Jésus-C ciété religieus
ation, n’admet.
Église ; ou, du moins, dans ce 8Toupement religieux, ils ne voient rien de surnaturel, et, pour expliquer son origine, sa longue durée, ils font appel à des causes naturelles, telles les lois générales de l’histoire. Contre leurs arguties nous soutenons que l'existence de l'Église est un fait surnaturel, que cette société a été divinement instituée.
Jésus-Christ a certainement fondé une société religieuse, car il l’a déclaré formellement dan et les Actes des Apôtres ; saint Paul ; enfin, c’ sa doctrine et de ré Maine.
SOCIÉTÉ RELIGIEUSE EST ILES ET LES ACTES DES Promis de fonder une Eêtre la pierre fondamentale : “ Tu cette pierre, je bâtirai mon Église
ment 1. Cf. MouLarr et VINCENT, ouv. cit, pp. 246-247; Varve- KENS, ou, cit. P. 458.
et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera aussi délié dans les cieux ” (MATTH., XVI, 18, 19, 20).
2) Jésus-Christ a rempli sa promesse. a) Il choisit lui-même douze apôtres ; ‘* C'est moi qui vous ai choisis, et vous ai établis ” (JEAN, xv, 16). b) Il leur donne autorité pour gouverner les fidèles, les envoyant comme son Père l’a envoyé: “ La paix soit avec vous. Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie de même ” (JEAN, xx, 21). c) C’est lui qui établit Pierre chef suprême des fidèles et des apôtres: “ Pais mes agneaux, pais mes brebis ” (JEAN, xx, 16, 17) *.
3) À l’origine les fidèles forment une société ou Eglise constituée comme celle qui existe aujourd’hui. Au témoignage des Actes des Apôtres (r, 41, 42), le jour de la Pentecôte il y eut “ environ trois mille personnes qui se joignirent aux disciples. Ils persévéraient dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain, et dans les prières.” Or la “ doctrine des apôtres ”, c'était d’abord la nécessité du baptême, instituée par Jésus-Christ, pour entrer dans l’Église : “ En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu'un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ” (JEAN, Int, 5) ; c'était ensuite la soumission à l'autorité des chefs choisis (JEAN, XXI, 16, 17). Les apôtres et Pierre étaient chargés par Jésus-Christ d’enseigner, de baptiser et d’apprendre aux hommes à garder ce que lui-même avait commar’ (MATTR.
xxvin, 19, 20). Or il en est de même den ours. En
1. Agneaux signifient les fidèles ; brebis désignent les prêtres et les évêques.
effet, les hommes rentrent dans l'Église par le baptême et sur eux s'exerce l'autorité des évêques, successeurs des apôtres, sous la suprême autorité du Pape, successeur de Pierre,
B. L'iNsrrrurion D’UNE SOCIÉTÉ RELIGIEUSE Esr AFFIRMÉE DANS LES ÉPITRES DE SAINT PAUL.
"Asie Mineure.
Au-dessous d’eux, i président, qui
enseignent et à qui es mains. Saint Paul leur recomma:
sonstituée en bonne et due for-
ce que prétendent ls membres n’obéissent 2) La conduite de
l'existence d’une véritable Eglise. Saint Paul commande en maître, et il exhorte Tite et Timothée d’en faire autant. Hyménée et Alexandre ne s’en sont pas tenus aux enseignements de l’Apôtre. Celui-ci les livre à Satan, c'est-à-dire les excommunie, afin de leur apprendre à ne point blasphémer (I Tim. 1, 20). D’autres font des schismes et sèment la division : saint Paul recommande à Tite de les séparer de lui après un premier et un second avertissement (Ti1r., 1). Il y a donc à cette époque une autorité qui condamne l’hérésie, et rejette de son sein les schismatiques. Cette autorité, saint Paul l’exerce, Timothée et Tite l’exercent sur des sujets à eux soumis. N’avons-nous pas là la constitution d’une véritable société ?
II. TÉMOIGNAGE DES ÉPITRES ÉCRITES PENDANT LA CAPTIVITÉ DE SAINT PAUL, 2E 58 À 62, 1) Dan son épître aux Ephésiens, saint Paul dit que les chrétiens sont une “ famille ”, la “ famille de Dieu ”, un “ peuple ”, le ‘‘ peuple des saints ” (n, 11, 22). Ces deux métaphores nous font bien voir qu’à cette époque les fidèles formaieent une véritable société.
2) Dans la même épâtre (xv, v), l’apôtre dit que V'Église est le “ corps ” dont Jésus-Christ est la tête, le “ corps du Christ ”, corps dont les fidèles sont les membres, les parties rattachées entre elles comme les diverses parties du même corps et rattachées au Christ comme les parties du corps le sont à la tête. De Jésus-Christ la vie découle et se répand dans les membres, tandis que ces membres sont solidaires entre eux, et que l’un d’eux ne saurait souffrir que les autres ne s’en ressentent. Peut-on plus clairement prouver que les chrétiens du milieu du Ier siècle constituaient une véritable société fondée par Jésus-Christ ?
3) Dans d'autres épitres, saint Paul mentionne l’Église de Laodicée (CoLoss., 11, 1). Il salue ceux qui gouvernent l’Église de Philippes (Paiuipp., 1,1). Les communautés auxquelles le des églises, c’est En vérité, où trouver la trace, en tout cela, d’une É. glise purement spirituelle et invisible, d'une Église idéale, rêvée par saint Paul ?
