‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 128 sur 275 · LES BIENFAITS DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LES BIENFAITS DU CHRISTIANISME

SOMMAIRE. — 123, Les trois transformations opérées par le christianisme,— 124. État de l'individu avant Jésus-Christ.— 125.

‘tat de la famille avant Jésus-Christ. — 126. État de la société avant Jésus-Christ.

123. Les trois transformations opérées par le christianisme. — Le christianisme a exercé son influence bienfaisante sur l'individu, la famille et la s0télé. La transformation opérée par la doctrine chrétienne n’4 pas été superficielle mais bien radicale et dura'ie. Certes nous ne voulons pas dire que le changement amené dans le monde par le christianisme a été universel : il y a eu, et il Y aura toujours des cœurs rebelles à ses enseignements. Aussi parmi ceux qui professent la religion de Jésus-Christ, un trop grand nombre ne mettent pas leur conduite en harmonie avec leurs Croyances. Cependant, cette résistance des uns et cette

lâcheté des autres ne Sont pas un argument contre l’influence moralisatrice du christianisme, elles la démontrent, au contraire, quoique indirectement, puisque c’est pour ne vouloir pas la subir que l’on reste plongé dans le mal.

Pour bien apprécier les bienfaits du christianisme dans le monde, il faut Connaître l’état de l'individu, de la famille, de la société, avant et après Jésus-Christ.

124. État de lindividu avant Jésus-Christ.— On peut difficilement se faire une idée du sort de

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l'individu avant la venue de Jésus-Christ. Au point de vue intellectuel, moral et physique son état était des plus lamentables.

A. AU POINT DE VUE INTELLECTUEL. Il gisait dans l'ignorance et l'erreur, Les vérités les plus essentielles, comme celles de n oris'ine et de notre fin, il n'en avait pas le moindre : on. Certes les arts et les sciences n’étaient pas éangers à Rome et à Athènes, mais ils n'étaient le parthge que d’un petit nombre de citoyens ; et à côté de quelques vérités, combien d'erreurs monstrueuses les philosophes du temps enseignaient et propagaient.

B. AU POINT DE VUE MORAL. C'était la dégradation la plus complète. Tous les vices étaient divinisés. Le Grec et le Romain adoraient un Jupiter incestueux, un Mars dissolu, une Vénus impudique. La divinité du Persan était le soleil et les astres ; celle de lÉgyptien, le bœuf Apis. Le Germain, le Gaulois comme l’Indien rendaient un culte superstitieux aux idoles. Les principales fêtes en l'honneur des dieux, telles que les Saturnales, les Bacchanales, les Lupercales, n'étaient que des excès de déhauches. Les plus honteuses turpitudes se dissimulaient à peine dans les temples d’Adonis de Priape, de Junon, de Cybèle et des autres divinités païennes. Cette dépravation de l'individu explique bien l’insensibilité'du cœur, le mépris de l'humanité, la haine des pauvres, l horreur des malheureux, le goût du sang, du meurtre, des infamies de toutes sortes, enfin toutes ces mogstruos sités qui étaient l’apanage de l'antiquité païenne. Her

La vivante peinture que saint Paul fait des Romains s’applique aussi très bien aux individus des autres nations. Vousêtes sans affection, écrit-il aux habitants de

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Rome, sans fidèlité, sans commisération, sine affectione. absque fœdere, sine misericordia ; remplis de toutes sortes d’injustice, de méchanceté, de fornication, d'avarice ; pleins d’envie, de meurtre et d’iniquité ; repletos omnt iniquitate, malitia, fornicatione, avaritia, iniquitia, plenos individia, homicidio, iniquitate, : haïssants et haïssables, odibiles, odientes inricem (Row. 1, 29, 31 : Tir, nt, 3).

C. AU POINT DE vuE PHYSIQUE. L’individu était quantité négligeable : toute son éducation physique

devait t au métier des armes. En dehors de cela, aucun respect pour le corps : les coups,-les blessures, Jes

. : ren EE à a à ue étaient permises, pratiquées publi uement,

sous l'œil paterne des législateurs. Au dire de César, les Gaulois se vendaient pour payer leur dette : d'après Tacite, les Germains en faisaient autant, Le suicide était en honneur : des écrivains comme Cicéron, des Écrans Sénèque ne craignaient pas d’en faire l’apolcgie. Platon et Aristote, il est vrai, l’ont condafñné, et cela, non pas à cause de sa malice intrinsèque, absolue, mais parce qu'il porte atteinte aux droits de la société!,

125. État de la famille avant Jésus-Christ, — Le pire est une espèce de patentat dont la puissance est quasi illimitée. Sa femme et ses enfants sont sa chose dont il peut disposer à son gré. Aussi la poly-

es — gamie et le divorce sont-ils les deux principales plaies de Ja aille dans l’antiquité païenne.

La fe 7 oble compagne de l'homme, mais son esclave : propriété de son mari, elle pouvait être vendue, prêtée, abandonnée. Elle n'avait aucun droit.

LUKE VALVERKENS, ouv. cit, p. 426.

