‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 151 sur 275 · CHaPMaN, L'âme anglicane, p · texte numérisé non relu

CHaPMaN, L'âme anglicane, p

Au reste, cette confession et ces articles ne sont que de simples formulaires de foi qui ne pèsent pas beaucoup au yeux des uns et des autres

87 En 1850 un pasteur anglicar, Gorham, niait publiquement la vertu du baptême. L'évêque d'Exeter, l'archevêque de Cantorbéry, le condamnèrent ; mais le tribunal de la Reine cassa le jugement, et maintint Gorham en fonctions. Où est donc l'unité de gouvernement dans l’Église anglicane? L'autorité royale qui est celle de l’Anglicanisme juge d'une façon et les évêques de l’autre.

Il y a une tendance de plus en plus prononcée chez les ritualistes à s'unir à Rome. Dans une réunion de ritualistcs, Lord Halifax s’exprimait en ces termes : « Ne craignons pas de le dire franchement, l’union avec Rome est possible, elle est désirable... Déclarons-le sans détour, nous désirons la paix avec Rome de tout notre cœur.)

Au congrès de Yarmouth, en 1907, quelques personnages en vue de l’Église ritualiste ont parlé à peu près

" Ale la même façon!.

rs NP Le Protestantisme n°a pas l’apos tolicité.—| A Cest wi fait incontestable que le Protestantisme date du XVIe siècle. Il ne remonte pas par une succession‘ ininterrompue jusqu'aux apôtres. En d’autres termes, il n’a pas l’apostolicité d’origine. XA ° < 2° ‘’hypothèse d’une Église invisible avant Luther est .urde. Peut-on raisonnablement supposer que Jésus-Christ, venu pour sauver les hommes, des êtres composés d’un corpset d’une âme, chez qui toute connaissance a pour principe les facultés sensibles, ait tenu

1. Cf. Revue du clergé francais, 15 von, 1907. Racev, Le Ritualisme ,p. 40.

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caché, seize cents ans durant, le seul moyen d’arriver au ciel, c'est-à-dire. glise 77 Din e

3) Les variations dans les croyances preiestantes nous font voir encore clairement que leur doctrine ne vient pas directement des apîtres. Ils n’ont donc pas non plus l’apostolicité dans la foi.

4) Rourquoi les réformateurs n'ont-ils pas prouvé par des miracles qu'its avaient reçu mission directe de Dieu? C'est ce qu a ait Jésus-Christ. Nous sommes donc en droit de dire &’eux ce que saint Cyprien affirmait autrefois de l’hérétique Novatien : «Ce Novatien qui dogmatise, n’est ni membre de l’Église, ni évéque, parce que, méprisant la tradition évangélique et apostolique, il ne succède à personne et est né de lui-

LL ) même.)

( : 163. Le Protestantisme n’a pas la catholicité.— 3 L sr mous 7

/ 1) La catholicité suppose l'unité : elle est la diffusion de l’Église, une, toujours la même. Or le Protestantisme n’a pas l'unité (161).

à A proprement parler il n°y a pas d Église protes- | tante, mais des églises protestantes. Ainsi il y a r Elise | de Suède, de Norvège, de Danemark, etc.

G@) La communion anglicane elle-même est circonscrite aux régions, d’ailleurs très vastes, de domination,

2 de Jng* ou d'influence britanvique.

4) Remontant au XVIe siècle, le Protestantisme n’a as l’universalité dans la durée ; et fractionné en une oule de groupes qui s’émiettent, il n’a pas davantage ’universalité dans l'espace (152). Les Églises protes-

tantes sont purement naliongles.

5) En fait, très peu nombreux en France, en Turquie,

en Grèce, en Russie, les protestants ne comptent pour h ! 4 ainsi dire point gb Italie, en Espagne et en Autriche.

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Et, à part les États-Unis, et les Indes anglaises, nous ne les trouvons guère en dehors de l'Europe.

# 6) Au témoignage des protestants eux-mêmes, leur

religion n’a pas la catholicité. Il manque à ses prédicants l'esprit d’apostolat et d’évangélisalion. (Je le déclare, quoique à regret, disait l’évêque anglican de Salisbury, dans un rapport officiel, nos missionnaires n’ont aucun succès.» Car, au dire d'Alexandre Dumas, Cils n’officient sur l’autel du vrai Dieu que pour officier simultanément sur l’autel du veau d’or ».

| rage Le Protestantisme n’a pas la 4" @me rencontre pas dans le Protestantisme cette pratique continue des vertue supérieures par un grand nombre, des vertus héroïques par quelques-uns, liquelle ne peut être l’effet des doctrines professées par cette Église, et nous oblige à reconnaître l'intervention spéciale de Dieu. En d’autres termes, le Protestantisme n’a pas Tes moyens de produire la sainteté, et de fait, cette /ranscendance morale n'existe pas en son sein.

i 1) Le Protestantisme détourne les fidèles de la pra- | tique des vertus supérieures et des vertus héroïques dans la mesure où ceux-ci acceptent ou retiennent l’une | de ses doctrines capitales : la justification par la foi sans | les muvres. «Certes, si on l’entend correctement, la doc-

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trine protestante de La foi sans les œuvres ne supprime nullement la loi morale ni tout devoir chrétien. On ne | doit pas prendre au pied de la lettre le paradoxe fameux :

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Pecca fortiter, crede fortius (pèche fortement, mais crois plus fortement encore). Mais, indabitablement, la doctrine de /a foi sans les œuvres déclare inutiles, sinon même nuisibles, toutes les œuvres surérogatoires, toutes les pratiques de sacrifice et de renoncement inspirées par les conseils de l’Évangile. C’est au nom même du

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principe de la foi sans les œuvres que les instituts religieux d'hommes et de femmes disparurent partout où triompha le protestantisme, ei, du même coup, tombèrent en désuétude et en discrédit les plus hautes vertus chrétiennes. De nos jours, lorsque certains protestants reprennent quelque chose des œuvres surérogatoires, notamment la profession des conseils évangéliques par la « vie religieuse », ils le font malgré les principes, malgré les coutumes, malgré les réclamations de leur propre Église, ils le font par adoption manifeste des principes et par imitation avouée des exemples de l’Église catholique romaine!.»

2) Les Églises protestantes ne possèdent pas non

plus leur couronne de saints qui aient constamment re-

présenté parmi les « réformés » la vertu héroïque, ni leurs légions d’hommes et de femmes qui se soient voués de tout pe me vertus Te plus Has et les plus austères de l'Évangile. © La grande majorité de ceux qui se sont attachés à la réforme, dit un écrivain protestant, ne s’est proposé que ue se soustraire à la tyrannie du Pape et des évêques, de secouer le joug de la pénitence, pour s’abandonner librement à l’entrafuement de leurs passions charnelles.» (Non, disait Leibnitz, toutes les larmes des hommes ne suffraient pas pour pleurer le schisme du XVIe siècle.» La révolte de la raisor, contre la Révélation chrétienne, l'émancipation de toutes les passions, voilà ce à quoi a abouti le Protestantisme. Pour s’en convaincre, il suffit de constater le bon accueil que lui font le rationalisme et la libre-pensée. Assurément, on ne peut pas le nier, il y a chez quel-

ques protestants = t permanent sinon de vertu héroïque, du moins de vertu supérieure. Il y a aussi

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