‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 22 sur 71 · FIBRILLES · texte numérisé non relu

FIBRILLES

Je découpe un fragment de cette membrane que je place entre ces deux lames de verre. Dès que j*exerce une compression, la cornée devient opaque. Si la compression est plus intense sur Tun des points, ce point devient plus opaque que les autres. Vous pourrez répéter cette expérience à loisir. Vous vous convaincrez ainsi que Bowman avait raison et que l'opacité produite par la compression est le résultat du dérangement des fibres de la cornée.

Je reviens aux réactifs fixateurs que Ton peut employer avant de dissocier la cornée pour reconnaître sa constitution fibrillaire. Ce doivent être des substances qui produisent dans les fibres une sorte de tannage, de manière qu'elles ne puissent plus se gonfler ensuite par l'action de l'eau. L'alcool, qui est un excellent fixateur de l'albumine et du protoplasma cellulaire en général, ne donne pas ici de bons résultats, car les fibres de la cornée qu'on a soumises à son action se gonflent encore lorsqu'on les place dans l'eau. On pourrait essayer du tannin, ou encore de l'acide chromique ; mais il vaut mieux avoir recours à l'acide osmique, donc l'action est à la fois plus rapide et plus sûre. Il faut se garder d'appliquer ce réactif en solution ; les fibres de la cornée sont tellement hygrométriques, qu'elles absorberaient l'eau de la solution avant d'être fixées.

Voici comment j'ai opéré : Dans une chambre humide, formée par une assiette contenant un peu d'eau et recouverte d'une cloche de verre, j'ai placé un petit vase contenant un centimètre cube d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Au-dessus de ce vase, j'ai sus-

106 CHJVRFGNTB CONNBCTIVE DE LA CORNÉE,

pendu par un fil un fragmeol de la cornée du bœuf. Ce fragment se colore bientôt en brun, et il suffll d'une beure ou deux pour que l'acide osmique ait pénétré dans toute son épaisseur. L'imprégnation est plus rapide que lorsque la cornée est plongée dans la solution du réactif, et les éléments sont ainsi tiiés sans aucun risque d'être gonflés par le contact de l'eau.

Le fragment de cornée est ensuite porté dans l'eau ; avec les aiguilles, on le sépare facilement en lames qui paraissent plus ou moing noires, suivant qu'elles sont plus ou moins épaisses. Quand on a obtenu une lamelle primitive isolée, on la dissocie en fibrilles que l'on peut colorer par le sulfate de rosaniline et monter en préparation après les avoir lavées.

Sur une préparation faite suivant cette méthode (fig. 5), vous observerez des faisceaux fibrillaires élégants, tellement semblables à ceux que l'on obtient du tissu conjonctif ordinaire, qu'il serait impossible de les en distinguer. Nous devons conclure de cette observation que la cornée est composée de fibrilles, comme

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