VÉRACITÉ DES ÉVANGILES
SomMaIRE. — 87. Preuves de la véracité des Evangiles. — 88. Objections.
87. Preuves de la véracité des Evangiles. — La véracité d’un livre ressortit plutôt à son auteur. Et donc nous disons que les Évangiles sont véridiques, parce que leurs auteurs sont dignes de foi, des témoins sûrs et compétents. Les évangélistes, en effet, ont tout ce qu’il faut pour être crus, c’est-à-dire la science et la sincérité.
A. LES ÉVANGÉLISTES CONNAISSENT LES FAITS RAP- PORTÉS DANS LEURS ÉCRITS. 1) Zln’y a pas d’historiens mieux en état de se renseigner que les quatre évangélistes. Trois ans durant, saint Matthieu et saint Jean furent les compagnons assidus de la prédication de Jésus et les témoins oculaires de ses miracles. Aussi le disciple bienaimé déclare-t-il ne vouloir écrire que ce qu’il a vu et couché de ses mains (I Ép., 1, 1). Saint Luc et saint Marc vivaient en Judée au temps de Jésus-Christ. Saint Luc, compagnon de saint Paul, écrit après s’être rigoureusement enquis “ auprès de ceux qui ont vu ” (Luc, 1, 1-15). De son côté, saint Marc puivait aussi se très bien renseigner puisqu'il était le secrétaire de saint Pierre.
2) Il était très facile aux évangélistes l’acquérir la connaissance des faits. ‘ De quoi s’agit-ilen effet? D'une
vie extraordinaire qui a remué toute la terre ; — d'une mission prodigieuse, affrmée hautement en face des autorités judiciaires, devant Hérode, devant Pilate : — d’un enseignement précis, original, que tous connaissent que la mauvaise foi essaie de dénaturer en l'opposant à la Loi ; — d’une série de faits miraculeux, notoires, retentissants (multiplication des pains, marche sur les eaux, guérison de l’aveugle-né, changement d’eau en vin, délivrance des possédés) ; faits nombreux dont la renommée s'étend ; on en désire voir de pareils à Nazareth, on en parle à la cour d’Hérode pour exciter les désirs du tétrarque ; Jérusalem en est pleine, surtout de la résurrection de Lazare. Nier, c'est impossible, Lazare est vivant, il faut songer à s'en débarrasser, —— De quoi ‘agit-il enfin ? d'un vaste mouvement, qui, après la Résurrection gagne de proche en proche, et très vite, bientôt avec l'appui inattendu de Paul, un converti 1.”
Les historiens profanes eux-mêmes n’ont pu se désintéresser de ce ‘‘“vaste mouvement”. Tacite (Ann. liv. 15, n. 44), Flavius-Josèphe (Ant. Jud. c. 3, n. 3) et Plinele-Jeune (x, 97) en font tour à tour mention. Et les apôtres mêlés à tous ces faits notoires, pouvaient très facilement en acquérir une connaissance exacte.
B. Les Évancéuisres oNr £ré SINCÈRES. 1) /ls n'avaient aucun intérêt à mentir. On ne ment pas simplement pour mentir, mais toujours dans un but intéressé, Et quel intérêt avaient doncles évangélistesen essayant de tromper? Aucun. En effet la vie de Jésus, racontée dans les Évangiles, était “ folie pour les Gentils, scandale pour les Juifs ” (I Cor., 1,23). Et on n’essaye pas d'inventer de toute pièce, une vie et une doctrine dont