‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 151 sur 211 · QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON

LES SOURCES DE L'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE ROMAINE (suite)

SOMMAIRE. — 213. Définition de la Tradition divine. — 214. Le Saintes Écritu es ne sont Pas l’unique source de la Révélation. 215. Les Saintes Écritures ne sont pas la première source de lh Révélation. — 216. Les Saintes as la principale source de la Révélation. — 217, é de la Tradition divine. — 218, Où de la Tradition divine. — 21 ition divine.

213. Définition de la Tradition divine, — La Tradition divine est l’ensemble des vérités et des préceptes révélés non contenus ans les Saintes Écritures et qui nous ont été transmis par des témoins dignes de foi. Comme la Bible, la Tradition divine est aussi une source des enseignements de l’Église. Pour prouver son existence, il suffit de démontrer que les Saintes Écritures ne sont pas l'unique, la première et la principale source de la Révélation.

214. Les Saintes Écritures ne sont pas l’unique source de la Révélation. — Les écrivains sacrés déclarent qu’ils n’ont pas écrit tout ce qu'is avaient appris de Dieu. Ils ont composé leurs ouvrages longtemps après avoir prêché de vive voix, et cela, par occasion, soit pour affermir les fidèles dans la foi, soit pour combattre une erreur, soit Pour réprimer un abus, soit Pour quelqu’autre raison accidentelle. A la fin de son Évangile, saint Jean affirme que “ Jésus a fait benu-

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coup d’aitres choses ”, et il estime que si ces choses étaient écrites en détail, ‘* le monde ne saurait c ir tous les livres qu'on en pourrait composer ”

Paul demande aux Thesssloniciens de s’en tenir aux traditions qu'ils ont apprises par ses paroles. Au reste, il y a des vérités de foi qui n. sont pas contenues dans la Bible, telles que la descente de Jésus-Christ aux enfers.‘ Les saintes Écritures ne sont donc pas l'unique source de la Révélation.

215. Les Saintes Écritures ne sont pas la première source de la Révélation. — La Révélation contenue dans les Saintes Écritures a d'abord été à l’état de tradition. Depuis Adam x Moïse la doctrine révélée n'était ps écrite. Elle s’enseignait, elle se transmettait par !& parole, par la tradition. Il est vrai que Moïse reçut de Dieu l'inspiration des livres saints, mais à côté de cet enseignement écrit, subsista toujours une partie traditionnelle. En effet, à la tribu de Lévi incombait la mission de transmettre d'âge en âge, dans leur intégrité, toutes les vérités révélées. Jésus-Christ n'arien écrit. Ce qu'il a commandé à ses apôtres, c'est d’aller “ enseigner toutes les nations ”. Ils ont prêché d’abord ; et, ensuite, pour certaines raisons parti. lières, par exemple, afin de prémunir les fidèles contre les hérésies, ils ont écrit. L'enseignement oral, la tradition, dans l’Église, a donc précédé les Écritures, et elle reste le moyen normal de donner la Révélation.

216. Les Saintes Écritures ne sont pas la principale source de la Révélation. — Si la Bib'e était la principale source de la Révélation. Dieu ne se serait pas servi d’un moyen d'instruire les hommes à la portée de toutes les intelligences. Lettre morte, susceptibles de divers sens, les Écritures seules, par elles-mêmes, ne

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peuvent pas être comprises de tous, et sont une source de beaucoup de difficultés. L'existence des différentes sectes protestantes, leurs variations incessantes, en sont une preuve, Dieu a donc dû prendre un autre moyen Pour conserver sa doctrine exempte d'erreur, un moyen plus facile, mieux adaf 6 aux esprits. Ce moyen, c'est l'enseignement oral, la tradition.

217. Autorité de la tradition divine. — La tradition divine joui’ d'une autorité égale à celle des Saintes Écritures. C'est l'enseignement des apôtres et des Pères de l'Église. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens (1, 14) : “ C'est pourquoi, mes frères, demeurez fermes et gardez les traditions que vous avez apprises soit Par nos discours, soit par notre lettre.” Saint Grégoire de Nazianze appelle la Tradition la voir royale et Clément d'Alexandrie la proclame la clef du ciel. Tous reconnuissent son autorité et iui attribuent une valeur égale à celle des Saints Livres. Le Concile de Trente (sess. 1) déclare anathèmes ceux qui la rejettent, et celui du Vatican dit qu'elle est une des scurces de la Révélation.

218. Où sont contenus les enseignements de la traditica divine, — Les “nseignements de la Tradition sont contenus dans les symboles de La foi, les sentences doctrinales, les pratiques de l’Eglise, les écrits des saints Pères, les écrits des théologiens, les actes des marlyrs, les écrits des hérétiques, l'histoire ecclésiastique, les Monuments et le sentiment du Peuple chrétien.

