Mer D’'HuLsr, Conf. de Notre-Dame
nés à mort, est relativement peu élevé. Si l’on excepte l'Espagne (dans ce pays l’Inquisition fut l’œuvre (1478) de Ferdinand et Isabelle, et devint petit à petit un tribunal exclusivement civil), il n’est pas exagéré d'affirmer que durant les trois siècles que dura son fonctionnement, le tribunal de l’Inquisition prononça dans l’ensemble des pays catholiques moins de condamnations à mort que n’en prononcèrent en France les tribunaux révolutionnaires pendant la seule année 1793-
IV. EXAGÉRATIONS ET FAUSSETÉS DES ENNEMIS DE L'ÉGLISE AU SUJET DE L'INQUISITION. a) Ils parlent de milliers de victimes qui n’ont jamais existé, et donnent de l'emmuremen* qui était simplement une prison très sévère, une des. .ption tout à fait inexacte.
b) Ils ne disent pas que dans certaines prisons de l’Inquisition on jouissait d’une demi-liberté. Ils insistent sur quelques cas de cruautés révoltantes, heureusement très rares, pour laisser croire que les choses se passaient toujours ainsi.
c) Jamaisils ne font la moindre allusion à la cruauté générale des mœurs au moyen âge ; et partant, il leur est plus facile de faire retomber sur l’Église tout ce qu’il peut y avoir d’inhumain dans l’histoire de l’Inquisition.
d) Ils se gardent bien de dire que les hérétiques, jusque-là condmanés sommairement et en masse gagnèrent à l'établissement de l’Inquisition. “ On peut penser que l'institution et le fonctionnement des tribunaux d’Inquisition réalisaient un véritable progrès dans les mœurs ; non seulement ils avaient fermé l’ère des exécutions sommaires, mais encore ils avaient diminué
considérablement le nombre des condamnations qui aboutissaient à la peine de mort !,””
e) Ils ne font point remarquer que les tribunaux de l’Inquisition se montraient d'autant moins sévères qu'ils ne relevaient que de l'autorité religieuse. A Rome, l'Inquisition fit peu de victimes. En Espagne, où elle devint en fait un tribunal politique, elle répandit beaucoup de sang. Les papes protestèrent plusieurs fois contre ces rigueurs.
f) Les ennemis de l’Église ne parlent pas des ambitions des juges civils qui, pour s’enrichir des biens confisqués aux condamnés, poussaient les membres du tribunal de l’Inquisition à se montrer impitoyables,
282. La croisade des Albigeois. —I. Hérésir DES ALBIGEOIS. Cette hérésie prit naissance dans la ville d’Albi, — d'où le nom d’Albigeois, — vers l’an 1200, et de là se répandit dans le midi de la France. Les partisans de cette secte condamnaient le mariage et la famille ; et, semblables aux anarchistes de nos jours, ils regardaient comme une chose mauvaise qu'il y eut une autorité et des lois. On les a donc présentés avec raison comme dangereux pour la société ; De plus, ils n’admettaient qu'un seul sacrement : le consolamentum. Ceux qui l’avaient reçu étaient appelés les parfaits, lesquels, du reste, ont été souvent accusés d’allier les plus honteux désordres à leurs doctrines austères. Les adeptes de cette secte étaient soumis à des jeûnes excessifs.