‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 211 · LE MIRACLE · texte numérisé non relu

LE MIRACLE

Sommaire. — 62. Définition du miracle.— 63. Divisions du miracle. 64. Possibilité du miracle. — 65. Objecticns.

62. Définition du miracle. — Le miracie est un fait sensible, extraordinaire, qui déroge à l'ordre de la nature et dont Dieu seul est la cause. Destiné à être un signe spécial de l’intervention divine auprès de ceux qui “ ont des yeux pour voi et des oreilles pour entendre ”, le miracle doit tomber sous les sens, être visible, sensible, soit en lui-même, comme la résurrection de Lazare, soit dans ses effets, comme la science des apôtres.

Il doit être aussi un fait extraordinaire, c’est-à-dire produit d’une feçon toute différente de celle suivie ordinairement, généralement, par les agents, soit naturels, soit surnaturels. Il importe de rappeler que extraordinaïre n’est pas synonyme de rare ; aussi bien, un événement peut être rare, sans être extraordinaire, et partant, ne pas réaliser les conditions du miracle. Et donc, tout extraordinaire qu'il est, le fait miraculeux n’er peut pas être moins fréquent pour cela.

Fait extraordinaire, le miracle, logiquement, déroge à l’ordre établi et communémen: observé par les êtres, sans quoi, il towberait dans la catégorie des événements ordiaaires. “ Mais il ne suffit pas, pour qu'il y ait miracle, d’une simple dérogation à l’ordre de telle nature particulière ; autrement, quelqu’un qui lancerait une pierre

en l'air ferait un mirecle, puisque ce fait se produit en dehors de l'ordre propse à la nature de la pierre. Il faut donc, pour qu'il y ait miracle, que l’effet se réalise en dehors de toute la matière créée. Mais cela, Dieu seul peut le faire, car tout ce que produit l'ange ou n'importe quelle autre créature par sa propre vertu, se réalise suivant l’ordre de la nature créée ; ce n'est donc pas un miracle. Il s'ensuit que Dieu seul peut faire des miracles 1,” .

En résumé, “ le miracle est un effet perceptible aux sens et que Dieu seul peut produire — rar une exception aux lois qui constituent l'ordre de l’univers — soit comme cause unique, soit comme cause principale ?.”

Il faut distinguer dans l’univers deux ordres différents : l’ordre particulier et ‘ordre universel. L'ordre Particulier est la relation, ia loi entre une cause parti-

- culiére et son effet, ou encore, la loi entre toutes les causes secondes et un effet qui dépasse leur propre efficience. L'ordre universel est la relation existant entre une cause particulière ou toutes les causes particulières prises ensemble et Dieu qui les a créées, les conserve et les gouverne ?,

Il est clair que le miracle n’est pas une dérogation à l’ordre uuiversel, car, autrement, Dieu agirait contre sa science, sa volonté et sa gloire. En effet l’ordre universel, s’il était modifié, quelque chost se produirait en dehors de la science et de la volonté de Dieu qui ordonne tout à la manifestation de £-° divins attributs. Or il répugne que quoi que ce soit arrive sans être connu de

Page 1