‹ Leçons d'anatomie comparée, recueillies et publChapitre 87 sur 124 · ÂRX. I. DANS LES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

ÂRX. I. DANS LES CRUSTACÉS

mières sont isolées , et attachées au-dessus des piedsmâchoires et de la première patte ; les six autres sont groupées par paires au-dessus des quatre pattes sui- TanteSy de manière que la dernière paire répond à la quatrième et à la cinquième patte.

Des neuf branchies appendiculaires, la première est attachée au premier pied-mâchoire, les deux suivantes au second (le plus extérieur) ; il y en a deux attachées de même au premier pied ambulatoire , deux au second^ un au troisième, et la neuvième au quatrième pied.

Les trois branchies solitaires et la branchîe externe et postérieure de celles groupées par paires , dans cette seconde série, répondent aux lames branchiales des autres macroures, lesquelles ont été converties en branchies dans Vécrevisse. Aussi ces branchies sont-elles articulées sur la hanche de chaque appendice maxillaire, ou ambulatoire, par une articulation mobile. Elles sont d'ailleurs plus grandes que les autres, et composées d'une lame qui va en s'amincissant vers son extrémité, et dont les deux surfaces sont hérissées de tubes ou de filaments respirateurs.

La seconde branchie des appendices, quand il y eti a une, est petite et pyramidale, comme les branchies thoraciques, et fixée immédiatement au premier article de l'appendice. Enfin, il y a encore, au-devant ou en dedans de cette branchie, sur ce même article, ou audevant de la branchie isolée, une touffe de longs filaments qui dépendent de cet appareil compliqué.

La cinquième section des Macroures de Latreille, celle des Salicoçues, est remarquable par la structure de ses branchies, qui ont toutes le type des branchies pen-

àÙS XXX'LKÇON. S£Cr« It. ASSnRAT. DtêKmUi AHTlCtlic.

niformes que nous avons déjà indiqué en parlant de celles des porcellanes.

Elles sont composées de lames étroites, et non à large surface, comme celles des crabes. Ces lames sont d'ailleurs moins nombreuses et généralement tnoîns serrées les unes sur les autres. Elles sont rangées, comme les feuillets branchiaux des crabes ^ie chaque côté d'un support intermédiaire, qui comprend les vaisseaux sanguins afférents et efférents. Chaque brancliîe est mince, déprimée, et le plus souvent effilée vers la partie supérieure.

Ces branchies lamelleuses et penniformes nous paraissent intermédiaires, entre celles des crabes et celles des locustes et des /tomards, pour Tinfluence qu'elles peuvent avoir, par leur structure , sur la faculté des animaux qui en sont pourvus, de vivre plus ou moins long-temps hors de l'eau.

Quoi qu'il en soit, 'cette section me paraît extrêmement naturelle par la conformité dans la structure de ses branchies.

Nous les décrirons dans quelques-uns des genres nombreux qui la composent.

Les branchies des crangons et des pontophiles diffèrent assez, par le nombre, pour Justifier l'établissement de ces deux genres. J'en ai compté douze dans le Pontvphitus prîstis^ Leach, dont six attachées au-dessus des six autres et plus grandes, surtout les trois dernières. Elles sont larges let aplaties par leur face externe; les deux séries de lames qui les composent sont attachées obliquement sur leur tige commune, et se recouvrent de même. Elles sont d'ailleurs arrondies par leur bord libre; chaque branchie a une portion des-

ART. I. DANS ISS GHCSTACÉ8. 40t

cendante, à partir de leur point d'attache, et «ne portion ascendante; la première plus arrondie à son extrémité, la supérieure plus effilée.

Le crangon vulgaire a de même des branchies lamelleuses et penniformes, au nombre de six de chaque cftté, dont cinq thoraciques et une maxillaire. Ces branchies ont une partie descendante aussi longue que la partie ascendante, laquelle est inclinée en avant. Elles vont en augmentant de la première à la cinquième , et sont toutes placées très - obliquement , leur partie supérieure en avant et l'inférieure en arrière.

Une espèce A'alphêc que nous avons pu examiner {Jthanas rufescens, pi. ii , f. 4» de l'ouvrage sur l'É-' gypte) a six branchies lamelleuses et penniformes de chaque côté, dont les deux premières sont presque ru-* dîmentaires, et les quatre suivantes vont en augmentant jusqu'à la dernière. Elles sont verticales, au lieu d'être obliques, composées de lames assex relevées, un peu arrondies à leur extrémité descendante, et comme tronquées à leur extrémité opposée.

