‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 101 sur 211 · LES RE · texte numérisé non relu

LES RE

des esclaves teinturiers, des esclaves tailleurs, des esclaves cordonniers, des esclaves cultivateurs, des esclaves boulangers, etc... il n’avait donc besoin de rien acheter. Non seulement il n’achetait rien, mais comme ses nombreux esclaves produisaient au-delà des besoins de sa famille, il vendait le surplus. Non seulement il n’achetait rien et vendait ses produits, mais il louait les services de ses esclaves à ceux qui en avaient momentanément besoin.

Avec un pareil état de choses, les prolétaires, au nombre de 300,000 à 400,000 à Rome, ces citoyens non esclaves qui n’avaient que leurs bras pour gagner le pain de chaque jour, étaient inévitablement condamnés à l’'oisiveté. C’est l’État qui les nourrissait gratuitement, et, pour les distraire, il leur donnait en spectacle les jeux du cirque et les combats des gladiateurs ; il leur fournissait du pain et des amusements, “ panem et circenses ”.

Le travail libre n’existait donc pas ou presque pas dans l’antiquité, et le travail libre non seulement manuel, mais encore le travail intellectuel, parce qu’il y avait l’esclave pédagogue, l’esclave médecin, etc., qui prenaient la place du professeur et du médecin tels que nous les concevons aujourd’hui. Et comme l’esclave seul travaillait, le travail était tombé dans le plus profond mépris.

“ La constitution parfaite, avait écrit Aristote, n’admettra jamais l’artisan parmi les citoyens.” Et Cicéron de reprendre cette thèse : “ Jamais rien de noble ne pourra ‘sortir d’une boutique ou d’un atelier... Le travail des artisans est ignoble. Rien de libre ne peut tenir la boutique.” “ Nous admirons une belle tuni-

que de Pourpre, écrit Plutarque, mais nous considérons le teinturier comme un vil artisan.”

Et dans cette société si disparate il y avait comme une cloison étanche entre les différentes classes. On n'avait aucune estime les uns pour les autres : c'était le règne du mépris et de la haine. Les sujets obéissaient à l’au-

traire, ou le moment favo; tyrans!,

Les relations internationales étaient celles qui existent entre les peuples habituellement à l’état de guerre. Væ victis, malheur aux vaincus, telle était la devise universelle, Aussi bien, hommes, femmes et enfants devenaient la proie du Vainqueur qui avait le droit de les faire passer au fil de l'épée, de les vendre comme esclaves, de les immoler aux divinités ou de les livrer aux sanglants spectacles des amphithéâtres. Pour déclarer la guerr- : une nation, n’importe quel motif suffisait. Vena.:: , l'esprit d’un potentat de faire des captifs, de con: ur du butin ou d’asservir ses voisins, c'était plus qu’il ne fallait pour prendre les armes.

LECTURES

Les classes populaires et l'esclavage, Pauz ALLAR»D, Esclavec chrétiens, pp. 3-47.

Les maîtres, Pauz ALLARD, ibid, pp. 112-148.

Les esclaves, Paux, ALLARD, ibid. pp. 148-187.

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