‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 21 sur 71 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

(S6 décembre 1878)

Charpente eonneetive de I« eornée.

Propriété colloïde des fibres de la cornée démontrée par le gonflement que cette membrane subit dans Tcau. — L'opacité par compression se pro* duit également sur la membrane gonflée.

Démonstration de la nature fibriilaire de la cornée par dissociation des lames après fixation par les vapeurs ^'acide osmique.

Les fibrilles sont groupées en faisceaux pour former les lames. — Cornée de grenouille traitée par la chaleur à 55 degrés et par les vapeurs iodées ; elle montre seulement la striation due aux faisceaux de fibrilles. — Tour« billons et fibres de tourbillons de Fuchs.

Texture des lames de la cornée. — Coupes faites après dessiccation.— Coupes après injections interstitielles d'acide osmique. — Coupes après durcissement par les vapeurs d'acide osmique, la gomme et l'alcool. — Les faisceaux connectiff} qui constituent les lames se voient nettement quand ils sont coupés transversalement. — Les lames sont unies les unes aux autres par des lames secondaires et forment un système de tentes.

Messieurs ,

J'ai commencé dans la dernière leçon l'analyse du tissu propre de la cornée, en m'occupant de sa charpente connective.

Je vous ai fait remarquer, à ce propos, que les réactifs indiqués par Rollett (eau de chaux, eau de baryte) ne produisent pas du tout l'effet annoncé par les auteurs. Pour démontrer les fibrilles, il ne faut pas choisir des

alcalis faibles qui les gonflent, mais au contraire des réactifs fixateurs.

Lorsqu'il s'agit du tissu conjonctif ordinaire, il suffit de la macération dans l'eau pour démontrer sa structure fibrillaire : c'est ainsi qu'un fragment de tendon macéré se résout en un véritable pinceau de fibrilles. Il n'en est pas de même pourla cornée; si Ton cherche à la dissocier dans l'eau, on n'en obtient que des lambeaux informes avec une fibrillation vague et incertaine. Cela tient à ce que les fibrilles de la cornée sont très hygrométriques, je dirai même colloïdes, et qu'elles se gonflent lorsqu'elles sont plongées dans l'eau, à la manière de la gélatine desséchée.

Pour mettre cette propriété en évidence, j'ai fait Texpérience suivante : Il y a deux jours, j'ai détaché une cornée de bœuf en laissant tout autour un anneau de sclérotique et je l'ai plongée dans l'eau. En l'examinant aujourd'hui, vous remarquerez que, tandis que la sclérotique a gardé son épaisseur primitive, la cornée s'est gonflée jusqu'à doubler d'épaisseur.

Malgré ce gonflement, elle n'a pas perdu toute sa transparence; elle est seulement légèrement opaline, et en l'appliquant sur des caractères imprimés, vous pourrez encore lire au travers.

Nous allons la soumettre à la compression pour voir si elle devient opaque. Si l'expérience réussit, elle vous confirmera dans l'opinion que l'opacité n'est pas causée par l'issue d'un liquide, puisque, môme comprimée, la cornée contiendra certainement encore beaucoup plus d'eau qu'à l'état normal.

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