IIT. Témorenace DES ÉPITRES ÉCRITES DE L’AN 50 A L’AN 58. e de l'épitré aux Romains
1 Corinthiens (x1v, 27-33),
sions, L’apôtre avait réglé, à observer dans la célébra charistie ; il avait même raient, dans l'assemblée, 1 prendraient point la parole : et cela ne suffit pas à son esprit de discipline : ‘“ Je règlerai, conclut-il, les autres choses quand je serai arrivé chez vous ” (I Cor., xi, 34). Cette autorité, il l’exerce à Corinthe, comme à Éphèse et à Colosse. Les fidèles de Corinthe, comme ceux de Thessalonique, comme ceux de Galatie, forment donc une Église, non pas une Église en idée, mais une société concrète et visible, un corps moral d’où l'autorité n’est pas absente.
2) Dans l’épitre aux Galates (1, 1) saint Paul ne craint pas d'affirmer sa mission contre les prétentions de cer tains docteurs judaïsants et des ennemis personnels qui
1. En vertu des charismes ou dons du Saint-Esprit, il Y avait des apôtres, des évangélistes, des docteurs, des prophètes, des interprètes, etc.
ont osé contester son titre d’apôtre et contredire son enseignement : “ Paul apôtre, non de la part des hommes ni par l'intermédiaire d’un homme, mais par Jésus- Christ et Dieu le père.” C’est donc de Jésus-Christ qu'il a reçu ses pouvoirs ; sa mission est avant tout de prêcher et d'enseigner l'Évangile, et non pas de démontrer, d'expliquer, de disserter scientifiquement sur les conditions du salut, mais d'enseigner et d’exhorter (L Con. 1, 12-14 ; xv, 35; Rom, xvi, 17 ; II THESSAL., nu, 14; Ga.,1, 8-9 ; II Con, x, 5 ; XII, 2-3). Il n'est n’est donc pas un professeur qui cherche à convaincre, mais un apôtre qui parle d'autorité à des sujets formant un groupe vraiment social '. ;
Si les Églises auxquelles écrivait saint Paul sont de vraies sociétés religieuses, visibles, on peut en dire autant de l’Église toute primitive, qui n'existait que depuis une vingtaine d’années lorsque l'apôtre écrivait ses premières épttres. C’est ce que nous enseignent d’ailleurs les Actes des Apôtres, comme nous l’avons vu plus haut.
C. L'INSTITUTION D’UNE SOCIÉTÉ RELIGIEUSE É- TAIT LE MOYEN DE CONSERVER INTACTE LA RévéLAmon. Jésus-Christ pouvait bien se mettre en rapport immédiatavec chacun de nous et ne pas fonder d’Êglise; mais il ne l’a pas fait, car en agissant de cette sorte il eût multiplié inutilement les miracles, favorisé notre orgueil et exposé sa doctrine à de fausses interprétations. Il devait donc plutôt instituer une autorité doctrinale,
. seule gardienne de la foi et de la morale, à qui il confia la charge de sauvegarder la transmission de sa doctrine. Un doute se présente-t-il, ce n’est pas aux indi-
1. Cf. Conférences Apologétiques données aux Facultés catholiques de Lyon, 1910, pp. 346-369.
vidus qu’il appartient de le résoudre, mais à cette autorité qui a reçu la mission d'interpréter les livres où sont Contenus en résumé la vie et les enseignements du Sauveur. Auprès des fidèles, cette autorité sera le docteur qui les éclaire et les défend contre les :t: ques des ennemis, le guide qui les dirige dans la vei: du salut, le ministre qui leur assure tous les trésors de
nées, de par la volonté de Jésus. “brist, à 1
le bonheur et la vie éternelle,
L'insrirurion D’UNE SOCIÉTÉ RELIGIEUSE RÉ- PONDAIT AUX EXIGENCES DE LA NATURE HUMAINE.
L'homme est un être sociable, Cet instinct de sociabilité qui est un des traits « iractéristiques de su pature, il en rencontre une Première satisfartion dans la famille d’abord, et ensuite dans la société civile. Mais ces deux sociétés ne lui sont Pas suffisantes. Car, à part les intérêts temporels que lui procurent Ja famille et la cité, il y a encore les intérêts spirituels, de beaucoup les plus importants. Et donc, pour répondre aux exigences de la nature humaine toute entière, Jésus-Christ devait établir ici-bas une société non seulement des Corps, mais aussi des âmes, où les aspirations, les sentiments, les pensées eussent le même objet, c’est-à-dire Dieu. en était autrement, le Créateur se i hommes, parce qu'après avoir dépos, impérieux de s'unir, — besoin de plus en plus exploité de nos jours Par certains idéologues qui rêvent la fraternité universelle des peuples, — il les aurait mis dans l'impossibilité de le satisfaire. Or l’union de tous, du moins dans le monde des Corps, est une chimère, Il reste donc la fraternité des âmes qui trouve sa parfaite réalisation dans la société religieuse.
PR te <
LECTURES
Besson, L'Eglise, Ile et Ille Conf.
Jésus-Christ et l'Eglise, Huaueny, Critique et Catholique, p. 87.
Man Barriroz, L'Eglise naissante et le catholicisme, ch. 11, Ezcursus À : L'Eglise dans l'Evangile, valeur de Matth., xvi, 18-19, pp. 99-113 — Ch. nr, Excursus B : Examen critique des théories protestantes de la formation du catholicisme, pp. 172-193.