fit. in-8% t. x, p. HQ. — (2) Ibid., p.. 247 et Pl. 215, fig.7.
34^ XXIX' LEÇON. ART. VI. RE8tnRATI09 BRANCHIALE ^
très-analogue. LTiyoïde, à la vérité, n'a qu'une pièce pour son corps (i), et ses secondes cornes postérieures sont rudîmentaîres. Ensuite il n'y a que trois arcs branchiaux composés chacun d'une pièce ossifiée et n'interceptant que deux ouvertures branchiales. De sinapleâ ligaments les réunissent, le second et le troisième au premier et à la seconde corne hyoïde postérieure ; tandis que le premier arceau est solidement articulé à la première corne antérieure. Ces pièces osseuses, qui nous paraissent répondre aux trois pièces articulaires inférieures des arceaux des poissons, donnent attache à trois appendices ligamenteux qui forment proprement la charpente des houpes branchiales, et qui correspondent aux pièces branchiales des mêmes arceaux, dans les poissons. ]
Dans Yaxolotl , les trois panaches qnî constituent ses branchies sont suspendus , ainsi que nous l'avons dît, à quatre arcs cartilagineux, semblables à Ceux qui supportent les lames dans les branchies des poissons, et dentelés comme eux sur leur bord. L'extrémité supérieure de ces arcs tient à la première vertèbre cervicale, et rinférienre vient se joindre à l'extrémité des cornes postérieures de l'hyoïde. [ Celui-ci , qui remplace les os intermédiaires décrits dans les poissons , est und pièce médiane courte, cylindrique, fourchue en arrière (3), tenant lieu à la fois d'uro-hyal et du premier synbranchîal des poissons. ]
Le même hyoïde s'unît par son e xtrémîté antérieure
\t) Jby. , pt. SS5 f JDg. 10. 2. — (2) Recherches anatomiques sur les Reptil^ regardés comme douteux, etc. , par G* Cuviçr, Paris» 1807, p. 31.
SOSî UiCkmB3îZ DAIVS tes REPTItES. 34^
âdeax petits arcs également cartilagineux, comparables à ce que nous avons appelé brandies hyoïdes dans le« poissons, qui sont attachés par leur crochet supérieur aux côtés de la base du crâne, et servent ainsi à suspendre Thyôîde et à Tassujettir.
[Les salamandres aquatiques ont, comme la sirène , deux pièces moyennes dans leur appareil hyo-braneUal; mais la seconde est simple, en arrière, et non fourchue comme dans Vaxolatl. Une grande pièce la<térale arquée supporte le premier are branchial. Une seconde , courbée en sens contraire , supporte le secon(l arceau, qui sert lui-même de support au troisième arceau, et c^Jui-^f au quatrième j ces arc^^ux diniipuent beaucoup d» premier au quatrième.
Les têtards de batracien» anoures ont deux branches hyoïdes (i) composées chacune d'une «eule pièce, attachée par l'extrémité inférieure à une plaque moyenne qui tiçBt }ipu d'urp-hyal. C'^t à cette pièce moyenne que s^ r4unî$sent9 par des {igami^nts ^euleniept, ^eu^ pisiquie.6 eartilaginçusps rapprochées sur la Ijgnie moyeqne , formant la base de ra:pp^reil branchial et reoiplaçant h 1^ foi^ 1^^ ^ynbranchiaux, les trois arti-culaîres et les pharyrigiens inférieurs des poissons^ Lps quatre ajrçs branchiaux, de chaque côté, que ces pièces «iipportent, sont soudés avec elles et entre eux, et for- MnX une seule plaque fenêtrée par troi§ ouvertures, ] Les arcs branchiaux, les branchies, l'hyoïde, les panaches même, sont mis en mouvement dans Vaxo^
U) M, Cuvier, Qssemeau fossUe^, pi. 252» ^. S-i2» et Dugèg, op. cit.,
PK Mil, 6g. 75,
loti perdes muscles particuliers, dont nous allons donner l'aperçu.
Les premiers ont chacun un muscle très-fort, qui descend de la base du crâne , le long de leur côté conyexe, jusqu'à leur extrémité inférieure. Us ont pour usage d'ouvrir les arcs branchiaux ^ en éloignant cette extrémité de la voûte du palais.
Les arcs des branchies sont rapprochés l'un de l'autre par un muscle dont l'attache postérieure est à l'extrémité inférieure du dernier, qui s'avance sous celle des trois autres arcs» et leur envoie à chacun une languette.
