‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 65 sur 71 · PLEXUS ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

PLEXUS ACCESSOIRES

dans une cellule, mais la terminaisou d'une cellule sur un nerf.

fia. W. — Coméo ilu pieubi

la mcilimlc itc l'or. Cojpc [M

Il y a quelques années, Lipmann (1) a annoncé également avoir observé la terminaison des nerfs dans les cellules fixes de la cornée. D'après lui, il partirait des

(1) Lipmann, loc.cil., voy> p. W.

K.VNVCER. — Anal, gcnùralc.

fibres nerveuses les plus fines des fibrilles très grêles qui se rendraient aux nucléoles de ces cellules. J'ai fait de nombreuses recherches pour observer, si cela était possible, la terminaison d'un nerf dans une cellule. Jamais, ni sur la cornée examinée à Tétat vivant dans l'humeur aqueuse, ni sur la cornée traitée par l'or, je n'ai rien vu de semblable à ce que Lipmann a décrit et figuré.

En revanche, j'ai souvent remarqué, sur ia cornée de la grenouille et du triton, une disposition qui pourrait induire en erreur à première vue. Cette disposition est encore bien mieux marquée sur la cornée du bœuf qui est placée sous un de ces microscopes (fig. 50). Vous y verrez une fibre nerveuse fine décrire un de ces trajets bizarres composé de lignes droites brisées, dont je viens de vous parler. Les angles de ce trajet correspondent évidemment aux points où la fibre passe d'une lame de la cornée dans une autre, et ofi, par conséquent, elle se trouve entre deux lames et au niveau de cellules fixes. Or, il arrive très souvent que ces cellules sont logées dans l'angle formé par la fibre nerveuse, dans son encoignure, si je puis m'exprimer ainsi.* Cette fibre paraît alors en certains points tout à fait fondue avec le protoplasma cellulaire, et, si elle n'en était pas distincte par la couleur plus foncée qu'elle présente grâce à la délicatesse de la méthode que j'emploie, on pourrait être entraîné à conclure que les nerfs se fondent avec les cellules et qu'ils s'y terminent.

Dans le même travail, Lipmann a soutenu que des fibrilles nerveuses viennent se terminer dans les nucléoles

PLbXUS ACCIiSSOIllES.

des cellules de répithélium postérieur. Je. n'ai jamais pu constater rien d'analogue. Celte observation était assez intéressante pour que beaucoup d'hislologistes aient dû tenter de la répéter; néanmoins aucun n'en parle, ce qui semblerait indiquer qu'ils n'ont pas été plus heureux que moi dans leurs recherches.

Comme j'ai déjà eu Toccasion de vous le dire, c'était la mode a l'époque où Lipmann a fait son travail, et c'est même encore un peu la mode aujourd'hui, de chercher la terminaison des nerfs dans le nucléole des cellulçs. C'est ainsi que Frommann a cru voir des fibres nerveuses arriver jusqu'au nucléole des cellules ganglionnaires, fait que je n'ai jamais réussi à vérifier. D'autres ont vu les nerfs se rendre aux nucléoles des fibres musculaires lisses, etc.

En résumé, personne n'a pu démontrer la terminaison d'une fibre nerveuse dans une cellule de la cornée ; l'existence de terminaisons libres dans l'intérieur du stroma cornéen n'est pas prouvée d'une façon plus décisive. Aussi faut-il admettre que les fibres des plexus accessoires, après s'être entre-croisées, vont également à l'épithélium, ou bien que ces plexus sont terminaux, que leurs fibres s'unissent et se soudent entre elles sans aller plus loin, en un mot, que ce sont des réseaux au sens où les auteurs en général comprennent ce mot.

VINGT-TROISIÈME LEÇON

nerfs ** 1« e*mée.

Expérience) physiologiques.

AuU>-«Kp£rIencei sur ta seniïbililé de la carnée. Leurs résiiltnts.

Eipériences sur la sensibilité narmalo de la cornée cliez le lapin. Causes d'erreur. PrécauUons i prendre.

Section des nerfs de la cornée du lapin sur un tiers de la circonférence. Hn nuel opératoire. Insensibilité du secteur correspondant à l'arc où les ncrfi ont été sectionnés. Conclusions : il n'existe pas dans la cornée un réseau faisant fonction d'organe neryeux terminal. Les fibrilles nerveuses ne dépassent pas le centre de la cornée. — Utilité de la disposition plcxiforme des nerfs pour la transparence de la cornée.

Section des nerfs de la cornée suivant une corde rapprochée de son centre. Insensibilité «'étendant depuis cette corde jusqu'au centre de U membrane.

âlade de la dégénération des nerfs sectionnés. Son intérdl spécial. Lorsque tes nerft paraissent encore intacts^dans le stroma cornéen.ils sont détruits daiu l'épithélium.

Nous avons étudié, dans la dernière leçon, la terminaison des nerfs dans la cornée. Nous avons constaté que la plupart des fibres nerveuses, après de nombreuses divisions et subdivisions, après la formation de plusieurs plexus successifs, se terminent librement par des boutons, immédialemcnt au-dessous de la surface de l'épitbélium antérieur. Nous avong TEft^jgfttemflHt qu'un certain nombre do Sbros neP]^9^^^|B|^t peut-être

dans le stroma cornéen lui-même, sans atteindre jusqu'à répithélium.

La question qui se présente maintenant à nous est celle-ci : Les fibres nerveugps soit intra-épithéliales, soit intra-cornéennes , sont -elles toutes centripètes, c'est-à-dire destinées à transmettre aux centres nerveux une impression subie à la périphérie ? Ou bien y en aurait-il un certain nombre qui seraient centrifuges, soit qu'elles présidassent à des mouvements cellulaires, comme le croyait Kiihne, soit qu'elles fussent destinées à régler la nutrition du stroma ou de Tépithélium de la cornée ?

Ce sont là des problèmes qui ne sont pas du ressort de l'observation anatomique. Pour les résoudre, il faut avoir recours à l'expérimentation, et je dois maintenant vous entretenir des premières expériences que j'ai tentées à cet effet et qui m'ont conduit à on faire un certain nombre d'autres sur la sensibilité de la cornée.

Le lapin convient tout spécialement pour ce genre de recherches. Sa cornée est assez étendue et assez épaisse pour qu'il soit facile d'y pratiquer des opérations variées. En second lieu, c'est un animal très maniable et qu' n'est pas nécessaire de maintenir par des liens, chose qu*il faut éviter autant que possible lorsque l'oo veut faire des observations sur la sensibilité. En troisième lieu, les nerfs de la cornée ont chez lui une disposition éminemment favorable : ils vont tous régulièrement de la périphérie au centre de la membrane et, ce qui est plus important, ils y pénètrent par sa moitié fratériçum»

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