‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 26 sur 71 · TUBES DB BOWMAN · texte numérisé non relu

TUBES DB BOWMAN

La cornée sur laquelle je vous ai montré le phénomène de la croix est une cornée de couleuvre. Ce n'est pas sans dassein que je l'ai choisie, car cela me permettra de donner une réponse immédiate à une question qui se présente sans doute à voire esprit. Les phénomènes de polarisation de la cornée sont- ils dans un rapport quelconque avec sa transparence ?

Pour répondre à celte question, je n'aurai pas besoin de recourir à la physique générale. Il me suffira de vous montrer une autre préparation. Les serpents possèdent deux cornées : l'une, la vraie cornée qui appartient au globe de Tœil; l'autre, cutanée, qui fait partie du revêtement dermique et qui recouvre la première. Toutes deux sont transparentes. Or, tandis que la cornée vraie montre la croix que vous avez observée, la cornée cutanée, ainsi que vous pourrez vous en assurer, reste complètement obscure sur champ obscur : elle parait absolument monoréfringente.

Je ne m'étendrai pas davantage sur ces observations à la lumière polarisée, et je passe à une question dont nous pouvons maintenant nous occuper avec fruit, car nous possédons tous les éléments nécessaires pour la bien étudier : je veux parler des tubes de Bowman. Comme je vous Tai dit, les auteurs discutent encore pour savoir si ces tubes sont naturels ou artificiels. Bowman a soutenu que les tubes que l'on produit dans la cornée par l'injection interslilielle correspondent à des voies préformées ef dessinent par conséquent une disposition anatomjque réelle. C. Fr. Miiller, au contraire, vous

VOUS en souvenez, admet qu'ils sont produits artificiellement par Técartement des fibres.

Avant d'entrer dans la discussion, je dois vous donner quelques indications sur les meilleurs procédés à employer pour produire les tubes de Bowman.

Vous savez combien les fibres de la cornée sont hygrométriques : lors qu'on injecte dans l'épaisseur de cette membrane de l'eau ou une substance facilement difiusible, ellei^ l'absorbent presque immédiatement, se gonflent et entravent l'injection.

Nous pourrons essayer du bleu dePrusse soluble. Vous savez que dans ce liquide le bleu n'est pas, à proprement parler, en solution ; il y est à un certain état ^de gonflement, comme, par exemple, la gomme arabique dans l'eau. Ce liquide est donc colloïde; néanmoins les fibres de la cornée sont tellement hygrométriques, qu'elles lui enlèvent encore de l'eau ; aussi les injections faites avec le bleu de Prusse, bien qu'efles donnent de bons résultats, ne sont pas les plus complètes que l'on puisse obtenir. C'est cependant sur des cornées injectées avec cette substance que vous reconnaîtrez le mieux un certain nombre des dispositions qu'afiectent les tubes de Bowman.

On peut employer également des matières grasses : le suif, le mélange de suif et d'essence de térébenthine liquide à une température bien inférieure, ou bien en-r eore l'essence de térébenthine colorée par l'orcanetle, dont s'était servi C. Fr. Millier. Mais de toutes les sitb^ stances avec lesquelles on peut produire des tubes de Bowman, je n'en connais pas de meiUeure que Vair atmosphérique, que Bowman lui-même avait employée

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