‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 182 sur 211 · Il est juste de dire que la &uerre actuelle · texte numérisé non relu

Il est juste de dire que la &uerre actuelle

) a prouvé que a France avait des ressources inconmues. i était plus dense, elle ne s’en trouver.

ais si sa Population ait que mieux.

ere

toire britannique ; l'entretien des écoles libres et confessionnelles est mis à la charge du Trésor public, et nous savons avec quelle largeur l'Angleterre est ouverte à tous les exilés.”

2) L'Allemagne est en pleine voie de prospérité. Klle ne s'est pas absorbée tout entière dans l'effort économique, elle a gardé aussi le culte de la science. Ajoutons que l’œuvre du Kulturkampf : est presque entièrement disparue ; et, aujourd’hui en Allemagne, Dieu a encore ses droits dans l’école et dans les institutions publiques.

3) Les Etats-Unis d'Amérique prennent place eux aussi au premier rang du monde moderne. Avec leur population de bientôt 90 millions d'habitants, avec leurs immenses richesses agricoles, minières, industrielles, les États-Unis ont conquis une admirable prospérité matérielle.

Voilà le fait. Le contraste est certainement manifeste entre la fortune de l'Espagne, :: l'Autriche, de la France, et celle des trois grands pays protestants : l'Angleterre, l'Allemagne et les États-Unis

Il. INTERPRÉTATION DU FAIT. D’où vient ce contraste? Pourquoi cette supériorité des trois puissantes nations protestantes sur les trois granc'es nations catholiques ci-dessus nommées ? Plusieurs répondent : ‘C’est qu’au point de vue social le protestantisme est cause de grandeur, et le catholicisme cause de décadence.”

On ne saurait admettre semblable interprétation, et voici pourquoi.

1. Kulturkampf, mot allemand qui signifie lutte pour la civilisation. On appelle de ce nom la guerte faite par Bismarck à l’Église catholique en Allemagne.

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1) Elle ne Comprend pas le but de la religion. La religion n’a pas pour but de nous rendre puissants et riches €n ce monde ; sa raison d’être est de conduire les âmes à

En réalité, n’y a-t-il Progrès que d’un côté, que décadence de l’autre ? Certainement non. Il y a un nombre important de sujets catholiques dans tou britannique : le catholicisme est florissant en Angleterre, au Canada, en Irelande et en Australie. Les États-Unis comptent près de vingt millions de catholiques ; ilyen a Près de trente millions en Allemagne. Donc l'Angleterre, l'Allemagne et les États-Unis ne sont pas purement et simplement des nations protestantes, et il n’est pas juste de mettre tous leurs succès à l'actif du seul protestantisme. D'autre Part, quand l'Espagne, l’Autriche et la France dominaient le monde, elles étaient des nations catholiques. Mais aujourd’hui, ces trois pays, qui subissent une décadence relative, dont une partie est plus ou moins sous l'influence de forces très anticatholiques, ne Peuvent être nommés, sans réserve, des nations catholiques.

tinées, reste un peuple en grande majorité catholique. Or de 1800 à 1900, elle montait de 15 à 32 millions d’ha-

bitants. La voilà devenue grande puissance militaire, maritime et commerciale. A côté de la Hollande, en mamajorité protestante, la Belgique, en majorité catholique, ferait-elle mauvaise figure ?

3) Elle se trompe sur la vraie cause de la prospérité matérielle des nations. Si, comme on le prétend, le principe protestant ne peut amener que l'essor économique des peuples, et le principe catholique neproduit que leur ruine, partout où le catholisisme: a prévalu on ne devrait rencontrer que décadence, et partout où a régné le protestantisme il ne devrait y avoir que progrès, que prospérité, puisqu'il est de la nature même du catholicisme et du protestantisme de produire des effets opposés. Or l’histoire démontre qu'il n’en est pas ainsi.

a) La prospérité remarquable de certains pays protestants est relativement récente et pourra bien ne pas durer toujours. Durant plus de deux cents ans, l’Allemagne protestante a donné le spectacle d’une lamentable stagnation agricole, industrielle et commerciale. La Réforme protestante a provoqué ces “ jacqueries ” que furent, au XVIe siècle, la guerre des paysans et la révolte des anabaptistes. Quant au protestantisme anglais, il a favorisé l’absolutisme d'Élisabeth et de Jacques Ier, il a causé la révolution puritaine y compris le régicide, il a connu le despotisme de Cromwell. Il est donc permis de conclure que ni l’absolutisme, ni l’anarchie révolutionnaire, ne sont le monopole des régions catholiques, ou le fruit spécial du catholicisme.

b) D'autre part, le moyen âge catholique a vu fleurir d’assez belles libertés politiques. Singulièrement brillante a été la prospérité commerciale de ces.

puissances catholiques que furent,

Ligue hanséatique allemande et que aristocratique de Vénise.

