‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 150 sur 211 · Cf. Dict. Apol, de la Foi cath., fasc., IX, col · texte numérisé non relu

Cf. Dict. Apol, de la Foi cath., fasc., IX, col

rité enseignante qui est l’Église. Voici ce que dit à ce sujet le Concile du Vatican : ** Nous déclarons que sur les choses de la foi et des mœurs qui entrent dans l'édifice de la doctrine chrétienne, il faut regarder comme véritable sens de la Sainte Écriture, celui qu’a tenu et que tient notre sainte Mère l’Église, à qui il appartient de juger du vrai sens et de l'interprétation des saintes Écritures ; et que, par conséquent, il n’est permis à personne d'interpréter la Sainte Écriture contrairement à ce sens, ou même ‘ntrairement au consentement unanime des Pères,” (SEss., 3, c. 2).

212. Lecture de l'Écriture Sainte. — 1) On ne saurait exiger de tous les chrétiens sans exception qu’ils lisent les Écritures sous peine de damnation. La lecture de la Bible n’est pas absolument nécessaire au développement de la vie surnaturelle, voire à la sanctification. Avant la composition des livres saints beaucoup se sont sanctifiés et se sont sauvés. Il est vrai qu'aux premiers siècles l’Église lisait publiquement aux fidèles la Sainte Écriture, elle la mettait sans défiance aux mains de tous ses enfants. D'autre part, nul n’a insisté plus que les Pères sur la convenance et l'utilité de se servir habituellement des Écritures ; mais la condition formelle bien qu’implicite de cette liberté, était le profit spirituel qu’en tireraient les chrétiens.

2) Mais l’on se ferait une idée très fausse de l’histoire du christianisme aux premiers siècles, si l’on se figurait les apôtres et leurs successeurs faisant fonction des distributeurs officiels de la littérature de la Société Biblique. Les Apôtres préchaient la vérité, c’est à l’ouïe, non aux yeux qu'ils s’adressaient : ‘‘ La foi vient de ce qu’on a entendu ; et on a entendu, parce que la parole de Jésus-Christ a été prêchée,”” (Rom., x, 17).

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3) D'ailleurs, on ne trouve ni dans l'Ancien ni dans le Nouveau Testament, ni dans la tradition des Pères, aucun passage où cette obligation soit formulée.

4) Au surplus, les occupations absorbantes du grand nombre, l'ignorance de la plupart, prouvent encore que la lecture de la Bible ne peut être une règle applicable à chacun ; car cette lecture, pour être profitable, demande des loisirs, des Connaissances que tous sont loin d’avoir,

5) En principe, l'Église catholi simples chrétiens i

pposée à l'usage universel de la Bible en langue vulgaire. Si, dans le cours

des siècles, elle en a interdit la lecture en langue vul. gaire (conciles Tarascon,

ns suspectes, elle devint pour beaucoup une occasion de chute. Mais ces

interdictions n'étaient que locales. Et jusqu’à Luther les traductions de la Bible en différentes langues ont continué de se multiplier sans que l’Église Y mit obstaclé. Alors, après avoir constaté que des lectures imprudentes, faites par des esprits téméraires et prédisposés aux nouveautéss, favorisaient la diffusion d’erreurs redoutables, l’Église fut obligée, pour le bien même des fidèles, de tempérer la liberté qu’elle avait laissée. C’est en ce sens qu’il faut entendre la règle adoptée au concile de Trente et promulguée par Pie {V.

“ Comme l'expérience a prouvé que la lecture de la Bible en langue vulgaire, si elle est permise à tous sans discernement, cause, par effet de la témérité des hommes, plus de dommage qu’elle ne Procure d'utilité, qu'on s’en tienne en cette matière au jugement de l'évé-

que ou de l’inquisiteur, qui pourront permettre, d’après l'avis du curé ou du confesseur, la lecture des saintes Bibles, traduites en langue vulgaire par des auteurs catholiques, à ceux qu'ils auront jugés capables de fortifier leur foi et leur piété par cette lecture, au lieu d’en éprouver du dommage,” (Règle IV de l’Index).

Voici ce qu’a écrit Léon XIII à ce sujet : “ Comme l'expérience a prouvé que si l’on permet à tout le monde sans distinction la lecture de la sainte Bible traduite en langue vulgaire, il en résulte, vu la témérité des hommes, plus de dommage que d'utilité, tcutes les traductions de la Bible en langue vulgaire, même faites par des auteurs catholiques, sont absolument interdites ; à moins qu’elles n’aient été approuvées par le Saint- Siège apostolique ou éditées sous la surveillance des évêques avec des notes tirées des saints Pères ou d’autres savants catholiques,” (Consr., Leonis XIII Oficiorum ac munerum, Cap., xx, n. 7).

En résumé, l’Église ne défend pas la lecture de la Bible en langue vulgaire ; mais il faut que la traduction soit approuvée par le Saint-Siège ot Ordinaire, et que cette lecture soit faite dans un espri. pieux, humble et docile :.

LECTURES

J.-B. Macon, La lecture de la Bible en langue vulgaire, T. I, p. R. P. Brucxen, Questions actuelles d'Ecriture Sainte, p. 94

Vraouroux, Manuel biblique, t. I, p. 54-60, 11e éd.

1. Cf. R. P. Brior, De insp. S. Script., p. 55; R. P. Pèaves, “ Une pensée de saint Thomas sur l’inspiration scripturaire ”’, Revue Thomiste, t. V, 1896, p. 206-214.

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