Il a pour antagoniste un petit muscle fixé d'un côté à l'extrémité inférieure des branches hyoïdes, et qui se porte en arrière jusque sous le premier arc des branchies, auquel il s'attache, vis-à-vis de la languette du précédent.
L'hyoïde est tiré en avant, ou porté en arrière par deux génio-hyoïdiens , et par autant de pubio-hyoîdiens , qui remplacent à la fois , comme dans les salamandrefj les sterno-hyoïdiens , et les droits du bas« ventre. 11 est soulevé par un muscle semblable au mylohyoïdien de ces mêmes animaux.
Enfin , les panaches eux-mêmes sont abaissés ou re^ levés par autant de paires de muscles, qui se tiennent supérieurement et inférieurement à la convexité des arcs des branchies et dont les autres points d'attache sont à la base de ces panaches.
[Je décrirai les muscles analogues des autres batraciens , dans le chapitre des métamorphoses.
La plus grande analogie existe entre l'appareil hyo-
SON MÉCANISME DANS LES lUSPTILES. 343
branchial des poissons et celui des reptiles batraciens pérennibranches et urodèles.
Dans les salamandres aquatiques ( le triton marbré ) :
Le premier synbranchial est à la fois notre uro^hyal ou la pièce qui réunit l'appareil hyoïde à l'appareil branchial. Il y a d'ailleurs :
Un préarticulaire de la branche hyoide ;
Une pièce principale de cette branche ;
Un second synbranchial;
Deux articulaires, dont le second tient lieu de phaijDgien inférieur ;
Les quatre pièces branchiales ordinaires des arcs branchiaux (i).
Dans les salamandres aquatiques adultes , les cornes antérieures (Ossements fossiles, pL 254» %• 9» ^) répondent, pour la partie osseuse j aux pièces moyennes des branches hyoïdes des poissons , et surtout à liât supérieure.
Les préarticulaîres sont au nombre de deux de chaque côté dans la salamandre terrestre. Il n'y en a qu'un seul (impair) pour les deux côtés, dans les sala-nmdres aquatiques.
L'uro-hyal, le premier et le second synbranchial sont confondus dans une seule pièce dans la salaman* ire terrestre. Il y a un rudiment de second synbran* cUal dans les salamandres aquatiques. Les deux prelûières pièces des cornes postérieures, courbées en kqs contraire , dans les mêmes salamandres , répon-
(i) Rechercha sur rOsléolo^e et la Myologie des Batractas , par M. Oiroiii
Vi'i^fig. 14 > b. U. e. f. g. h. i. j. k. Paris» 1634.
dent au troisième articulaire et au pharyngien inférieur des pobsoD3 ; la seconde pièce est une des pièces branchiales.
Dans les salamandres terrestretj les pharyngiens inférieurs sont séparés des cornes postérieures proprement dites , qui n*ont qu'une première pièce au lieu de deux.
Dans la sirène lacertlne ( Os3emeqts fossiles, pi. ai5, fig, 7) Turo-hyal, qui est eu même temps un premier syubranchial^ e§t considérable^ la seconde pièce intermédiaire est un second synbranchîal . Les cornes antérieures n'ont que la pièce principale d*ossîfiée ; les préarticulaires et les osselets styloïdes ne sont que des ligaments ; les deux cornes postérieures sont com-
f rosées chacune de deux pièces, une articulaire et 'autre branchiale ; ce sont deux portions inférieures de deux des trois premiers arceaux ordinaires des poissons ; les arcs cartilagineux qu'ils supportent répondent aux portions supérieure de ces mêmes arcs, ou aux braiichio-articulaîres ètsur-articulaîres. Ici les branchies proprement dîtes sont analogues à celles du sllurus anguillaris.
Dans leprotée (Ossements fossiles, pi. 255, fig. n6) il n'y a qu'une pièce pour l'urô-hyal et le premier synbxanchial ; le second manque. Ses branches hyoïdes n'ont qu'une pièce osseuse. Il y a un premier articulaire quî supporte la première pièce branchiale ; la seconde pîèee branchiale et là troisième ont un articulaire commun qui les réunit et les lie à la première pièce branchiale ; le pharyngien inférieur est rudimentaire. Les parties ligamenteuses qui supportent ks trois branchial répondent à la partie supérieure des arcs branchiaux des poissons. ]
XXX* ISÇON. BE8PIRATI0N t)U UOLlVSqVSS , ETC. 34?
TBENTIEBIS LSÇOV.
D£S OROAHBS DE RESPIRATION DANS LES TROIS TYPSS DU» MOIiLVSQCES, DSS ARTICUIi^S BT