Les palémons [Palœmon serratuSj LsiCH; xiphius et annulatusj Risso) ont, de chaque côté, sept branchies en lames , dont la structure et la forme ressemblent beaucoup à celles des galathées. Les lames sont de petites palettes rectangulaires, arrondies par leur bord libre, empilées sur deux rangs, le long d'une tige commune , à laquelle elles sont attachées par l'autre extrémité. Leur ensemble forme deux^pyramides adossées, dont rînférieure, plus courte que la supérieure, n'est cependant pas aussi courte que dans les galathées. C'est à l'endroit de réunion de ses deux pyramides que la bran-

408 XXX* LEÇON. 8EGT. II. RESPIRAT. DES AMH. ARTICULES.

chie est fixée au thorax. La pyramide inférieure descend au-dessous de l'origine des pattes. Leur grosseur va en augmentant considérablement de la première à la dernière. Celle-ci a cent quarante lames dans chaque rangée ; tandis que la troisième n'en a déjà plus que quatrevingts, la seconde trente, et la première quinze, dont la surface est d'ailleurs beaucoup plus petite.

Ces lames ou ces feuillets branchiaux sont assez résistants, et composés de deux membranes, doDtl'uue est réticulée et l'autre lisse, comme dans les limules.

Lespasiphaés (\eP*sivado) ont de même cinq branchies lamelleuses penniformes, attachées dans leur partie moyenne, très-effilées à leurs deux extrémités et fortement inclinées en avant, ou couchées très-obliquement, de manière que leur extrémité supérieure est en avant, et que celle de la première est recouverte par celle de la seconde. Leur proportion est lln- ▼erse de celle que nous avons indiquée dans nos précédentes descriptions, c'est-à-dire que ce sont les premières qui sont les plus longues.

Dans les pénées, il y a dix-huit branchies de chaque côté du thorax, disposées en plusieurs groupes; ces groupes sont séparés par un appendice foliacé fixé au premier article du membre correspond^int à deux groupes.

Les sicyonies [Sicyonia sculpta^ Edwards) n'ont que onze branchies de chaque côté, et la patte-mâchoire externe manque de lame branchiale.

Nous bornerons ici nos descriptions des , branchies dans les Décapodes; inais nous nous efforcerons de les compléter dans le paragraphe suivant , par la connaissance du mécanisme qui leur est annexé. ]

itRT* h DANS LES CaUSTAGÉS. 409

§ IL Mécanisme de la respiration dans les Décapodes.

[Après avoir étudié les branchies de ces animaux dans leur structure intime, dans leurnombre, dans leur forme, et même dans leur position, il nous reste à faire connaître le mécanisme par lequel le fluide respirable se renouvelle autour de ces organes.

Il ne faut pas perdre de vue qu'un assez grand nombre de décapodes brachyures ont la faculté de vivre hors de Teau, avec des organes de respiration aquatiques; que nous devons trouver conséquemment, soit dans ces organes eux-mêmes, soit dans le mécanisme qui leur est annexé, de^ modifications qui leur donnent cette faculté.

Tous les Décapodes ont leur branchies renfermées dans une double cavité branchiale, symétrique comme les branchies, analogue, jusqu'à un certain point, à celle des poissons, dans laquelle l'eau, quand l'animal Tit dans ce liquide, ou l'air humide, quand l'animal vit à terre, se renouvelle, en suivant une direction déterminée. Cette cavité a toujours son issue en avant, avec une valvule qui l'ouvre ou qui la ferme. La même cavité peut être largement ouverte pour l'entrée de l'eau (Ifes macroures) ; ou n'avoir qu'un orifice étroit à cet usage, dont la position varie (les brachyures).

Les branchies y sont placées de manière que les courants du fluide respirable puissent agir sur leurs parties les plus déliées. Une partie sont attachées aux pieds-mâchoirjcs ou aux pieds ambulatoires, qui les agitent dans leurs mouvements. Des lames membraneuses, ou cornées, ou plus solides encore, servent à

les comprimer, ou seulement à produire de Tagitation dans le liquide ou le fluide respirable. Toutes ces circonstances méritent d'être étudiées avec quelques détails, pour bien apprécier le mécanisme de la respiration de ces animaux.

