L..A. Paquer, OUV. cit., p
Réponse. — “ Non, s’écrie le comte Albert de Mun, ce n’est pas le découragement et la lassitude, ce n’est pas la déception du cœur ni l’effroi de la vie qui peuplent les couvents ; c’est l’irrésistible et impérissable attrait du sacrifice et du dévouement ; c’est le mystérieux besoin que la foi met aux âmes croyantes d’accomplir, par le don de soi-même, la loi fondamentale du christianisme. Ne cherchez pas ailleurs le secret de la vie religieuse : il est là, à des profondeurs où les lois et les gouvernements ne peuvent atteindre, où s’alimente sa source intarissable et d’où s’élance sans trève, vers le monde refroidi par l’égoïsme, labouré par la misère et la souffrance, ces hommes et ces femmes qui ont renoncé à lui demander ses joies pour lui donner leurs exemples de pauvreté volontaire, de chasteté héroïque, d’obéissance réfléchie, de dévouement sans récompense humaine, quelquefois payé par l’outrage et le mépris, et qui font ainsi, dans le sacrifice de leur liberté, le dernier, le plus magnifique, le plus décisif usage de la liberté elle-même :.”
241. Quatrième objection : les religieux entravent l’action du clergé séculier. — Les religieux entravent l’action du clergé séculier ; aveuglement soumis au pape, ils sont indépendants de toute autorité locale et nationale.
Réponse. — Voici comment Léon XIII, dans sa lettre au cardinal Richard, résout cette objection : “Nous n’ignorons pas que pour colorer certaines rigueurs, il en est qui vont répétant que les congrégations religieuses empiètent sur la juridiction des évêques et lèsent les droits du clergé séculier. Cette assertion ne peut se
. Citation faite par L.-A. PAQUET, ouv. cit., pp. 163-164.
L'ÉGLISE 409 DE soutenir, n’est peuable ysté-
si l’on veut se rapporter aux sages lois édictées sur ce point par l’Église. En parfaite
harmonie avec les dispositions et l'esprit du Concile de Trente, tandis qu’elles règlent d’un côté les conditions d'existence des Personnes vouées à ]a pratiqu
e des conseils évangéliq ues l’ac- et à l’apostolat, d’autre Part, elles res le du qu’il convient l’a
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gardée par les vierges : c’est le vice impuni, le libertinage éhonté, c’est la luxure et la débauche, dont le flot boueux noie tant d’êtres humains ; c’est encore, et c’est davantage (les hommes de bien en gémissent) l’abominable pratique, qui partout va se propagéant, d’une stérilité voulue, préconisée, systématisée à l’encontre des intentions les plus visibles de la nature et au mépris des lois les plus impérieuses de la morale...
‘“ Non, la vertu n’étouffe point les germes de vie. Fruit d’une foi courageuse, elle ne marque pas seulement, là où elle est en honneur, un haut degré d’énergie morale ; elle favorise et elle développe en une juste mesure la vitalité physique .”
243. Sixième objection : les Ordres Religieux sont riches.— Les Ordres Religieux sont riches, voire très riches.
RÉPONSE. — 1) On a singulièrement exagéré les prétendues richesses des Congrégations religieuses. Quoi qu’il en soit, des biens, si elles en ont, l:s Congrégations les possèdent légitimement, parce qu’ils sont, pour une large part, les fruits de leur économie, de leur travail, de leur esprit de sacrifice. La charité privée et publique vient aussi à leur aide : c’est une petite compensation pour les nombreux services qu’elles rendent à la société.
2) ‘ En admettant, dit Léon XIII, que la valeur attribuée à leurs propriétés ne soit exagérée, on ne peut contester que les congrégations possèdent honnêtement et légalement, et que, par conséquent, les dépouiller serait attenter au droit de propriété. Il faut considérer, en outre, qu’elles ne possèdent point dans l’intérêt person-