‹ Leçons d'anatomie générale v. 2 |Annee 1878/79, 1881Chapitre 66 sur 71 · EXPÉRIENCES SUR LK SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR LK SENSIBILITÉ

ce qui permet do les sectionner sans la couper dans toute s

Avant de rechercher 1^ modifications qui pourraient être apportées dans la sensibilité de la cornée par la section des nerfs, il convient d'étudier cette sensibilité à l'état normal. Il est même bon de commencer par quelques auto-expériences. Pour faire ces expériences, il faut employer des corps légers, souples, terminés par une extrémité arrondie, de telle sorte qu'ils puissent être appliqués sur la cornée sans risque d'y déterminer aucune lésion. Un cheveu arraché avec son bulbe convient tout spécialement pour cet usage.

Lorsque l'on touche la cornée avec un poil, on détermine une sensation douloureuse, mais dont le siège exact est difficile à indiquer. Quand on fait l'expériencâ sur soi-même, en se regardant dans une glace, on ne peut pas toujours se fier à la sensation précise que l'on croit éprouver; il y a une cause d'erreur dans le fait que l'on voit le point touché. Si l'on opère sur une autre personne et que l'on touche successivement différents points de sa cornée, elle se trompe assez souvent daQS l'indication qu'elle en donne. Cependant, lorsque t'en pratique l'excitation sur le bord de la membrane, l'indication est généralement exacte ; dans les portions intermédiaires, elle est défectueuaa et rapportée indistinctement au centre.

Si l'on prend deux cheveux disposés leurs bulbes soient distants l'un de l'ai six. millimètres, et que l'on eu toiidU'l

la cornée pour savoir si la sensation sera double, on constate que rinipression est au contraire unique, à la condition toutefois que les deux excitations soient portées sur la cornée, et non point Tune sur la cornée et l'autre sur la conjonctive. Cependant, quand l'expérience a été répétée plusieurs fois, on arrive à distinguer Tune de l'autre les deux excitations et aussi à désigner d'une façon plus précise les points qui sont touchés.

Comme vous le voyez et comme vous pourrez le recoimattre vous-mêmes en répétant ces expériences, la cornée est un assez mauvais organe tactile. Cependant, je crois que par l'exercice il pourrait s'améliorer et que, si, par une circonstance quelconque, un animal était conduit à s'en servir pour toucher les objets, il finirait par en obtenir des indications satisfaisantes.

Un point intéressant de cette expérience est dans les mouvements réflexes que détermine l'excitation de la cornée. Quand elle est touchée un peu fortement, il se produit une occlusion réflexe des paupières contre laquelle la volonté ne peut rien; mais, lorsque l'excitation est plus faible, provoquée, par exemple, par un bulbe pileux promené délicatement, l'effort de la volonté est suffisant pour empêcher le clignement. Ce mouvement réflexe, qui au premier abord paraissait absolument automatique, ne l'est donc pas en réalité, puisque, si l'excitation est faible, nous sommes maîtres de laisser s'opérer le clignement ou de l'arrêter. Il en est de môme, du reste, pour un grand nombre d'autres moi|vemeî)ts "réflexes qui peuvent être arrêtés quand

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