LES PROPRIÉTÉS DE L'ÉGLISE
SOMMAIRE.— 147. L'Église fondée par Jésus-Christ est une véritable société — 148. Une objection.— 149. l'Église fondée par Jésus-Christ est une société parfaite, — 150. L'Église fondée par Jésus-Christ est une société spirituelle— 151 Une ubjection.— 152. L'Église fondée par Jesus-Christ est une société nécessaire.— 153. L'Église fondée par Jesus-Christ est une société visible.
147. L'Église fondée par Jésus-Christ est une véritable société. — L'Église fondée par Jésus-Christ réalise à merveille les quatres conditions nécessaires à tout groupement pour mériter le non de société véritable :
* 6° 1) Pluralitédemembres. Les fidèles sont nombreux, "voire très nombreux. De plus tous les hommes sont
appelés à faire partie de l'Église de Jésus-Christ (MarTa., xx vint, 18).
2) Unité de Ê : la sanctification des âmes, et par là le salut éternel. Jésus est venu pour sauver le monde
(MarTH., XVI, 11; JEAN, vi, 40), et les apôtres ont reçu l’ordre de continuer sa mission (JEAN, xx, 21). Au reste, l’histoire prouve que l’Église ne s'est jamais attribué d’autre fin que le salut éternel de ses membres. Si, dans le cours des âges, elle s’est parfois interressée à leur bonheur temporel, ce n’était qu’indirectement, toujours en vue de leur salut éternel.
3) Unité d'autorité. Cette autorité est celle du pape, vicaire de Jésus-Christ sur cette terre, chef visible de
CR meta
Frs
FRS 2e pee Vtt ag
[Hs Mbigul
SR Gers
Jist
l'Église. Nous verrons plus loin (191) que Jésus- Christ a conféré à Pierre seul à l'exclusion des autres apôtres, la primauté de pouvoir qui se transmet à ses successeurs, c’est-à-dire aux papes.
4) Unité de moyens.Ces moyens sont pour les chefs : la prédication (MATTH., xx VLL, 19), l'administration des sacrements (JEAN, xx, 23 ; Luc, xx11, 19), l’autorité, qui comporte un triple pouvoir : celui d'enseigner (MaTrH., xx vin, 18-20 ; Marc, xv1, 16 ; Luc, x, 16); celui d’administrer les sccrements (MATTH., XXVIII ; Luc, xx11, 19 ; JEAN, xx, 22-23) ; celui de faire des lois (MATTH., XX VIN, 18: £vm, 15-17) ; Pour les sujets : la foi (Marc, x vi, 16), la réception des sacrements, Je baptême (JEAN, II, 3), la communion (JEAN, vi, 54), la Pénitence, l'obéissance aux chefs de l’Église (MaTrH., x vin, 17), l'observation es commandements (MATTH.. x1x. IT} Ps 148. Une objection.— Au dire de certains rationa- » Jésus n’est pas le fondateur de cette société apelée Église. Son intention n’a pas été de grouper ses disciples sous une seule autorité en vue d'obtenir une fin unique par des moyens communs. Le Sauveur s’est borné à prêcher l'Évangile, et, selon eux, l'institution de l’Église n’est que le résultat d'une entente conclue après un siècle et demi de discussions, entre les partisans de saint Pierre (Judaïsants ou pétrinistes) et ceux de saint Paul (universalistes ou paulinistes).
RÉPONSE. — 1) Les Évangiles rapportent que Jésus a choisi ses apôtres en les séparant du reste de ses disciples (Luc, 1v, 13), qu'il leur a déclaré personnellement que c’est lui-même qui les a choisis (JEAN, xv, 16). En vertu de son PouVoir souverain, c’est lui qui les a
envoyés prêcher aux nations, c’ést lui qui a promis
et conféré à saint Pierre la primautésur tous les autres apôtres (MarrH., xvi, 18-19; JEAN, Xx1, 16-17) ; c’est lui encore qui impose à tous les membres de l’É- l glise les moyens de sanctification. Qu'est-ce que cela; | sinon fonder une société? Jésus a donc donné à l’Église la forme sociale, il a vraiement réuni ses disciples. , l 2) Les différentes paraboles employées par le Sau- > veur montrent bien le caractère social ,collectif du k «royaume de Dieu » qu’il est venu lui-même étsblir. Ce « royaume », c’est le champ du père de famille où poussent à la fois l’ivraie et le bon grain (MATTH., x1n1, 24-30, 36-43), le-filet dy pêcheur, où se confondent les bons et les mauvais poissons (Marru., xin1, 47-50), le rtège nuptial où marchent côte à côte les vierges sages et les vierges folles. Pr PA - 3) D’après les épîtres de saint Paul Fer Ps dl haut (143), nous avons démontré qu’au milieu du pre- 4 2EX | mier siècle existait une véritable société religieuse, visible, fondée par Jésus-Christ, bien avant les discussions des pétrinistes et des paulinistes. Au reste, ces prétenduües divisions entre säint Piérre et saint Paul et leurs disciples, « elles n'existent que dans l’imagination des docteurs de Tubinge ; les Épîtres apostoliques n’en portent pas la moindre trace, et les remaniements
des Saint Livres inventés par Baur pour étayer son système, ne sont justifiées par aucun document, mais
contredits par la tradition tout entière!. » , À — uen
4) Sans doute l’Église, « telle que nous la connäissons avec son Pape et ses évêques », n’a pas fonctionné tant que le Sauveur vivait au millieu de ses disciples ; lui-même était alors le chef nécessaire et unique. En ce sens on peut dire que l’Église n’est pas formellement a ,