Toutes importance
dans cette leçon, nous n’avons pas l’intention de les examiner les unes après les autres, sans en laisser aucune. Nous nous contenterons d’exposer brièvement celles qui, par l’importance de leur docurs adeptes, ont su s’imposer à
he et du chercheur.
Paganisme est pris presque toujours dans le sens de polythéisme, culte de plusieurs dieux, ou d’idolätrie, culte des idoles, des images dans lesquelles on doit voir un dieu. Et comme ces deux cultes ont été surtout florissants à Rome et à Athènes, il ne sera question ici que du Paganisme grec et romain. Nous lenvisagerons d’abord tour à tour au point de vue
Far |Iétomnfoni dé
dogmatique et au point de vue moral. Nous verrons #nsuite ce qu'il vaut réellement et comment le christianisme n’en est pas une imitation.
A. AU POINT DE VUE DOGMATIQUE. Il n’est pas exagéré d’aflirmer que le paganisme a été absolument nul au point de vue dogmatique. Chez lui, en effet, aucune théologie, aucune doctrine précise, aucun cnseignement doctrinal, aucune autorité chargée de maintenir la foi. Rien de plus incohérent et de plus contradictoire que l’idée de la divinité pour les païens. Même en son plein épanouissement, la religion polythéiste était un amas d’absurdités, où la poésie et l’art pouvaient puiser des thèmes intéressants, mais qui était dépourvu de toute valeur rraiment religieuse ù
B. 4 POIN DE VUE MORAL. Le pagan'sme ne vaut guère mieux au point de vue moral. Pour qu’une religion ait de l'influence sur la conduite morale de l'homme, il faut qu’elle lui impose une règle très précise, très accentuée et immuable. Or quelle efficacité pouvait avoir sur les âmes une religion sans enseignement doctrinal fixe, qui, dans ses légendes mythologiques offrait des leçons de corruption? ‘“ Sans parler des bacchanales, des orgies des prêtres de Cybèle, ians parler du culte de Vénus, il y avait certaines cérémonies religieuses, certaines processions où figuraient les pieuses matrones et les jeunes filles des confréries, qui seraient aujourd’hui et en l’état de nos mœurs impossibles à tolérer, et que la police si facile de nos grandes villes ne pourrait tolérer .”
C. CE QUE VAUT LE PAGANISME. On ne peut pas dire que le paganisme était une religion vaine et sans
1. De Broate, Problèmes et Conclusions de l'Histoire des Religions, p.113. Dom CaBRotz, Origines liturgiques, p. 65.
force. Étant à la fois une théurgie et une magie, il avait une prise puissante sur l'imagination et l’âme populaires, el, à cause de cela, il correspondait à cc besoin irrésistivle, besoin de la croyance à l’invisible, besoin de relation avec ce qui dépasse l'horizon borné de cette terre. De là cette émotion religieuse qu'il produisait chez ses adeptes, cet enthousiasme d’autant plus fort qu'il n’exigeait pas de contrainte morale, ni d'efforts contre les passions.
Le paganisme était au plus haut point une institution nationale. Personnification de l'égoïsme antique, chacun le regardait comme une portion essentielle de la vie publique et sociale,
Sans doctrine précise, une gêne ni pour l’arbi caprices de la foule : de l’un et de l’autre.
monde. Son élasticité, morale, son mysticisme, motion religieuse avec le des gouvernants, voilà q de la propagation de la religion païenne.
LE cHRisTiANISME N’EST PAS UNE IMITATION DU PAGANISME. Certains auteurs accusent le christianisme d’avoir fait des emprunts au paganisme. L'abbé de Broglie leur répond de la manière suivante : ‘“ Les premiers chrétiens auraient considéré comme une souillure tout usage, toute pratique, provenant directement d’un culte réprouvé. Si, plus tard, il s’est rencontré entre le christianisme et le Paäganisme des ressemblances
extérieures, si nos temples contiennent des statues comme les temples païens, si les cérémonies du culte, les processions, les encensements ont une certaine ressemblance dans les deux religions, il ne faut point voir dans ces faits ure imitation du culte maudit quand il existait, et oublié depuis qu'il a disparu. Il ne faut y voir que la ressemblance nécessaire entre toutes les religions, provenant des instincts et du besoin de la nature : ce sont les formes qui conviennent à toutes les doctrines, vraies ou fausses, divines ou terrestres, COmme les habits sont faits pour tous les hommes, sages ou sots, vertueux ou méchants ".”
133. Le Boudhisme. — Eoudha, le fondateur de cette religion, naquit vers l’an 557 avant Jésus-Christ Après s'être livré durant quelques années à la contemplation et aux pratiques de la vie ascétique, — d’où le nom de Çakya-Mouni, ou solitaire des Çakyas, — il commença à prêcher de tous côtés sa doctrine. Voyons ce qui vaut cette doctrine au point de vue dogmatique et moral pour bien nous convaincre qu’elle est inférieure au christianisme.