LA REIIGION 201

L'enfant était à la merci du chef de la famille. Les lois romaines, comme celle des autres nations autorisaient le meurtre du nouveau-né : (Tuer un enfant dit Quintillien, est souvent un crime, mi: tuer ses propres enfants est souvent une belle ac ôn ». À sa raissance, l'enfant était déposé aux pied: d‘ son pèr<. Si celui-ci le prenait dans ses bras, l’en;:n+ devait vivre, sinon, on devait le tuer ou s’en débarasser par un moyen quelconque. A ce propos, le grave Sénèque ne craint point d'écrire que (rien n'est plus raisonnable que d’écarter de la maison des choses inutiles. » L’exposition des enfants, dans certains cas obligatoire, liminolation, la vente, et encore bien d’autres abominations, tout cela était permis dans le monde pæïen où, cependant, l’on se croyait être arrivé au plus haut degré de culture et de civilisation.

126. État de la société avant Jésus-Christ,— Nous pouvons partager la scciété païenne en deux camps : les çcploiteurs et les erploités : ceux-ci beaucoup plus nombreux que ceux-à. Es un ns et les autres étaient fatalement voués au Dieu-F Êt:- ct : i pouvait leur demsnder à toute heure le sacrifice €: ! ar fortune,de leur famille, de leur liherté, voire del rie. —

(L'État considérait le corps et l’âme de chaque citoyen comme lui appartenant ; aussi voulait-il façonner ce corps et cette âme de manière à en tirer le meiller parti... La vie de l’homme n'était garantie par rien, dès qu’il s'agissait de T'intérèt de Ja cité... On pensait que le droit, la justice, la justice, la morale, tout devan céder davant l'intérêt de la patrie... Le Gouvernement s’appela tour à tour monarchie, aristocratie, démocratie, mais aucune de ces révolutions donna aux

hommes la vraie liberté, la liberté individuelle! » {Tout droit des Romains résidait en César ; César était la loi vivante et la véritable divinité de la cité. »

Les exploiteurs étaient les nobles, les Patriciens, possesseufs d'immenses propriétés, ayant à leur serx ice des milliers d'individus auvres parias, appelés esclaves, exclus de tous les droits, et destinés à servir de pâture aux passions brutales et sanguinaires des classes élevées.

L’esclave était un animal de travail que Lan achetait suLant sa force et son 4 e, de 90 à 100 piastres l’homme, de 30 à 40 piastres la femme. Entre Leselave et un bœuf ou un cheval, l’assimilation est complète. Une loi rôrrine, HR loi Aquilia, condamne à une même ré- Paration celui qui a tué un esclave ou une bête de somme, (un esclave ou quelque autre animal ». Et, lorsqu’après avoir abusé de ses forces, on sentait que l’esclave allait perdre de sa valeur, alors on le vendait. Le sage Caton le recommande en ces termes : Vendez les vieux bœufs,les veaux et les agneaux sevrés, la laine, les peux, les vieilles voitures, les vieilles ferrailles, le vicil cela ve, l’esclave malade. »

L'esc'ave r'est pas un omme, il n’a pas même le signe de la personnalite humaine : le nom. ne porte pas le nom de son père, qu’il ne connaÏt presque jamais, mais un surnom dont au sonne due tantôt un nom de pays : le « Madédonien, le Cyrien », tantôt un nom mythologique : € Eros, Diomède », tantôt sim plement un nom d’animal : « ours, renard »,

Tout citoyen riche possédait des esclaves tisseurs, des esclaves teinturiers, des esclaves tailleurs, des es-

1. PÉRIN. Les lois de la cité chrétienne. t. II. = 2. Fustel de Coulanges, Cité antique, LivIIT, ch. x1x.

claves cordonniers, des esclaves cultivateurs, des esclaves boulangers, etc... il n’avai donc besoin de rien acheter. Non seulement il n’achetait rien, mais comme sës nombreux esclaves produisaient au delà des besoins de s? ‘amille, il vendait | is. Non seulement il n’achetait rien et vendait ses produits, mais il Louait les services de ses esclaves à ceux qui en avaient momentanément besoin.

Avec un pareil état de choses, les prolétaires, au nombre de 300,000 à 400,000 à Rome, ces citoyens non esclaves qui n’avaient que leurs bras pour gagner le pain de chaque jour, étaient inévitablement condamnés à l'oisiveté. C'est l’État qui les nourrissait gratuitement et, pour les distraire, il leur donnait en spectacle les jeux du cirque et les combats des gladiateurs ; il leur fournissait du pain et des amusements, ( panem et circenses ».

Le travail libre n'existait donc pas ou presque pas danS l'antiquité, et le travail libre “eulèment mamuel, mais encore le travail intelle. arce qu'il y avait l’esclave pédasogue, l'esclave 1 ‘acein, etc., qui prenait la place di professeur et du médecin tels que nous les concevons aujourd'hui. Et comme l’esclave seul travaillait, le travail était tombé dans le plus profogd mépris. LE

a . parfaite, avait écrit Aristote, n’admettra jamais l'artisan parmi les citoyens. » Et Cicéron de reprendre cette thèse : « Jamais rien de noble ne pourra sortir d’une boutique ou d’un atelier. . Le travail des artisans est ignoble. Rien de libre ne peut tenir la boutique. » « Nous admirons une belle tunique de pourpre, écrit Plutarque, mais nous considérons le teinturier comme un vil artisan, »

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