‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 43 sur 211 · Possibilité du rairacle. — Le miracle est pos · texte numérisé non relu

Possibilité du rairacle. — Le miracle est pos

sible du côté de Dieu qui en est l'auteur ; du côté de l'homme pour le bien duquel il est ordinairement opéré ; du côté des lois de la nature dont il est une dérogation.

A. PossIBILITÉ DU MIRACLE DU coré pe Dieu. 1) L'univers actuel n'est pas la mesure de la science et de la puissance dirines. En effet Dieu connaît auire chose que ce qu'il a fait : s'il en était autrement, st science serait inférieure à la nôtre qui dépasse le réel pour embrasser le vaste domaine du possible. Non seulement il connaît un ordre différent de celui qui existe, mais il peut aussi le réaliser. Et donc l'ordre du monde, — particulier et fini, — n'ayant pas épuisé la plénitude infinie de la science et de la puissance divines, le maître Créateur reste toujours libre de le changer ou d’y déroger. “ La même volonté toute-puissante qui a créé et qui conserve les forces de la nature, qui agit en elles, avec elles et par elles, peut aussi, sans elles et sans le concours des causes moyennes naturelles, produire des effets, élever ou modifier leur efficacité naturelle 1.”

2) Outre la science et la toute-puissance de Dieu, le miracle manifeste encore sa sagesse et sa providence. En effet, de toute éternité. dans le plan divin, les miracles, comme les faits ordinaires, devaient serv'r : Dieu de moyens d'exécuter ses desseins en vue du s&iut éternel de l'humanité. Il est certainement possible à Dieu de réaliser ce qu'il 2 conçu de toute éternité.

B. PossiBILITÉ DU MIRACLE DU CÔTÉ DE L'HOMME. 1) L'homme est naturellemert porté à croire au miracle. Cette inclination doit avoir un objet réel, correspondant, sans cela, il faudrait admettre que la nature, partant Dieu, nous à trompés, puisqu'il aurait mis en nous ur: tendance sans ferme, inutile. Si donc le miracle

"1. HerriNur, Apologétique, PP. 308, 307.

est conforme à la nature humaine, il n'y a pas d'impossibilité de ce côté.

2) Cette inclination, CuraC‘éristique de la créature raisonnable, à croire aux miracles, * L'histoire en porte le témoignage de tous côtés. On arrive sans dc :te à comprimer cette tendance, à.se persuader qu'on l'a détruite en son cœur : mais, outre que ces efforts prouvent la réalité de ce qu'on veut détruire, il en reste toujours des racines rebelles à toutes les indu tries de la libre pensée. Les plus incrédules, après avoir rejeté la foi au surnaturel, gardent toujours un coin de leur esprit ouvert à ce qui en est la hide 14e contrefaçon ; les hommes les moins croyants son. d'ordinaire les plus Superstitieux, Convenons donc qe nous sommes par nature portés au mir:cle 1.”

C. PossigitiTé pu MIRACLE DU CÔTÉ DES LOIS DE LA NATURE. Les lois de la nature ou du momc physique sont contingentes : Dieu était libre de le: réer ou de ne les créer pas. Au reste, comme nous le verrons plus loin, ces lois qui sont les relations des causes particulières à leurs effets Propi®s, ne constituent pas l'essence de ces mêmes causes, laquelle essence est immuable. Mais du moment qu'elles existent, ces lois, il est vrai de dire qu'elles sont nécessairement ce qu’elles sont : cette nécessité, toutefois, est conditionnelle et non absolue. Et donc, Dieu qui pouvait créer un ordre différent de celui qui existe, peut aussi modifier cet ordre, y déroger, après l'avoir établi. C'est dans cette modification, dans cette dérogation que consiste le miracle.

65. Objections. — I. Le miracle, étant une dérogation aux lois de la nature, contredit la science. Celleci en effet affirme la firité de ces mêmes lois.

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