‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 211 · ONZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

ONZIÈME LEÇON

LA RÉVÉLATION (Suite)

Sommaire. — 58. Double nécessité de la Révélation. — 59. La Révélation est absolument nécessaire pour les vérités et les prése de la religion surnaturelle. — 60. La Révélation est moralement nécessaire pour les vérités et les préceptes de la religion naturelle. — 61. Les signes de la Révélation.

58. Double nécessité de la Révélation. — Comme la Révélation a pour objet deux espèces de vérités et de préceptes, sa nécessité peut s’envisager à un double point de vue. Les enseignements de la religion surnaturelle, pour être connus, exigent une révélation spéciale de Dieu, autrement, il serait impossible à l’homme d’en soupçonner même l’existence. Leur révélation est dite absolument nécessaire.

Quant aux vérités et aux préceptes de ia religion naturelle, ils ne dépassent pas la capacité de la raison, et, rigoureusement parlant, l'homme pourrait arriver à les connaître et à les comprendre sans l’intervention directe de Dieu. Mais comme cette connaissance rencontre beaucoup de difficultés jugées quasi insurmontables par les hommes sensés, on dit que leur révélation est moralement nécessaire. M

59. La Révélation est absolument nécessaire pour les vérités et les préceptes de la religion surnaturelle. — 1) Il est évident que laissée à ses propres forces, la raison humaine ne peut arriver à con-

naître ce qui la surpasse complètement, ce qui est d’un ordre essentiellement distinct, et supérieur au sien propre, comme les mystères, par exemple, car il y & toujours proportion entre la faculté et son objet.

2) De leur côté, les préceptes positifs ou surnaturels, dépendant de la volonté libre de Dieu, échappent aussi aux investigations de la créature raisonnable, laquelle ne peut jamais les connaître, s’ils ne sont pas révélés. La révélation des vérités et des préceptes de la religion Surnaturelle est donc absolument nécessaire.

Il va sans dire que cette révélation absolument nécessaire suppose que l’homme a été élevé à une fin surnaturelle. Cette fin, il ne faut pas l’oublier, est un don Purement gratuit de la munificence divine.

60. La Révélation est moralement nécessaire pour les vérités et les préceptes de la religion naturelle. — I] ne s’agit pas de chaque vérité naturelle ni de chaque homme en Particulier, mais de l’ensemble des vérités, et de tout le genre humain dans les conditions actuelles,

La nécessité morale de la Révélation vient des obstacles nombreux qui eussent empêché l’homme, laissé à lui-même, d’arriver à une connaissance convenable des vérités naturelles, nécessaires au salut. Ces obstacles rendent la raison humaine incapable de posséder la certitude sans crainte d'erreur. Et cette impuissance où nous sommes en face de là vérité est maaifeste chez les individus, chez les Peuples et chez les savants.

A. IMPUISSANCE DE LA RAISON HUMAINE CHEZ LES INDIVIDUS. La faute originelle, tout en laissant l'intelligence de l’homme intacte en elle-même, lui a certainement enlevé beaucoup de cette facilité, de cette souplesse dont elle était dotée au sortir des muins de

son Créateur. Cependant, malgré sa faiblesse native, la raison humaine n’en reste pas moins apte à atteindie le vrai. Mais pour en arriver là, elle est soumise à plusieurs conditions qui sont loin de toujours se réaliser.

Comment, en effet, parvenir à la connaissance de la vérité, — et surtout de la vérité religieuse, — sans un temps relativement long, sans uae bonne santé et un milieu favorablef L'étude n’exige-t-elle pas encore une volonté ferme, une intellige 1ce dépassant la moyenne et un certain état de fortunef Le manque total où même partiel de ces coaditions empêche l’homme d’acquérir d’une façon suffisante la connaissance de toutes ces vérités dont il a besoin pour se sauver. Or, l’expérience quotidienne démontre abondamment que c’est le plus grand nombre qui ne peuvent réaliser ces conditions.

B. IMPUISSANCE DE LA RAISON HUMAINE CHEZ LES PEUPLES. L'histoire témoigne que tous les peuples ont grossièrement erré sur les vérités religieuses du moment qu’ils ont plus ou moins oublié les enseignements de la Révélation primitive, et tant qu’ils n’ont pas reçu celle de Jésus-Christ. Il n’y a pas d’absurdités qu’ils n’aient soutenues et pas d’outrages à la morale dont ils ne se soient rendus coupables. Au dire de Bossuet ;, les peuples païens les plus éclairés de l’antiquité, comme les Chaldéens, les Phéniciens, les Grecs et les Romains, étaient remarquables par leur ignorance et leur superstition en fait de religion. Chez eux, “ tout était Dieu, excepté Dieu lui même, et les vices recevaient un hommage particulier.”

Nous devons dire la même chose des Chivois, des Indiens, des Scythes, des Gaulois, des Germains, des peuples de l’Amérique et de ceux de l'Océanie. ‘ Aus

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