‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 211 · LES ŒUVRES DE DIEU · texte numérisé non relu

LES ŒUVRES DE DIEU

SOMMAIRE. — 31. Dieu est le créateur de tout ce qui existe. — 82. Dieu conserve toutes choses. — 33. Le concours divin. — 34, Providence. — 35. Objections à la Providence.

31. Dieu est le créateur de tout ce qui existe, — 1) Tout être, Dieu excepté, est contingent, et partant, a reçu son existence d’un autre. En effet, le propre de l’être contingent est de n'avoir pas en lui la raison de sa propre existence. Cet autre qui est cause de l’être contingent, se donne-t-il lui-même son existence, ou la reçoit-il d’untiers? Et Pour ne pas remonter indéfiniment — ce qui est absurde — ;] faut arriver à un être nécessaire, source de tout ce quiest. Or cet être nécessaire, nous l’appelons Dieu, lequel n’a pu faire le monde autrement que par création, c’est-à-dire de rie, Si Dieu n’a pas fait le monde de rien, il a dû se serv! d’une matière préexistante. Alors il ne serait pas l'être premier, absolument indépendant, puisque, dans son action, il serait soumis à cette matière. — Dira-t-on que le monde est un écoulement de la substance divine? Dans cette hypothèse, Dieu serait le monde, et partant, ni simple, ni immuable, ni parfait, car le monde est composé, muable et imparfait, — Est-il plus sage d'admettre que la matière a été incréée ? Ce serait encore la suppression de l’absolue indépendance de Dieu ; dans ses opérations, en effet, il dé-

pendrait et de la quantité et de la qualité de cette matière.

2) Dieu seul peut créer, parce que lui seul a nine puissance infinie ; car, entre l’existence et le néant, ily a une distance infinie. — La création est aussi un acte libre. La nécessité de créer viendrait ou du

parce

t comme une perfection, un complément que ne Possède pas encore l'agent. Or Dieu possède tout. De plus, la fin est la cause déterminante de l’action, ce Pour quoi l’on agit. Est-il convenable que, pour se mettre en opération, Dieu subisse l’in-

32. Dieu conserve toutes choses. — Non seulement Dieu a créé tous les êtres, mais Par un acte de sa toute-puissance il continue de leur donner l'existence qu’ils peuvent perdre à chaque instant. C’est la conservation. Les créatures dépendent absolument de celui qui les a tirées du néant ; elles sont toujours contingentes, c’est.à-dire, impuissantes à exister par ellesmêmes. Et donc, au second ou au troisième moment de leur durée, elles sont aussi incapables de se donner l'existence qu’au Premier moment. C’est pourquoi, Par une action positive et directe, Dieu leur conserve

l’être dont il les a si bénévolement gratifiées. Dieu ne

1. Pour ce qui concerne l'origine de la vie, Cf. Leçons de Psycho. logie, pp. 14, 15, 16.

se contente pas de conserver négativement les êtres : c'est-à-dire de ne pas les détruire, tout en les laissant persister d'eux-mêmes dans leur existence. Cette conservation a le tort de mettre sur un pied d'égalité la cause première et les causes secondes, lesquelles ne conservent leurs effets que d’une façon négative. La conservation positive est une création continuée. Elle n’est pas un acte distinct de la création. C’est le même acte appelé création par rapport au premier, et cons-rvation Par rapport aux autres instants successifs de la même existence.

83. Le concours divin. — 1) Le concours est l’acte per lequel Dieu intervient dans les actions naturelles des créatures. Par la conservation les créatures persévèrent dans l'existence, par le concours, elles sont aidées dans leurs opérations. Ce concours, dont il est question ici, est distinct de la grâce par laquelle Dieu les assiste dans leur vie surnaturelle. Tout ce que les créatures possèdent vient de Dieu ; elles dépendent en tout, abso- . lument du créateur. Oren supposant qu’elles puissent agir, sans que Dieu intervienne, il faudrait nier leur absolue dépendance. Au reste, l'opération est toujours proportionnée à l'existence. Or, les créatures ont besoin de Dieu à chaque instant pour persévérer dans leur existence. Elles ont donc aussi besoin de lui pour agir.

2) Dieu concourt-il au péché ? Nullement. Dans l'acte mauvais, il faut considérer le côté matériel et le côté moral. Ainsi quelqu’un lève le bras pour tuer son voisin. Dieu qui a créé ce membre concourt à son mouvement — c’est le côté matériel — mais il ne concourt pas à son mouvement en tant qu’ordonné à la

mort du voisin — c'est le côté moral ou le péché, lequel dépend totalement de la cause seconde.

34. La Providence. — La providence est l’action “par laquelle Dieu dirige toutes les créatures et les conduit à des fins dignes de sa sagesse infinie ‘”” 1) Créateur de toutes choses, Dieu a Conçu un plan et un ordre que les êtres créés doivent réaliser et suivre. Considérée en Dieu, la providence est la conception de l’ordre, elle est éternelle ; dans les créatures, elle est l’exécution de cet ordre, elle est temporelle, et on l'appelle gouvernement divin. Étant un être intelligent et tout-puissant, Dieu a dû concevoir un plan qu'il a ensuite exécuté.

2) Il est le grand architecte ;: dans son intelligence divine, ont toujours existé les idées archétypes dont les choses de ce monde sont les réalisations plus ou moins rarfaites. Mais l'intelligence et la science de Dieu, que seraient-elles sans sa toute-puissance ? Il a donc mis aussi à exécution ce plan admirable, autrement dit, il gouverne le monde. Infiniment bon, Dieu pourvoit aux besoins de tout ce qui existe. C’est dire que la

providence divine s'étend à tout, aux grandes comme aux petites choses. — Et d’ailleurs, la providence d’un être est proportionnée à sa causalité. Plus un agent produit, plus grande et intéressée est sa sollicitude. Or Dieu est la cause de tous les êtres, des plus grands comme des plus petits.

3) D'autre part, Dieu, souverain sage, ne peut pas être comparé au père de famille inconstant et paresseux qui abandonne ses enfants à eux-mêmes aprés leur avoir donné la vie.

35. Objections à la Providence. — Les objections contre la providence ont surtout pour thème les maux

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