‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 64 sur 71 · PLEXUS ACCESSOIRES. S · texte numérisé non relu

PLEXUS ACCESSOIRES. S

soit au-dessus du niveau des champs polygonaux gra-* nuleux qui correspondent aux cellules superficielles recouvertes du précipité en question. Or c'est le contraire que vous observerez sur la préparation que j'ai placée sous un de ces microscopes. Lorsque vous mettrez exactement au point pour la surface granuleuse, vous ne distinguerez aucun bouton terminal; pour les apercevoir, vous devrez abaisser un peu l'objectif, et cela suffit à démontrer qu'ils sont situés au-dessous de celte surface.

Nous devrons nous demander enfin si les anastomoses intra-épitbéliales forment un réseau ou un plexus, en d'autres termes, si les libres nerveuses sont soudées les unes aux autres aux points nodauxde manière à constituer, par leur ensemble, un appareil nerveux terminal unique* ou bien si elles sont simplement juxtaposées et conservent jusqu'au bout leur individualité fonctionnelle ; mais, dans l'état actuel de la science, il me parait impossible d'arriver à la solution de cette question par l'observation histologique.

Je passe à l'examen des plexus accessoires.

£n dehors du plexus terminal, du plexus sous-^pi-

h élial et du plexus intra-épitbélial, il existe dans

a cornée, et dans des régions différentes suivant les

animaux, des plexus dont la signification physiolo-

;. que est encore discutée. On a même supposé que les

fibres de ces plexus n'étaient pas sensilives et qu'elles

se rendaient dans les cellules fixes pour y déterminer

<l es mouvements. C'est là, vous vous en souvenezi la

manière de voir de Kiihne (voy. p. 67). Ces fibres s'uniraient aux cellules par un de leurs prolongements, et, la limite entre la fibre nerveuse et le prolongement cellulaire étant impossible à marquer, ce prolongemenl devrait être considéré lui-même comme de nature nerveuse. D'autre part, toutes les cellules s'anastomosant entre elles, il en résulterait qu'elles seraient toutes comprises dans un réseau nerveux très riche, étendu dans toute la cornée. C'est pour cela qu'il suffirait, d'après Kiihne (loc. cit.^ p. 151), d'exciter un lambeau périphérique de la cornée contenant des nerfs pour observer la contraction de toutes les cellules cornéennes.

Je ne reviens sur toutes ces données, suffisamment critiquées dans les leçons dernières, que pour vous montrer Torigine de la discussion sur la terminaison des fibres nerveuses dans les cellules fixes.

Avant d'entrer dans cette discussion, je dois d'abord m'occuper des plexus accessoires eux-mêmes et décrire leur forme et leur situation. Kôllikera signalé le premier chez la grenouille un plexus profond, formé de fibres droites et très fines. Sur une cornée de grenouille bien dorée, que j'ai disposée sous un de ces microscopes, vous pourrez reconnaître en effet danslescouches profondes de la membrane un grand nombre de fibres minces formant un plexus. Ces fibres sont rectilignes; elless'anastomosent suivant des angles qui sont toujours avive arête. Quelquefois, sans se rencontrer avec une autre, une fibre change de direction, de manière à avoir un parcours brisé, dont les brisures sont toujours à angle vif.

PLEXUS ACCliSSOlRKS. 381

Chez les mammifères dont les cellules de la cornée sont du type corpusculaire, par exemple le bœuf ou le cheval, il existe, dans les couches superficielles de la membrane, des fibres dont la disposition est absolument la même que dans les couches profondes de la cornée de la grenouille. J'ai placé sous un de ces microscopes une coupe parallèle à la surface de la cornée du bœuf (fig. 50) ; vous y verrez des fibres nerveuses très fines et d'une très grande longueur former des lignes droites brisées à angle vif, comme le profil d'un escalier dont les différentes marches seraient dans des plans différents.

