TRENTIÈME LEÇON
LES BIENFAITS DU CHRISTIANISME (suite)
Sommaire. — 127. Etat de l'individu après Jésus-Christ. — 128. Etat de la famille après Jésus-Christ. — 129. Etat de la société après Jésus-Christ. — 130. Quelques remarques.
127. Etat de l'individu après Jésus-Christ. — Le christianisme a transformé l'individu au point de vue intellectuel, au point de vue moral et au point de vue physique.
À, AU POINT DE VUE INTELLECTUEL. Le christianisme a mis l'individu en possession des grandes vérités qui sont à la base de toute vie motalie : l'existence de Dieu, la providence, les attributs divins, la liberté, la spiritualité de l'âme humaine, son immortalité, etc. Au problème angoissant de nos origines et de nos destinées, il a donné une solution claire, nette, satisfaisante. Bien plus, en révélant à l’homme des vérités que celui-ci n’aurait jamais pu connaître, le christianisme a singulièrement agrandi le champ des connaissances humaines et satisfait les pluslégitimes aspirations de la créature raisonnable. Car l’homme est tourmenté par l'infini, il sent qu’au-delà de ce qu'ilest possible de comprendre, il y a une région de :rvstères où il veut jeter les yeux.
B. Au POINT DE VUE MORAL. Avec Jésus-Christ, le culte des passions disparaît, et ce quitriomphe, c’est la lutte acharnée contre Î=s mauvais penchants de la na-
La piété, la chasteté, la
l'équité, la justice, l’a-
<n un mot, tout ce qui purifie, en-
ne l’âme humaine, voilà ce que la
des aberrations
Païennes, voilà ce qu’ i dans le cœur de
l'individu ; aussi, ’homme a pu re-
fouler le courant mpt et avilit et
bénéficier des immenses avantages de la véritable civilisation.
ver. Son corps, l’homm tiler ou de le détruire.
ble compagne et tient au foyer la place d'honneur qui luirevient. L'enfant, réhabilité, est l’objet des plus tendres égards. Aux yeux du christianisme, en effet, l'abandon et l’immolation des enfants sont des crimes. Ces petits êtres créés à l’image de Dieu sont dignes de toutes les attentions de la plus délicate charité. La religion chrétienne a encore contribué au bonheur de la
famille en enseignant aux parents et aux enfants leurs devoirs réciproques. Avec le christianisme l'autorité et l’obéissance ne sont plus livrées au caprice de chacun, elles s'imposent et commandent le respect puisqu’elles viennent toutes deux de Dieu, le Maître absolu, source de toute obligation.
129. Etat de la société après Jésus-Christ. — La religion chrétienne proclame que toute autorité vient de Dieu ; elle est donc précisément le contre-pied de la théorie antique dont le dogme principal est l’omnipotence de l’ État. Ce n’est plus le despotisme du Dieu-État qui règne, mais une souveraineié qui a en vue le bien de tous, une souveraineté dont toute l’'ambition est. de récompenser et de punir chacun selon ses mérites. Le christianisme admet que tous les hommes sont égaux devant la nature, que tous, en ce monde, ont droit de prendre les moyens légitimes pour améliorer leur condition afin de jouir de cette part de bonheur, prélude de celui du ciel. Mais, d’autre part, il enseigne l'inégalité des classes. Celle-ci est voulue de Dieu comme l'inégalité des talents et des forces chez les individus. Dans le plan providentiel. les différentes classes de la société doivent coopérer au bien commun, et non se combattre et se détruire les unes les autres ; non, il ny a plus ni exploités, ni exploiteurs, mais seulement des enfants d’un même père qui, dans leur sphère respec-
tive, travaillent chacun de leur mieux à l’accomplissement de leurs devoirs et au bien commun.
Le christianisme a en
en faisant pénétrer chez les peuples cette us les hommes ont été rachetés par le sang d’un Dieu fait homme, le christianisme leur persuada qu’ils ne devaient plus désormais se traiter en ennemis
eten barbares. C'était changer du tout au tout les relations internationales, Le droit des y l'antiquité, prit naissa
— Pour conclure cette
ivantes :
me a paru, il a transforeux les rappo-ts naturels és.
il n’a pas pénétré, le même état ancien de superstition et de perversion morale a subsisté Sans aucune modification.
8) Certaines régions, autrefois délivrées des ténèbres de l’idôlatrie par le christianisrne, sont retombées dans leur ancien état d’avilissement quand elles ont cessé de suivre les lois chrétiennes ; c’est de cette ma-
nière qu’on a vu l'Afrique et l'Asie rétrograder vers toutes les erreurs antiques, en abandonnant la religion véritable.
“ La conséquence nécessaire de ces faits, c'est qu'il existe dans le christianisme un principe de vie et de force que l’humanité n’a jamais pu se donner à ellemême, et qui implique forcément l'intervention de l’auteur même de l'humanité. Car il n’y a que celui qui a fait le monde qui peut le refaire ainsi 1.”
LECTURES Une page de Taïne, Mor BaUNARD, Un siècle de l'Eglise de France, p. 296.
Les missions catholiques au XIXe siècle, Etudes, 15 mai 1895.
L'argument moral dans la prédication, LONGHAYE, La Prédication, pp. 342-348.