‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 100 sur 211 · Cf VALVEKENS, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

Cf VALVEKENS, ouv. cit., p

être vendue, prêtée, abandonnée. Elle n'avait aucun droit.

L'enfant était à la merci du chef de la famille. Les lois romaines, comme celles des autres nations, autorisaient le meurtre du nouveau-né : “ Tuer un enfant, dit Quintillien, est souvent un crime, mais tuer ses propres enfants est souvent une belle action ”, A sa naissance, l'enfant était déposé aux pieds de son père. Si celui-ci le prenait dans ses bras, l’enfant devait vivre, sinon, on devait le tuer ou s’en débarrasser par un moyen quelconque. A ce propos, le grave Sénèque ne craint pas d’écrire que “ rien n’est plus raisonnable que d’écarter de la maison des choses inutiles.” L’exposition des enfants, dans certains cas obligatoire, l’immolation, la vente, et encore bien d’autres abominations, tout cela était permis dans ce monde païen où, cependant, l’on croyait être arrivé au plus haut degré de culture et de civilisation.

126. Etat de la société avant Jésus-Christ. — Nous pouvons partager la société païenne en deux camps : les exploiteurs et les exploités : ceux-ci beaucoup plus nombreux que ceux-là. Les uns et les autres étaient fatalement voués au Dieu-État qui pouvait leur demander à toute heure le sacrifice de leur fortune, de leur famille, de leur liberté, voire de leur vie.

“ L'État considérait le corps et l’âme de chaque citoyen comme lui appartenant ; aussi voulait-il façonner ce corps et cette âme de manière à en tirer le meilleur parti... La vie de l’homme n'était garantie par rien, dès qu’il s’agissait de l'intérêt de la cité... On pensait que le droit, la justice, la morale, tout devait céder devant l'intérêt de la patrie... Le Gouvernement s’appela tour à tour monarchie, aristocratie, dé-

mocratie, mais aucune de ces révolutions donna aux hommes la vraie liberté, la liberté individuelle 1,” “Tout droit des: Rurpains résidait en César ; César était la loi vivarte et la vérit:ble divinité de la cité *,”

Les exploiteu + étaient les nobles, les patriciens, possesseurs d’immei:: : brauriéiés, ayant à leur service des milliers d'individus, pauvres parias, appelés esclaves, exclus de tous les droits, et destinés à servir de pâture aux passions brutales et sanguinaires des classes /!evées.

L’esclave était un animal de travail que l’on achetait suivant sa force et son âge, de 90 à 100 piastres l’homme, de 30 à 40 piastres la femme. Entre l’esclave et un bœuf ou un cheval, l'assimilation est complète. Une loi romaine, la loi Aquilia, condamne à une même réparation celui qui a tué un esclave ou une bête de somme, “ un esclave ou quelque autre animal”. Et, lorsqu’après avoir abusé de ses forces, on sentait que l’esclave allait perdre de sa valeur, alors on le vendait. Le sage Caton le recommande en ces termes : “ Vendez les vieux bœufs, les veaux et les agneaux sevrés, la laine, les peaux, les vieilles voitures, les vieilles ferrailles, le vieil esclave, l’esclave malade.”

L’esclave n’est pas un homme, il n’a pas même le signe de la personnalité humaine : le nom. Il ne porte pas le 10m de son père, qu’il ne connaît presque jamais, mais un surnom dont l’affuble son maître ; c’est tantôt un nom de pays : le “ Macédonien, le Cyrien ?, tantôt un nom mythologique : “ Éros, Diomède ?, tantôt simplement un nom d’animal : ‘“ ours, renard ”.

Tout riche citoyen possédait des esclaves tisseurs,

1. PÉRIN, Les lois de la cité chrétienne. t. II. 2. Fustel de Coulanges, Cité antique, Liv. III, ch. XVIIII.

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