A, AU POINT DE VUE DOGMATIQUE. Le boudhisme est athée ; car pour lui l’existence de l’être suprême et éternel reste une question oiseuse et insoluble. Il proclame que la vie humaine est une souffrance, et le moyen de s’en affranchir c’est le Nirvänà, c’est-à-dire l’anéantissement de la personne. Encore, l'homme n’arrivet-il à ce Nirvânà qu’après une série indéfinie d’existences inférieures, passées aux COrns des animaux, en vertu de la métempsychose. Il n’a-lmet pas le secours de la prière, puisqu'il ne fait aucune place à Dieu ; au con-
1. De Broaute, ouv. cit. p 113. Cf. BRoussOLLE, ouv. cit. pp: 78-86. Werss, Apologie du C! ristianisme, p. 162.
aucun culte, par le olonté personnelles.
a subi une corruption fon.
n fondateur, qui dédaignait
dut monter en statue sur les autels
Pour y représenter le divin et Y écouter la prière, Le boudhisme devint donc religieux, et, ainsi, il a dû accepter toutes les corruptions païennes de l'instinct religieux. C’est Pourquoi, dans la suite, il y eut autant d'espèces de boudhismes que de pays différents, que de provinces. Au Japon, onen compte plus de six sectes. B. Au POIN1 DE VUE MORAL. L'idéal austère de Ja morale boudhique, idéal dont parlent avec complaisance les ennemis Gu christianisme, est Proposé aux moines et nullement imposé aux laïques. Le boudhisme n’interdisait aux laïques “ ni la polygamie, ni la polyandrie, ni la fornication, ni aucun péché de la chair autre que l’adultère, au sens restreint de la société païeune. C’était supprimer les obstacles à l’attrait qu’exerçaient sur les âmes de l’Extrême-Orient le pessimisme trop vécu des quatre grandes vérités du boudhisme *, sa métaphysique imaginative, la bonté passive
1. “ Le boudhisme n’est donc pas, à proprement parler, une religion, mais plutôt une attitude de l’âme raisonneuse blème religieux, et une attitude désespérée. Le b fois, s’en déclare orgueilleusement satisfait. pour en sortir. Il travaille au contraire à s'y BroussoLce, Les Reli, ions, p. 254.
2. La doctrine bou hique a quatre vérités fondamentales sur la a) douleur : b) l'origine de la douleur, c) la suppression de la douleur,
et résignée de sa langoureuse pitié, la poésie de ses légendes indiennes, et la prédication de parole et d’exemple de ses moines mendiants, dont la vie était généralement d’apparence fort austère et souvent vertueuse 4 Au reste, la morale du Boudha est une morale sans Dicu, une morale indépendante. Peut-on raisonnablement comparer cette morale à celle de l” Évangile ?
C. INrÉRIORITÉ Du BOUDHISME COMPARÉ AU CHRISTIANISME. Sorti de l’Inde, le boudhisme s’est répandu dans la Tartarie, la Chine, le Japon, l’Indo- Chine et quelques-unes des Iles de la Sonde. Ilcompte environ trois cent cinquante millions de sectateurs. Cette expansion, il n’est pas nécessaire de recourir à une torce surnaturelle pour l'expliquer. Elle est due d’abord à la profonde transformation qu’il à subie à travers les âges, transformation qui résulte de sa plasticité, c’est-à-dire, de cette aptitude à accueillir toutes les divinités, toutes les superstitions des peuples auxquels il s’adressait. Ce n’est pas l’immutabilité intransigeante du christianisme ! Son expansion, le boudhisme la doit ensuite à l’accord de sa doctrine avec les plus chères aspirations de l’âme orientale, avec ses vices et son idolâtrie. ‘ Les moines de la Congrégation de Çakya-Mouni n’avaient besoin pour triompher que de la force de leur association aidée du pouvoir civil qui assura leur succès au Thibet, n Chine et au Japon. Cette force ne suffit pas à les maintenir dans l'Inde, le seul pays où leur manqua l’appui séculier, où ils furent persécutés, et où ils rencontrèrent d’autres congrégad) le chemin qui mène à la suppression de la douleur. Cf. HuGUENY, Critique et catholique, p. 181.
1. Huauwenry, ouv. cit., pp. 189-190. Abbé Taomas, Le boudhisme, L P., pp. 31-34.
tions monacales Pourvues de moyens d'influence analogues :,”
Comme nous l’avons vu, le christianisme n’a jamais eu l’appui du pouvoir civil, celui-ci, au contraire, l’a toujours persécuté. Son dogme, sa morale, son Dieu crucifié n’avaient aussi rien qui pât satisfaire les caprices de la nature humaine. Aussi bien, — et c’est déjà Prouvé, — sa propagation dans le monde est un miracle, tandis que celle du boudhisme ne sort pas du cercle des événements ordinaires ?.
“Si le boudhisme n’a Pas pris de leçons du christianisme, ce serait une erreur bien plus grande encore de supposer qu’il puisse lui en donner. Le boudhisme est fort intéressant à connaître, je l’avoue. Mais hors de cela il n’a rien à nous apprendre, et son école serait désastreuse pour nous. Malgré des apparences parfois
spécieuses, il n’est qu’un long tissu de contradictions, et ce n’est pas le calomnier que de dire qu’à le bien regarder c’est un spiritualisme sans âme, une vertu sans devoir, une morale sans liberté, une charité sans amour,