‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 211 · Cf. Leçons de Fsychologie, pp · texte numérisé non relu

Cf. Leçons de Fsychologie, pp

manque toujours de quelque chose. Or Dieu, étant infini, possède tout, sans limites ; il ne manque de rien.

b) Puisqu’il est une perte ou un gain, le changement suppose des parties : ce qui est perdu ou acquis est comme une partie de l'être qui change. Je suis en santé, je tombe malade, ou encore d’ignorant je deviens savant ; dans les deux cas, la santé perdue, la science acquise, sont autant d'éléments qui me composent. Or en Dieu, il n’y a aucune composition, il est absolument simple.

25. Dieu est éternel. — L’éternité est la possession parfaite d’une vie sans commencement, sans fin et sans changement. Dieu possède parfaitement la vie, bien plus il est la vie même. Et cette vie divine, contrairement à celle des créatures, n’a jamais eu de commencement, ne verre jamais de fin, et reste toujours la même. Étant l'être nécessaire qui a toujours été et sera toujours ; étant l'être immuable Par excellence, absolument parfait, ne pouvant rien acquérir et rien perdre, Dieu ne connaît donc pas de temps où il ne fut pas et où il ne sera plus, il ignore aussi toute succession, tout changement dans son existence. Il est éternel.

26. L'immensité de Dieu. — L'immensité est un attribut en vertu duquel Dieu est Présent en toutes choses, soit actuellement soit virtuellement sans être pour cela limité par elles. L’omniprésence actuelle ou l’ubiquité suppose que les choses existent acluellement, en réalité. L’omniprésence virtuelle ou l’immensité concerne non seulement les êtres réels, mais encore les êtres possibles, lesquels, n’existant Pas actuellement, peuvent exister. Aflirmer que Dieu a l’immensité, c'est dire qu’il a le pouvoir d’être présent dans les êtres qui sont et ne sont pas encore. a) Dieu est partout parce qu’il opère partout.

Rien n’échappe à son contrôle ; c’est lui qui donne à chaque créature sa nature, ses facultés et ses opérations. Or, en Dieu, agiret être sont la même chose, puisqu'il est simple. Donc Dieu, agissant partout, est aussi Présent Partout. Il a l’ubiquité.

b) Comme rien ne peut exister sans lui, Dieu a donc aussi le pouvoir d’être présent partout, là où quelque chose peut exister. Or il Y à une foule d’êtres possibles qui sont susceptibles de recevoir, un jour ou l’autre, l'existence. Dieu a donc le Pouvoir d’être présent dans ces mêmes choses. Ila l’immensité. Au reste, comment supposer que Dieu, infiniment Parfait, ne possède pas l’immensité qui est une perfection ?

c) Ajoutons que Dieu, infini, n’est pas limité par les choses dans lesquelles il est ou peut être présent. Prétendre qu’il est localisé Par les êtres, ce serait lui imposer des limites.

Dieu est présent en toutes choses par sa Puissance, puisque tout lui est soumis ; Par sa science, puisque rien ne lui est caché ; par son essence, puisque la puissance et la science en Dieu s'identifient avec l'essence. Cependant, il n’y a pas de similitude parfaite entre Dieu et les créatures. Celles-ci ont une certaine ressemblance avec leur créateur ; tout ce qu’elles ont, elles l'ont reçu de lui, mais à un degré bien inférieur. Il ne faut pas oublier que Dieu est la cause eficiente, dislincte, extérieure du monde, et non la cause matérielle ou

formelle, c’est-à-dire intrinsèque. Ce serait du panthéisme. Et ce système, identifiant le monde et Dieu, est condamné.

27. Dieu est unique. — L’unicité divine est la négation de tout autre être de même nature que Dieu. Sans égal, Dieu est seul de son espèce. 1!) Etre suprême, in-

fini, absolument parfait, il est nécessairement unique. En effet, parce que suprême, il n’a pas de supérieur ni d'égal. S'il y a un être au-dessus de lui, loin d’être suprême, Dieu est, au contraire, inférieur ; s’il y a un être égal à lui, il perd encore sa suprématie, puisque son égal n’est pas au-dessous. ? Nous pouvons faire le même raisonnement pour l’infinité et l’absolue perfection de Dieu. Il est impossible de concevoir deux êtres infinis et absolument parfaits. Un des deux, parce que infini, absolument parfait, a tout l'être, la plénitude de l'être. Il n’en reste donc plus pour l’autre. Et d’ailleurs, ces deux êtres seront distincts d’une certaine façon. Par conséquent, l’un aura toujours quelque chose de plus que l’autre. En supposant que tous les deux aient les mêmes perfections, alors ce seait le même être se partageant en deux parties. Or cette division répugne à l’absolue simplicité de Dieu. Il faut conclure que Dieu est unique et un. Et Tertullien avait raison de dire que “ si Dieu n’est pas unique, il n’est pas Dieu”. Le polythéisme et le dualisme qui proclament l'existence de plusieurs ou de deux dieux sont donc des erreurs !.

28. L'intelligence divine. — 1) On ne peut nier que Dieu soit intelligent, et souverainement. Il a luimême fait don à l’homme de la puissance intellectuelle qui le met bien au-dessus de la brute et l'en distingue essentiellement. Personne ne donne ce qu’il n’a pas. Étant infini, absolument parfait, Dieu est encore souverainement intelligent,ou mieux, ilest l'intelligence même.

2) Non seulement Dieu est intelligent, il a aussi la science à un degréinfini. Tandis que l’homme, ici-bas, arrive à la connaissance — et souvent imparfaite —

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