Si l'on admet que ces fibres cheminent dans l'épaisseur des lames, on comprendra facilement, d'une part, leur trajet recliligne; de l'autre, les angles suivant lesquels elles se brisent. En effet, lorsqu'elles sont contenues dans l'épaisseur d'une lame, les fibres nerveuses suivent la direction rectiligne des faisceaux entre lesquels elles sont comprises; si elles passent dans une lame voisine, elles y prendront également un trajet parallèle aux faisceaux dont celle-ci est composée et s'écarteront, par conséquent, à peu près à angle droit de leur première direction. Les brisures des fibres à angle vif et leur situation à différents étages de la cornée sont ainsi deux faits qui se complètent et s'expliquent l'un par l'autre.

Je n'ai retrouvé cette disposition ni chez le lapin, ni chez le rat et la souris. En revanche, on remarque dans les régions superficielles de la cornée de ces animaux certaines fibres minces qui s'anastomosent entre elles

382 NfiRFâ DK LA CORNÉE.

et décrivent des trajets curvilignes. Hoyer, qui lésa signalées le premier, les rattache à un plexus qu'il a décrit sous le nom de plexus sous-basal et qu'il considère comme l'analogue du plexus profond observé par Kôlliker chez la grenouille.

Lorsque Ton suit attentivement le parcours de ces fibres, faciles à reconnaître sur une oornée de lapin bien dorée (voy. flg. 48), on remarque que certaines d'entre elles, partant du plexus fondamental, y reviennent après avoir parcouru un trajet plus ou moins sinueux sans avoir contracté aucune anastomose; d'autres, qui proviennent également du plexus fondamental, y rentrent après avoir émis des rameaux qui s'anastomosent avec d'autres travées du plexus sous-basal. Il semble donc que ce plexus, dont les mailles sont complètes et fermées, ne donne pas de véritable terminaison nerveuse. Quant au trajet curviligne des fibres qui le composent, il tient à ce que ces fibres ne sont pas comprises dans l'épaisseur des lames, mais dans les espaces qui les séparent, et que dès lors rien ne motive plus de leur part ni un trajet rectiligne, ni un changement brusque de direction.

Il y a une certaine corrélation entre le trajet affecté par les fibres nerveuses des plexus accessoires et la pro** duction des tubes de Bowman.

Dans les cornées où les injections interstitielles déterminent la formation de ces tubes et où, par conséquent, la masse injectée pénètre entre les faisceaux des lames cornéennes, les fibres nerveuses cheminent également entre ces faisceaux dans l'intérieur des lames.

PLEXUS SOUS-BASAL. 383

Dans les cornées à cellules du type membraniforme, au contraire, où les masses injectées ne produisent pas d'habilude des tubes de Bowman et se répandent entre

es lames, les fibres nerveuses dont nous nous occupons en ce moment se trouvent souvent aussi lo gi'cs dans le espaces interlatnellaires. Seulement, tandis que la masse

384 NERFS De la cornée.

injectée suit toujours (quand la pression n'est pas trop forte) les voies tracées par le réseau cellulaire, les

nerfs traversent aussi bien les mailles que les travées de ce réseau.

Ce trajet des fibres nerveuses des plexus accessoires étant bien compris, revenons à la question posée par Kiihne. Les libres rectilignes ou curvilignes que je viens de décrire se terminent- elles librement, ou aboutissent-elles à des cellules, ou enfin s'anastomosentellcs complètement entre elles sans donner aucune terminaison que Ton puisse apercevoir?

Sur certaines cornées dorées, vous verrez (}uelques fibres se terminer librement; mais vous en observerez d'autant moins que l'imprégnation aura mieux réussi; dans une bonne préparation, les mailles du réseau sont presque toujours complètes.

On rencontre cependant, en quelques points, des images qui semblent correspondre à la terminaison dés nerfs dans les cellules, telle que Kiihne l'a comprise. Ainsi j'ai disposé, sous un de ces microscopes, une cornée du pigeon traitée par l'or; vous y remarquerez (fig. 49) une fibre nerveuse se divisant en forme de fourche; ses deux rameaux sont réunis parune brancheanastomotique et sur cette branche vient s'appliquer un prolongement cellulaire qui paraît au premier abord continu avec elle. Cependant il est coloré en violet moins foncé, et, en l'examinant à un fort grossissement, on reconnaît qu'il en est distinct. Aussi devons-nous dire que dans ce cas on observe, non pas la terminaison d'un nerf

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