les Portugais se sont lancés à tive ne leur a pas fait trop déf qualité de catholique n’a pas lomb ni Vasco de Gama de d veaux.

par exemple, la l'opulente républi- Quand les Espagnols et travers l'océan, l'initiaaut complètement, et la empêché Christophe Coécouvrir des mondes nou-

c) La richesse économique des nations dépend

d'une foule de causes qui n°

ont rien à voir avec la religion.

les ressources (Ju ont pour une très le d’un pays. Et, re mille, l'inégale de la Saxe protes-

Le climat, la Configuration du sol, terroir, les conditions géographiques s large part dans la prospérité matériel Pour ne donner qu’un exemple ent fortune de la Bavière catholique et

dont l'indigence est reconnue, est le Pays le plus protestant de l'Allemagne, tandis que la. Prusse rhénane, contrée exceptionnellement Prospère, est un des pays les plus catho- Serait-il logique de conclure cause de la richesse de cellede la pauvreté de celle-là ?

ines et les sources des États- On ne peut pas 8 Abruzzes. Ce

que le catholicisme est la ci, et le protestantisme, Certainement non. Les m

Unis en expliquent les milliardaires.

être roi du pétrole en Apulie ou dans le sont des contrées où il n’y en a pas.

4) Elle ignore la vraie cause de des nations. 4) Au point de y

la prospérité morale ue social, on constate

que plusieurs des régions les mieux conservées sont protestantes, comme, par exemple, une partie de la Suède, la plupart des comtés ruraux de la Hollande. Doit-on conclure de là à la supériorité du protestantisme? Pas le moins du monde. Les vertus sociales qu'on admire à juste titre dans plusieurs contrées luthériennes, calvinistes ou anglicanes, sont essentiellement des vertus chrétiennes qui se retrouvent partout où l'on croit à l’Évangile et où l’on suit ses préceptes. Loin d’être le monopole de la Réforme, ces vertus ne brillent nulle part davantage que dans les provinces les plus catholiques : Vendée, Bretagne, Belgique flamande, Limbourg hollandais, Prusse rhénane, Westphalie, Tyrol, Bavière, Silésie, haute et basse Autriche. Ce n'est aucunement la supériorité sociale du protestantisme sur le catholicisme qu’on est ‘en droit de proclamer, mais bien la supériorité sociale du christianisme sur l'irréligion.

b) Mais à vrai dire, les vertus sociales sont non seulement chrétiennes, elles sont plutôt catholiques. Le catholicisme a pour règle l'autorité extérieure et enseignante, appuyée sur la tradition ; le protestantisme, au contraire, a pour règle le jugement privé, le libre examen appuyé sur l'indépendance individuelle. Par suite, le respect de l'autorité, l'esprit de hiérarchie et de tradition sont choses conformes aux principes catholiques et contraires aux principes protestants. Si des pays réformés les possèdent, ces vertus, c'est en dépit de leur protestantisme, et par ce qu'ils ont su garder de catholicisme.

5) Elle nie, à tort, que la religion catholique puisse contribuer à la prospérité matérielle des nations. a) Sans doute la religion catholique ne donne pas le secret pour rendre les champs fertiles, pour üécouvrir les mi-

nes de houille ou pour installer avec succès les grandes manufactures. Croyants et incroyants, catholiques et hérétiques, restent évidemment soumis au même jeu normal des conditions communes, des circonstances humaines. Les peuples seront riches ou Pauvres en vertu de raisons étrangères à leur foi religieuse.

b) Mais la prospérité temporelle d’un pays se mesure par autre chose que par les hectolitres de céréales ou les milliards des exportations. Elle comprend assurément l'harmonie entre les citoyens et le bon ordre social. Elle dépend aussi des vertus morales de ses habitants. Or la religion catholique enseigne à tous l'honnêteté des mœurs, la loi du travail et du sacrifice, l'esprit de justice et de charité. Bien plus, ses principes inspirent, en Opposition directe avez les Principes protestants, le respect de la tradition, de la hiérarchie, de l’autorité.

c) D'où il résulte qu’une nation bénéfieiera d'autant plus d’harmonie entre les citoyens, d'autant plus de bon ordre social, qu’elle vivra davantage de l'esprit catholique. N'allons pas dire que les prineipes catholiques entrave l'esprit d'initiative, l'élan vers la fortune et le progrès matériel. De fait, ils retiendront peut-être le goût excessif de la spéculation financière et la soif désordonnée des jouissances,. Avouons tout de même que ce ne serait pas un si mauvais service rendu à l’ordre social. Quant aux sources normales

de la richesse : agriculture, industrie, commerce, l'expérience montre que la pratique fidèle du catholicisme

LECTURES

L'Eglise et la vie sociale, SERTILLANGES, Revue de la Jeunesse. 25 juillet, 10 août 1913.

L'Eglise et la vie internationale, ibid., 10 *-pt. 1913. L'Eglise et la paix, ibid., 25 sept. 1913.

esse.

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