Nous décrirons, dans ce but, i* les caTités branchiales des décapodes ; a* leur entrée étroite ou large, simple ou multiple; 3* leur issue, Je canal qui y conduit, et la valvule qui le ferme ou qui l'ouvre; 4" '^^ lames branchiales non respiratrices appartenant aux pieds-mâchoires ou aux pieds ambulatoires , qui jouent un rôle dans ce mécanisme ; 5* nous rappellerons les attaches mobiles ou fixes des branchies, leur disposition dans la cavité branchiale, et leurs rapports avec les lames branchiales non respiratriees. ]

1^ Des cavités branchiales des Décapodes.

[Les Décapodes ont deux cavités branchiales symétriques, situées de chaque côté du tronc, en dehors de là cavité viàcérale.

Leur forme et leur capacité varient avec celle de cette dernière cavité et la forme générale du corps; plus étroites et plus allongées dans les Macroures^ elles sont plus courtes, mais plus larges dans les Bracky ares.

Les flancs, ou les côtés du tronc, forment un plan vertical (les écrevlsses), oïl plus ou moins incliné (les bracliyurés ) , qui lirtîte cette cavité du côté de la ligne rnoyéritiè, et en constitue à la fois la paroi interne et le plancher, tandis que le plafond et la paroi externe sont formés par le bouclier. Dans les bràclryures^ la cavité branchiale est plus ou moins rétrécie, Vers le haut

ÂRT« I. DANS IB5 CMËTkCiê. àH

et en avant, par un sînus de la cavité viscérale, que Ton trouve rempli d'œufs dans les femelles. Ce sînuà viscéral, qui n'existe pas dans les macroures , est séparé de la cavité branchiale par un repli membraneux qui fie détache des flancs et du bouclier pour rejoindre celui-ci plus en dehors. Le bord du bouclier descend jusqu'à la base des pieds , et s^y applique exactement, dans la plus grande partie de son étendue, de manière à fermer , de ce côté , la cavité branchiale (les bràchyures); ou bien il reste bâillant, et permet l'entrée de Teau dans un large espace (les macroures).

La membrane dermoïde , qui tapisse la cavité branchiale, est généralemetit unie et sans plis. Dans Vécre-visse j celle qui tapisse les flancs est extretnement mince ; tandis que celle qui revêt le bouclier e*t épaisse, et montre les apparences des membranes muqueuses.

Ce n'est donc que pat exception que cette membrane forme des replis on toorrtré un aspect spongieux, dont le but est de rctemr'tine certaine qtiaritité d'eau autour des branchies, chez quelTJutîs décapodes qui peuvent vivre long-temps hors' dèreau (i).

Dans le gécarcin rarlcàte'^ ypith un semblable repli trèsamplë et très-épais, qtiï* descendait en arrière sur le plan incliné des flancs, çt ^formait coipme un épiploon, sur lequel reposaient toutes les pyramides branchiales, soit par leur sonrimct^ seulement, soit dims toute leur étendue (les dernières).

(1) De la respiration aérienne des crustacés, et des modifications que Tappareil l^anchîa! présente dans !cs crabes terrestres ; par MM. Audouin et Milnc-Ed» ^rdt, tonales des Sciences Natureiles, t. i$, p. 65.

413 XXX* L£<;:ON. S£GT. II. respirât, des AMIH. ARTlGClis.

J'ai observé un semblable repli dans Vuca tœvU^m^s plus petit, à proportion, et se prolongeant, par sa partie libre et pointue, plus en arrière que les branchies, dans une gouttière qui se voit au*de$sus du dernier pied, et m*a paru communiquer au dehors, en se prolongeant vers la queue.

La structure spongieuse de la membrane de la cavité branchiale du birgue (Cancer latro, L.) est encore une exception (i), puisque^ dans le pagure strié, cette n^ême membrane est mince et à surface lisse.

£n général, dans Içs praçhyures qui vont à terre, le bouclier forme en avant, au-dessus des branchies, une voûte élevée , sous laquelle s'avance le sinus de la cavité viscérale dont nous avons parlé, et d'autant plus que ses parois extensibles sont gonflées par les œufs ; mais il reste 3ous cette voûte , chez les femelles, hors de la ponte, ou chez les jnâles en tout temps, un espace vide appartenant à la cavit.é brauchiale , dans lequel l/eau peut être retenue par .^n repli ou par un diaphragme incomplet, qui se détachée ]4e la partie inférieure et antérieure du bouclier. ,

MM. Audouin eX Milner^4wards ont yvi cette partie développée de la cavit^ ; bj|;^nchiale , tapissée d'une membrane $pongi^usQ,.4âf^ une espèce de bo$cia{2).]

