Roupain, ouv. cit., p
l’étrangeté et le merveilleux ne doivent attirer à leurs prédicateurs que colère et représailles.
2) La condition des évangélistes est une garantie de leur sincérité. Hommes du peuple, simples, ignorants, les évangélistes ne pouvaient imaginer ni écrire une doctrine si élevée, si belle, si pure, qui devait opérer la conversion du monde. Dans ce cas, “ l'inventeur en serait plus étonnant que le héros ””, (J.-J. Rousseau). Certes cela ne veut pas dire qu’il ne se puisse jamais rencontrer certains exemples de falsifications audacieuses et couronnées de succès. Il y en a déjà eu. ‘ Mais il existe entre l’œuvre des évangélistes et l’entreprise, puérile et grotesque, des plagiaires et des mystificateurs, une différence capitale : c’est que les conséquences pratiques les plus graves résultaient de l’audacieuse initiative des écrivains sacrés pour le monde et pour les siècles. Ilest impossible d’assimiler au méfait habilement concerté d’un coquin le récit simple d’une vie, l’exposition claire d’une doctrine dans lesquelles le monde entier cherchera l’aliment de ses plus généreuses aspirations et le pain quotidien des grandes vertus ; un récit dans lequel la doctrine et l’œuvre, l’enseignement et la vie sont intimement fondus, l’une et l’autre se confirmant toujours et se prêtant un mutuel appui, la doctrine engendrant l’action et l’action se réglant sur la doctrine dans une parfaite et sublime unité *.”
3) Les témoins qui meurent pour affirmer des faits doivent être crus. Entre la sauvegarde de leurs intérêts les plus chers, voire de leur vie, et le maintien de leur témoignage, ils n’ont pas hésité. Ils ont sacrifié leur vie pour prouver leur sincérité. Ils ont réalisé la “ perfection du