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péen qui dans tous les traités et les congrès a reconnu et proclamé l'indépendance des États pontificaux, etc. Ajoutons que dans les conditions actuelles le pouvoir temporel est nécessaire à la mission du Pape ; car, si le Saint-Père n’est Pas souverain, il est sujet, et alors il ne saurait exercer en toute indépendance et liberté son pouvoir suprême. C’est ce que pensaient avec raison les évêques réunis à Rome en 1862. ‘“ Nous n'hésitons pas à déclarer que, dans l’état présent des choses humaines, cette souveraineté temporelle est absolument requise pour le bien de l'Église et le libre gouvernement des âmes 1,”
248. Subordination de l'État à l'Église et indépendance respective des deux sociétés, — 1) Que l'État soit subordonné à l’Église, la prééminence de celle-ci sur celui-là le démontre suffisamment. En effet, la fin de la société civile étant d'ordre inférieur, son pouvoir doit être de quelque manière subordonné à celui de l’Église. S'il en était autrement les conflits entre les deux sociétés demeureraient sans solution. L'inégalité des deux sociétés, inégalité qui comporte la subordination de l’une à l’autre, les partisans du droit moderne l’admettent. Mais ils se trompent grossièrement lorsqu'ils proclament la suprématie du pouvoir civil.
2) Cette subordination de l’État à l’Église n'est pas directe. Sont subordonnées directement des sociétés imparfaites, lesquelles ne peuvent se suffire à ellemême et dépendent d’une autre en raison même de leur nature, tels, par exemple, les diocèses et les paroisses dans l’Église, Oril n’en est pas ainsi de l’État
1. Cf. GourAuUD, ouv. cit., pp. 328-330. L.-A. PAQUET, ouv. cit., pp. 51-63.
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qui, dans son ordre propre, au point de vue temporel, peut se suffire à lui-même, et, Pour cela, est appelé aussi société parfaite. C'est Pourquoi nous disons que sa subordination à l’Église est indirecte, Cependant, la fin im” édiate de l’État, Parce que temporelle, est toujours Svumise, comme telle, au bonheur éternel, fin propre de l’Église.
3) La société religieuse et la soc'été civile sont donc respectivement indépendantes, parce que chacune a une fin complète en son genre et est capable, par rapport à cette fin, de se suffire à elle-même. Cette indépendance respective ne veut pas dire que l’Église et l’État sont étrangers l’un à l’autre, ni que la séparation de leurs pouvoirs soit un régime conforme à leur nature, mais elle signifie la liberté réciproque, c’est-à-dire la non-sujétion, la non-subordination d’un pouvoir à un autre, pour tout ce qui regarde leur ordre propre ou leur sphère particulière. Cet ordre propre est déterminé par la fin spéciale que poursuit chaque société, et il embrasse l’ensemble des moyens qui sont en rapport avec cette fin,
249. Entre l'Église et l'État doit exister u‘ :apport d’union et de concorde. — 1) “ Les de’: puissances venant de la même source, d’un Dieu qui est ordre, sagesse et paix, tendant en définitive au même but, le bonheur de l’homme, il est évident qu'elles ne peuvent totalement s’ignorer, mais qu’un certain accord doit être la loi fondamentale de leurs relations 1,” Cet accord est négatif et positif. Il Y à accord négatif lorsqu’aucune des deux sociétés ne fait rien qui puisse porter atteinte ::x droits de l’autre. L'accord positif