2* De Centrée àé la cavité branchiale.

[L'entrée de la cavité branchiale, dans la plupart

(1) Elle a ^té décrite pour la première fois par M. Ceoffroy-Saint'UUaire, séauces de rAcadémie des Scleuces, des i2 el 19 septeinbi-c 1835.

(2) Motcia dentata , espèce de poiamic de Latreille. Histoire Naturelle def Crustacés, t, ii, p. 1$, et Anosile^des Sciences Naturelles 1 1« it, p. 8d«

AKT. L DANS LE5 CRtSTÂCés. 413

des braehyures, est une fente courbée en arc, qui se voit au-devant, et même en arrière et en dehors de la première paire de pieds, et qui résulte de ce que le bouclier ne s'applique pas, comme ailleurs, contre la hanche de ce pied. La base de la lame branchiale, qui est attachée au pied-mâchoire extérieur, rend cette ouverture bâillante, ou la ferme, dans les mouvements de bascule que lui fait exécuter ce pied-mâchoire, à la volonté de l'animal.

Dans le guia ponctué^ Edw.^ famille des Leucosiens^ c'est sous Torbite que se trouve l'embouchure du canal afférent, lequel forme une longue gouttière, sous la partie la plus avancée du bouclier, que la patte-mâchoire externe complète en dessous (i).

Les ranines ont ce même orifice sous l'origine de Tabdomen (2) ; mais cette disposition est peut-être mains exceptionnelle. Dans Vétrille commune^ la cavité branchiale se prolonge en arrière , autour de la dernière tanche, en une gouttière qui m'a paru s'ouvrir par un très-petit orifice, sous l'origine de l'abdomen. Cependant cette observation devra être répétée sur le vivant, le prolongement membraneux que j'ai décrit dans yucalœvis pénètre, ainsi que je l'ai observé, dans une semblable gouttière.

Dans les Macroures^ la carapace ne s'adapte pas exactement à la partie inférieure des flancs, ou à la base des pieds, et laisse le long de son rebord inférieur un long espace béant, par lequel l'eau peut pénétrer dans la cavité branchiale.

(1) Recherches snr le mécanisme de la respiration chez les crustacés, par M. Miine-Bdwardt , lues h 1* Adadémic des Scieacos le 8 octobre 1828. — (2) lùitU

iU ^XX* LECO^. g^Cté li* RiSHRÂT. DES kUm. AllTIGl}LiS.

Ce.bouclier, qui reste mou dans \espagures,e$Xmmt débordé par la partie inférieure des dernières pyramides branchiales.

Cette circonstance, et la. nécessité de conserver leuts branchies humectées, est peut-être la principale cause qui porte ces animaux à se retirer dans des coquilles, et à les traîner ainsi avec eux quand ils vont à terre.]

5* De l'issue de la cavité branchiale , et de ta soupape qui

l'ouvre ou la ferme.

[ Vissue de chaque cavité branchiale est toujours située à la base et au-dessus des appendices maxillaires, et sous la racine de la mandibule. C*est Taboutissant d*un canal, dans lequel cette cavité se termine en avant. Une lame branchiale* cartilagineuse, attachée i la seconde mâchoire, a pour fonction de fermer ou d'ouvrir cette issue, et de produire, par la fréquence et la rapidité de ses mouvements, la sortie de l'eau qui a pénétré dans la cavité branchiale.

Nous avons déjà fait connaître cette lame arrondie ( t. V, p. 1 17, pour les brackyures^ et p. 1 10 pour les écrevisses et les macroures) (1); on pourra lire (p. 111) que la seconde plaque branchiale est toujours large et courte (au moins dans les brac/tyures)^ semi-lunaire, et placée à l'entrée de la cavité branchiale, comme un opercule.

(1) On trouvera celle du maia squinado figurée avec ses mutile», pi. S, r*f . 5. du t. II des Annales des Sciences I^atureilcs, deuxième s^rie, à la suite du Mé» nioir« 4éjù cité de M. Milnt^Edwards^ sur la respiration des cruslacéi»

AUT. I* DANS tÈA CMStACÉê. HS

H« UUnê-Edwards (i) , dans des expérionces qu'il a faites d'abord avec M. Aiidouin^ et qu'il a suivies plus tard isolément, a démontré toute riuiportance de cette plaque dans le mécanisme de la respiration de ces ani* mauxi pour déterminer la sortie de l'eau des branchies sur les côtés de la bouche.

