‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 153 sur 275 · TRENTE-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-HUITIÈME LEÇON

ISE GRECQUE N’A PAS LES NOTES DE | LA VÉRITABLE ÉGLISE | SOMMAIRE.— 165. Origine de l'Église grecque: ses principales formes.— 166, l'Église grecque n'a pas l'unité.— 167. L'Église :.ecque n'a pas l'apostolicité. — 168. L'Église grecqne

n’a pas la catholicité.— 169. L'Église grecque n’a pas la sainteté

165. Origine de l’Église gr<cque : ses principales formes. — À. ORIGINE DE L'ÉGLISE GRECQUE. L'Église grecque remonte au grand schisme d'Orient i commencé en 857 par Photius, patriarche de Constanti- | nople, et consommé au milieu du XIe siècle par Michel Cérulaire. On peut lui assigner trois causes : cause générale, cause spéciale, cause auxiliaire.

1) Cause générale. La première cause, la cause géné- Ë rule de cette séparation définitive entre l'Orient et l’Oc- i cident, fut la rivalité séculaire entre les deux influences, grecque et latine, qui, depuis le Ile siècle avant Jésus- Christ, partageaient le monde en deux camps bien distincts. Cette rivalité a continué d'exister même quand Rome eût absorbé l’univers.

2) Cause spéciale. La seconde cause, la cause spéciale du schisme, ont été l'orgueil et l'ambition des évèques orientaux. Ceux-ci habitant Constantinople, résidence de l'Empereur, ne pouvaient plus supporter la domination de l'Église romaine. Le prestige de Byzance augmentait de jour-en jour et avec lui l’orgueil des chefs de l’Église orientale. Au reste, ne comptaient-ils pas parmi eux des savants et des saints qui

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pouvaient en imposer au Pape de Rome? Saint Ath nase, saint Cyrille, saint Jean-Chrysostome, saint Gregoire, et Naziance, saint Basile étonnaient le inonde par leur science et leur vertu. C'était plus qu'il n’en fallait pour se séparer de Rome et vivre indépendamment d'elle.

3) Cause auxiliaire. La troisième cause, la cause auxiliaire, fut l'appui douné aux évêques ori-nt+ux par

les empereurs de Constantinople jaloux de ! ité de l'Évêque de Rome. En diminuant le ge de Rome, les empereurs de Byzance augme t leur puissance ; et, rêvant d’être en même tenw era: pontifes, ils choisissaient des évêques parmi : créa tures : c'était un bon moyen d'arriver à lewr xt,

On sait ce aui arriva. Une première testative de schisme faite en 85i mar Photius échoua. Mais | dé. faisait son chemin, et, en 19%4, Michel Céxulaire on

sommait définitivement la rupture.

B. PRINCIPALES FORMES DE l'Église crEc en Au moment de la division, les chefs de l'Eglise gr

étaient les quatre patriarches de Cor antinop Jérusalem, d’Antioche et d'Alexandrie. Celui : + + tantinople avait la primauté d'honneur et port # le

nom de Patriarche æcuménique. AT Église grec

plus tard s’unir l’Église de Russie qui, après s'être

rée de Rome, se détacha également de 1 Église gr que pour se déclarer indépendante vers 11469. = 'autorité de l’Église russe appartient au Saint-Synode composé de sept membres : les trois métropolitains de Saint-Petersbourg, de Kiew et de Moscou, de-x archevêques et deux archiprêtres. Les délibérations du Saint-Synode sont surveillées par un représentant laïque de l’empereur, le procureur-général du Saint-Synode, et les résolutions sont soumises à son contrôle. En réalité,

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l'glise russe est une église nationale entre les mains du Tsar!.

En 1833, l’Église du royaume de Grèce se sépara du Patriarcat de Constantinople. L'administration de l'Église du royaume de Grèce est calquée sur celle de la Russie. Il y a un Synode de cinq évêques soumis au gouvernement royal.

Sous le nom d’ relise grecque, on place le Patriarcat de Constan!‘nople, Y Église Russe et l’Église de Grèce.

166. L'Église grecque n’a pas l'unité. — A. L'É- LISE GRECQUE N’A PAS L’'UNITÉ DE DOCTRINE. 1) Elle rejette plusieurs dogmes qu’elle admettait avant Photius, entre dutres, la primauté des pontifes romains.

2) Pratiquement, dans l’Église grecque, le magistère ( enseignant, source de l'unité, n’existe pas. Pour les Orientaux, ce magistère est le Concile ŒEcuménique. Or, le septième Concile Œcuménique, le dernier qui soit reconnu par les Églises orientales, date de l’an 787. Depuis lors il n’y en a pas eu : et, pour bien des causes, l'impossibilité de réunir un concile œcuménique paraît irrémédiable. Et donc, il y a 1133 ans que le magistère

enseignant n’a pu s'exercer en Orient. Aprèscel4 :u

s 74 peut se demander où est l'unité dans.l’ Égiise grecque. Li 3) Il y a bien un magistère propre à chaque évêque qui exerce une police spirituelle, qui prohibe les livres

jugés périlleux, mais ce magistère n’a pas k: droit de

définir la foi et de trancher les nourelles controverses théoloJiques, Par des sentences dôctrinales dont la vérité

s'impose d’une manière absolue à l’adhésion intime de

tous les croyants. Cette autorité, pour les orientaux,

est le privilège exclusif du Concile Œcuménique. Ce-

1. Depuis la guerre, la République étant proclamée en Russie, le Ï contrôle des matières religieuses a passé aux mains du gouvernement.

lui-ci, nous l'avons vu, ne peut pus se réunir depuis près

de douze siècles.

9 L'Église grecque Au témoignage « d cent vingt secte el passé bi son | credo. n les divise en trois en trois groupes : | Te. qui admettent les dogmes fondagnentaux "Église orthodoxe ; les gectaires qui rejettent la es des sacrements ; et enfinles fanatiques prati-

quant les mutilations, lessuicides, le meurtre des en-

fants. 73

B. L'ÉGLISE GRECQUE N’A PAS L'UNITÉ DE GOU i NEVERMENT. 1) L'Église grecque est soumise à l'autorité de différents patriggches indépendants les ins dés

= autres.

2) Se partageant en diverses Églises nationales, l° Église grecque, en définitive, dépend des pouvoirs civiles qui sont loin d’être subordonnés les us: aux autres. Le gouvernement grec et le gouvernement russe sont des autorités absolument distinctes et indépendantes.

167. L'Église grecque n’a pas l’apostolicité.— 1) Elle ne remonte pas par une succession ininterrom-

pue jusqu'aux apôtres ; elle date du sie gepane 2) En vain les évêques de l’Église orthodoxe se di- /Riy

sent-ils les successeurs des Chrysostome, des Basile, 9 des Grégoire de Nazianze. Ces grands saints et les ar:tre grands évêques de l'Orient étaient en communion avec les Portifs romains, c’est d'eux qu'ils tenaient leurs sièges, et ils les reconnaissaient comme les successeurs légitimes de saint Pierre. Nous connaissons bien Lar:gine de l’Église orientale depuis le XIe sjècle ; nous

comprend plusieurs sectes.

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1. La Croix de Paris, 12 mai 1905. Cf. MouLarT et VINCENT, ouv. cit., p. 345.

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