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Dix Leçons sur le Martyre, p

oeuvre par les apologistes chértiens, il n’en est pas sans doute de plus classiques que l'argument du martyre. Il est, d’une part, si facile à établir, et, d’autre part, la voix du sang a par elle-même une efficacité si persuasive qu’il semble qu'on puisse difficilement trouver en faveur du christianisme de témoignage à la fois plus simple et plus fort!.»

Mais il importe de montrer sous son vrai jour la valeur apologétique de cet argument. Aussi bien dironsnous que les martyrs Prouvent la divinité de la religion RON pas parce qu'ils ont subi la mort : il y a des gens qui affrontent le der - supplice pour soutenir l'erreur et Pour propager le crir >. Non, les martyrs démontrent la divitité du christianisme parce qu’ils ont subi la mort dans telles circonstances Caractéristiques, lesquelles les mettent dans uns silugtion à part, en font des témoins

hers pair.

116. Circonstances du martyre chrétien.— Ces circonstances sont : 1) Le nombre considérable des martyrs ; 2) la durée exccplionnelle des persécutions : 3) , lé de la persécution 5 4) la condition des Mariyrs ; 5) la anière dont les martyrs ont souffert.

1) Le nombre considérable des martyrs. Les martyrs constituent véritablement cette « nuée imposante de témoins » dont parle Saint Paul dans son épitre aux Hébreux (x1r, 1). D'après les documents les plus authentiques, leur non bre s'élève à plus de dix millions.

L. J. Rivière, Autour de la question du martyre, Revue Pratique d’Apologétique, 15 août 1907.

2. Cf. Gasron Boissier, La Jin du paguaisine, T. I. pp. 407-448. PauL ALLARD, Les -ersécutions et la critique moderne ; GasTon Son. ais, La valeur apologétique du martyre.

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2) La durée exceptionnelle de la persécution : près de PTE ir Tong espace de temps, « on peut dire qu’en somme la persécution n’a jamais cessé dans la vaste étendue de l'empire ; elle ne s’éteignait ici que pour se ranimer un peu plusloin'.» Les dix persécutions marquées dans cette continuité d'épreuves, indiquent « les périodes où la violence r:coublait d'intensité : points plus noirs qui se Jétochent sur un fond de teinte déjà sombre’».

3) L'universalité de la persécution. La persécution s'étendait à tout l'empire romain, c’est-à-dire à «tout le monde connu » des anciens.” Elle sema le sang et la mort sous tous les climats et parmi toutes les races.

4) Le condition des martyrs. On rencontre parmi eux des patriciens- comme flavius Clemens, des plébéiens comme Théodote, des esclaves comme Blandine, des philosophes comme Justin, des soldats comme Sébastien, des vierges comme Cécile, des repenties comme Afra, des enfants comme Agnès.

5) La manière dont les mar!yrs ont souffert. Ils ont souffert volgntairement, courageusement et joyeusement. Condamnés aux supplices les plus affreux, ils couraient à la mort d'eux-mêmes, avec une remarquable spontanéité. Malgré les ptomesses les plus alléchantes, ils préféraient volontiers les tourments,et renonçaient joyeusement à tout ce Qui pouvait leur rendre plus cher l’emour de la vie, si naturel au coeur de l’homme. Le calme, la sérénité, avec lesquels non seulement des hommes dans la force de l’Âge, mais aussi des vieillards, des femmes, des enfants enduraient les plus horribles peipes, sont une preuve incontestable du courage des mar-

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