Ce n'est pas en comprimant les branchies, mais en tournant sur son axe et en prenant dans le canal branchial qu'elle occupe, ou en Teisant au dehors alternativement, une certaine quantité d'eau, que cette plaque détermine la sortie de ce liquide, hors de la cavité branchiale* L'existence constante de cette lame dans tous les décapodes, et son articulation particulière, les muscles qui la meuvent , prouvent l'importance de son emploi. L'étude de cette lame dans l'écrevisse, et des mouvements qu'elle y exerce dans l'état de vie, nous CD a donné la conviction.

En effet, dans cet animal, le canal pour la sortie de IVaii est courbé en co et descend de la partie stipérieure de la cavité branchiale , en se portant en avant, jusque sous la mandibule. C'est une sorte de chéneau que forme, vers le haut, un rebord de la partie la plus avancée du bouclier.

Une soupape, étroite et allongée, la plaque que nous décrivons, se tneut sur la base de la seconde mâchoire, à laquelle elle tient dans le milieu de sa longueur, par tine articulation en genou. Elle y exerce des mouvements de bascule extrêmement fréquents , par lesquels elle reçoit ou rejette au dehors de sa moitié postérieure,

(i) Uîttmc Natureih da Crusiacé» » t. St p* 68 , et BUmoirê eUà.

416 XXX* LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIU. AUTICUliS.

une partie de Teau des branchies, et détermine ainsi le courant de cette eau vers les appendices maxillaires.

Les deux branchies qui tiennent au cinquième appendice maxillaire , celle qui est attachée au quatrième, la large lame branchiale membraneuse et le premier article du palpe appartenant au troisième appendice, qui sont placés de même à Tissue de la cavité branchiale, doivent, par leur position et leurs mouvements, contribuer à ce courant. ]

4*. Des lames branchiales accessoires non respiratrices , appartenant aux pieds-mâchoires ou aux pieds ambulatoires.

[Tous les Brachyures, ont des lames (i) corn éesou de consistance de parchemin , dont les bords sont hérissés de soies comme des brosses, et qui tiennent à la hanche des derniers appendices maxillaires, de manière qu'elles participent à tous leurs mouvements. Nous les avons décrites à l'occasion de ces appendices (t. V, p. ii5 à 1 17).

Leur position, relativement aux branchies, est la suivante: Celle qui appartient au cinquième appendice maxillaire (au pied-mâchoire externe) est d'abord large à sa base, et déborde par son bord antérieur, fortement garni de poils, la circonférence de l'entrée de labranchie qui est au-devant de la hanche du premier pied, et dans lequel elle est placée comme une valvule ; après

(1) Elles ont été désignées aussi sous le nom d^appendices lIabeIIifonDes;iDais c*esl improprement; celle épilliMc apparlient à rexlrémilé dn palpe {palpai flagefliformis), le fouet. M. Cuviernc leur donne nuUe part d'autre dénoaùRa* lion que celle de lame.

AKT, I. DANS LES CRTJSTAcés. ^17

quoi cette lame, d'abord valvulaîre, devient branchiale en se coudant pour se porter d'avant en arrière à Textérieur de toutes les branchies thoraciques. La lame branchiale du pénultième appendice maxillaire, se place entre la voûte des flancs et les branchies thoraciques antérieures ; c'est la plus petite. Enfin , la troisième, qui appartient au troisième appendice maxillaire se glisse au-devant de la première branchie thoracique latérale, pour pénétrer sous les quatre dernières branchies de ce nom ; c'est généralement la plus longue et la seconde la plus petite. Cependant J'ai trouvé dans Yhomola spinifrons celle du troisième appendice large et courte, mais aussi triangulaire. •

Nul doute, à notre avis, que dans les Brachyures ^ qui sont tous pourvus de ces lames branchiales , elles ne jouent un rôle important dans le mécanisme de la respiration ; c'était l'opinion de M. Cuvier, qui s'est exprimé ainsi qu'il suit dans l'ancien texte (de cet ouvrage ) des Leçons. ]