I. SxmBoLEs DE ror. On eu compte quatre : le Symbole des Apôtres, celui de Nivée, celui de Constantinople et le symbole de saint Athanase,

IT. SENTENCES 1: CTRINALE£. Ce sont les définitions dogmatiques émanées soit des Souverains-Pon-

tifes parlant ex cathedra, soit des conciles généraux avec lesquels le pape exerce son magistère suprême, soit des conciles particuliers sanctionnés par le Saint-Siège,

[IL PRATIQUES Des ÊGuises. Par pratiques des Eglises, il faut entendre la liturgie, c'est-à-dire les rites du culte public, surtout ceux du saint sacrifice de ln messe, les rites employés dans l'administration publique et solennelle des sacrements, les prières, les offices publics, etc.

IV. Écrits Des saiNrs Pères. Les Pères de l’Église sont les écrivains ecclésiastiques qui ont surtout brillé par l'éminence de leur doctrine, leur sainteté, et dont les œuvres hautement approuvées par l'Eglise remontent à l'antiquité. D'’auires, en raison de l'étendue exceptionnelle de leur érudition, à cause de leur zèle, pour les services signalés rendus à la religion, ont reçu le titre de Docteurs de l'Eglise. Sont appelés simplement écrivains ecclésiastiques ceux à qui il manque la sainteté et l'approbation de l’Église, ou du moins, qui n’ont reçu qu’une approbation restreinte. Au nombre de ceuxci on place Clémént d'Alexandrie, Origène, Eusèbe de Césarée, etc.

V. ÉcriTs DES THÉOLOGIENS, ‘es théologiens ont pour mission d'exposer la doctrine catholique en faisant voir la valeur des preuves d’autorité ou de raison qui l’appuient. Le prince des théologiens est saint Thomas d'Aquin.

VI. Les ACTES DES Martyrs. Ce sont les écrits qui contiennent les réponses, les prières, les exhortations de ces héros de la foi. On y trouve la profession des principaux dogmes de la religion.

VIL. Écrirs Des HÉRITIQUES. Les héritiques sont des témoins de la Tradition divine. En se séparant

de l’Église ils ont conservé certains dogmes et ils en ont rejeté d'autres. Ces dogmes conservés où rejetés étaient, au mor-ent de la séparation, l'objet de la croyance universelle, et admis depuis longtemps. C'est Pourquoi les livres des héritiques «-t servi à réfuter les protestants.

VIII. L'risrorre ECCLÉSIASTIQUE. En nous apprenant ce que l’Église a cru et enseigné aux différentes époques, ce qu'ont écrit s: Pères, ses docteurs et ses théologiens, en mettant sous nos yeux les événements accomplis depuis les apôtres jusqu'à nos jours, l’histoire ecclésiastiq'1e témoigne en faveur de la Tradition.

IX. Les Moxuuenrs. Les monuments, comme les inscriptions, les sculptures, les peintures, surtout ceux qui remontent aux premiers siècles, sont des témoins irrévocables de la Traditir 1 divine.

X. Le SENTIMENT pu PEUF CHRÉTIEN. Pour les choses de la foi et les mœurs qui doivent être explicitement connues de tous, et partout, qui sont à la portée de to'ites les intelligences, le sentimer de la masse des fidèles est un critirium à bon droit ; oqué en faveur de la Tradition !

219. Les règles de la Tradition divine. — Si la Tradition divine est une des sources des enseignements de l’Église, il faut pouvoir la distinguer de celles qui sont purement humaines. Aussi bien, on ne peut pas impunément interpréter la Tradition à sa guise. Comme pour la Bible, on doit recourir au magistère infaillible de l’Église. Afin d'éviter toute confusion, certaines règles sont nécessaires. Elles peuvent se ramener à

trois.

1. Un professeur de Séminaire, ouv. cit., IIIe partie, pp. 49 -500 .

I. APPARTIENT À LA TRADITION DIVINE toute doctrine non contenue dans les Saintes Écritures, mais admise comme de foi, par l’Église. Ainsi la descente de Jésus aux enfers n’est Pas contenue dans la Bible. Cependant, c’est un dogme de foi, il est du domaine de la Tradition.

IT. APPARTIENT 4 LA TRADITION DIVINE toute coutume existant depuis des siècles dans l’Église et dont l’origine ne peut être attribuée à aucun concile, aucun pape, tels le jeûne du carême, le signe de la croix.

III. APPARTIENT À LA TRADITION DIVINE tout dogme, toute loi, dont ne parlent pas les Saintes Écritures, mais au sujet desquels sont unanimes ou presque unanimes les saints Pères. i

Pour résumer, ce qui caractérise la Tradition divine, c’est l’universalité, l'antiquité, l'unanimité. En effet, selon saint Vincent de Lérins, “ ce qui a été cru partout, toujours et par tous les fidèles, ne peut avoir qu’une origine apostolique ” !,

LECTURES

Ecriture et Tradition, J, FoxTaIxE, Les infiltrations protestantes et l'exégèse du Nouveau Testament, p. 233.

Le Christ de la première Prédication, Conf. Apologétiques, Lyon 1910, pp. 201-204.

Défense de la Tradition, BossuET, préface.

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