Comme le rebord du thorax qui les embrasse ( le» branchies ) est inflexible , il a fallu un mécanisme particulier pour renouveler l'eau qui abreuve les branchies. Il s'opère par deux lames (i) presque de substance de parchemin , articulées sur le thorax [ par l'intermédiaire] (2) des mâchoires , très-allongées, et se portant obliquement, l'une en dedans entre les

(i) 11 fallait dire ti*oi&. — (2) l\ y avait tprés des niftchoires. Ty ai substitué P*r P intermédiaire j pour rexactiludevde ce texte, et conformément d^oilicurs à ce qu'où pourra lire t. v, p. 403 et 103: « Que les m&choires portent lia plupart, sur le côté extérieur de leur racine ou de leur hanche, une lame •membraneuse, etc. »

420' XXX* LEÇON. SBGT. II. M8PIRAT. DES ANIU, ARTICULÉS.

Les pontophites (pontophilas pristis) ont une lame considérable attachée au premier pied-màchoire, ayant un lobe postérieur perpendiculaire et un lobe antérieur horizontal, plus considérable encore. Cette lame est épaisse et comme vésiculeuse. Le second pied-mâchoire et le troisième en supportent de très-petites,- de substance plus mince.

Dans le pasiphaé sivadOf il y a une lame rudimen-* taire au premier pied-mâchoire; le second et le troisième nous ont paru en manquer.

Le bouclier, comme dsius les palémom, lointmal^et donne un facile accès à Tean qui doit pénétrer sur les branchies.

Celles-ci sont toutes at.achées au rebord du thorax.

Dans les genres penée et sicyoniej Edw. , il y a des lames branchiales, qui séparent les groupes de branchies, lesquelles sont toutes attachées au thorax, audessus des pattes-mâchoires ou des pattes ambulatoires. Mais la lame branchiale du pied -mâchoire externe manque dans ce dernier genre] (i).

5* De ta position relative et des attaches des branchies, considérées dans leur rapports avec le mécanisme de la respiration»

[ Nous avons vu que les Décapodes brachyures ont la plus grande partie de leurs branchies fixées au rebord

(i) ADnalcs des Sdeiœes NatoreHes, t 19, p, 8A0, Mémoire de M. UUii^

EJwardê,

AKT. I. DAirS I£S. CRUSTACÉS. 421

inférieur du thorax, c'est-à-dire sur un plan immobile. Il n'y a que les deux petites branchies appartenant aux deux pieds-mâchoires extérieurs, dont la première est rudimentaîre et manque quelquefois (dans les dromies et les homoles)y qui, étant attachées à la hanche de ces pieds-mâchoires, sont fixées à un levier très-court, dont les mourements peuvent déplacer un peu ces branchies.

Nous ferons remarquer la coïncidence de cette disposition des branchies thoracfques des Brackyures, avec des cavités branchiales fermées ; l'absence des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires, ou de[ branchies attachées à ces pieds ; et le grand développement des lames branchiales non respiratrîces appartenant aux trois pieds-mâchoires, ainsi que leur disposition en dehors ou en dedans de la plupart des branchies thoraciques.

Cet ensemble de caractères distingue essentiellement le mécanisme de la respiration dans tous les Bra^ ckyures. On \es^ observe même dans les homoles et les dromies^ quoiqu'ils diffèrent des autres genres de ce groupe naturel , et se rapprochent du groupe suivant par le nombre de leurs branchies.

La division des Macroures est loin d'avoir le même ensemble de caractères. A en juger du moins par les genres que avons pu examiner, il y a dans les familles de ce groupe plusieurs types, dans l'ensemble, comme dans les détails du mécanisme de leur respiration.

Le premier type est celui des Anomaux. Aucune des branchies , dans les pagures , n'a une attache mobile ; toutes sont fixées aux flancs. Les lames branchiales pédo-maxillaires sont rudimentaires et

â^ XXIX* icçotr. ^tct. IL nËJspiRAT« Mi Auritf . kKicttii*

n'ont plus d'emploi. Les piedd ambulatoires en man" querit absolument. Aucune brancbie n'a donc d'attache mobile, ni de levier tenant aux pîeds-iûâehoîres, qui vienne renouveler leau. Mais le liquide respirable entre largement dans la cavité branchiale par le rebord toujours bâillant d*Lin boljclîcr mou, et qui ne recouvre pas même entièrement tôiites les branchies. Celles-ci se dessécheraient bien vite à l'air, quoiqu'elles soient en lameô, et feraient périr i'animal, s'il n'avait l'instinct de tenir la plus grande partie de son corps dàiis une coquille. L'eau, qui ne sort pas par là fente baillante dii bouclier., peut encore être attirée sous les côtés de la bouche par la valvule attachée à la seconde mâchoire, dont l'existence constante dans tous les décapodes démontré l'importance, ainsi que l'a trèsbien observé M. M Une-Edwards.

Dans les galathées^ c'est le même plan que dans les pagures. Nous avons fait coiinaître la structure de leurs branchies lamelleuses. Elles sont toutes sur le rebord du thorax, et n'ont point de lames branchiales accessoires pour lèô tenir séparées. Le pîed-mâchoire externe 2t utïû petite làfiiô âccès^oirfe.

Le bouclier a un rèb6fd inférieur qui descend a la rencodtre des pîèds, comme dains les scyllares, et l'entrée dés cavités branchiales est ufie petite ouverture atj-devànt du preinièr article dèf chaque pied ambulatoire.

Parmi les locustes et les hi/màrdsj nous avons vu qu'un oti deut pieds-mâchoireS (i) et les pieds ambulatoires

(^) Daoi les Nephropt , le pied-mâchoire eiteroe porte une branchie i les autrès en manquent.

ART. I. DANS LES CftUdTAcés. 42^

donnent chacun attache, par leur hanche, à une branchîe de la rangée inférieure; tandis que les branchies thoraciques, formant une rangée supérieure, se fixent au plan immobile des flancs. Des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires servent à séparer les groupes de branchies, quand elles ne sont pas changées elles-mêmes en branchies, comme dans les écre- Yisses. L'eau peut pénétrer par tout Iç rebord du thorax dans la cavité branchiale. Ce liquide est aussi attiré au-dehors par la valvule bi-maxillaire. Tout est arrangé pour qu'il se renouvelle faciletnent et fréquemment autour des branchies, qui, étant divisées en tubes, me paraissent moins propres pour respirer Tair en nature^ et pour supporter son action desséchante. Aussi les crustacés de ces deux familles sont-ils essentiellement aquatiques, et ne vivent-ils que peu de temps hors de l'eau. Il semblerait même, à en juger par la promptitude avec laquelle les écrevisses meurent quelquefois dans l'eau d'un vase, que le courant des ruisseaux ou des rivières soit nécessaire pour suppléer au mécanisme imparfait qui doit renouveler l'eau autour de leurs branchies.

Enfin, dans les Salicoques^ les branchies, le plus souvent moins nombreuses que dans le groupe précédent, mais^de nouveau lamelleuses, comme dans les p^gures^ sont disposées de même le long des flancs.

La- lame' branchial^ de la seconde mâchoire, trèsdévcjappée,. remplit ici sa fonction importante dans le mécanisme de la respiration; tandis que les lames des pledi-mâchoirês peuvent manquer en partie , ainsi que nous l'avons vu,eiî:décrivant ces lames, rester petites, ou prendre un plus grand développement; mais,

424 XXX* LKCON. SECT. H. RESPIRAT. DES ANIXT, ARTICULÉS.

dans tous ces cas, elles ne semblent être t[ue des auxi* llaîres de la valvule bî-maxillaire.

Le bouclier thoracique, restant toujours bâillant, laissé un libre accès à l'eau qui vient respirer. ]

B* Dans les Stomapodes. § I. Des branchies.

[Ce sont aussi des branchies en tubes, comme celles des Locustes et des Homards» et non lamelleuses, comme celles de tous les autres Décapodes. Elles ont d'ailleurs pour caractère essentiel, d'être extérieures et attachées à des appendices natatoires du thorax ou de l'abdomen.

L'ordre des Stomapodes^ auquel M. MUne-Edward% réunit, ainsi que nous l'avons déjà dit , les Schizopodes de Latreille , afin de ne laisser parmi les Décapodes que des Malacostracés, dont les branchies sont enfer* mées dans une cavité latérale du thorax, comprend tous les autres Malacostracés ayant des yeux pédon* culés, et dont les branchies flottent à découvert. Cet ordre se compose encore de quelques crustacés , auxquels il est difficile d'assigner des organes particuliers de respiration, et qui paraissent respirer par les tégu* ments.

Les Tltysanopodes (i) ont les branchies attachées à: la base des huit paires de pattes thotaclques, «t cepen-

(i) M. AfiVfie-A/NNrnff, Histoire Naturdie desGratUeétf, pU to, fl^ 8, Lii. p. 464*

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