AUTORITÉ DE L'ÉGLISE ROMAINE
SOMMAIRE.— 177. Les trois pouvoirs qui constitue l'autorité de l’Église Romaine.—178. L'Eglise Romaine possède le pouvoir d'enseigner. — 179. Comment et sur quoi l'Église Romaine exerce son pouvoir d'enscigner.— 180. L'Église Romaine possède le pouvoir de sacerdoce ou l'administration des sacrements.— 181. L'Église Romaine possède le pouvoir de gouverner.
77. Les trois pouvoirs qui constituent l’autoité de l’Église Romaine.— L’ Église romaire fondée par Jésus-Christ étant une véritable société, doit avoir une autorité. Or Jésus-Christ fut à la fois’ Docteur ASanteificateur etPasteur des âmes que le Père Céleste lui avait confiées, Comme Docteur, il a été investi du droit d'enseigner, comme Sanctificateur, du droit de procurer la grâce, et comme Pasteur, du droit de gouverner. La société qui continue son œuvre ici-bas doit donc avoir les mêmes pouvoirs. Aussi c’est pour cela que l’autorité de l’Église romaine comprend un triple pouvoir :} le pouvoir d'enseigner le pouvoir d'administrer les sacrements ef le pouvoir de gouverner. Li:
D 178. glise Romaine pnssède le pouvoir d’en-
. f'seigner.-— Le pouvoir d'enseigner ou le pouvoir doc- "À trinal consiste à conserver et à propager la doctrine de Jésus-Christ. Et comme cette doctrine est contènue dans les saints Évangiles et la Tradition, ce pouvoir comporte aussi pour l’Église le droit d'interpréter le
“ Allez dans le monde entier, prêcher l’ Évangile à toute
créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. ren) +. EE " se sus ans " celui qui ne £roira pas sera condamné » (Marc, xv
D TOT PT TOUTE priséante na dé donnée au ciel et sur la terre, allez donc, enseignez toutes les nations, leur apprenant à onserver tout ce que je vous ai commandé. Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à le consommation des siècles, » (MATrH.. XXvir1, 18, 20). « Qui vous écoute, m’écoute, » (Luc, x, 16). «Je vous envoie de la même manière que mon père m'a envoyé, » (JEAN, xx, 21).
Ces textes prouvent jusqu'à l'évidence que les apôtres ont ea un droît absolu, venant du pouvoir suprême et semblable à lui, d'enseigner à tous les hommes, dans AR eve les doctrines de l'Évangile.
2) La conduite des apôtres montre bien qu'ils ont toujours considéré Je pouvoir £nselgnement comme-ure de leurs prérogatives et de leurs fonctions principales. « Si je prêche l'Évangile, dit saint Paul, ce n’est point Cry
un sujet de gloire, puisque je suis obligé nécessairement | /Zc+:1) : De = E-
à ce ministère ; et malheur à mot, si je ne prêche pas
l'Évangile, » (I Cor., 1x, 16). Et, comme le porte le /
texte saint, les apôtres se mirent à annoncer la bonne
nouvelle du moment qu'ils en reçurent l'ordre, (M ARC, peer " : ;
x vi, 20), et Cils ne cessalent point, de tout le jour, d en-
seigner et d'annoncer Jésus-Christ dans le temple et
dans les maisons » (AcTEs, v, 42). A ceux qui veulent
les empêcher ils déclarent qu’ «il vaut mieux obéir à
DIEU AU ALE La me » (Acres, 1v, 19). N'est-ce pas {24 re 2 , 4 Re & prouver qu’ils ont reçu le pouvoir d’enseigner ?
3) Le pouvoir doctrinal étant nécessaire à l’Église, Jésus-Christ le lui a donc conféré. En effet, pour que sa doctrine se conservât jusqu’à la fin des temps, le fondateur du christianisme dut choisir le moyen le plus effcace. Or, ce moyen, c’est une autorité enseignanie dont la mission est de garder intactes les vérités révélées et d’éloigner d'elles tout ce qui pourrait les contaminer. Et l’histoire:démontre que là où cette autorité marque, c’est l’erreur et les doctrines les plus disparates qui triomphent. Le libre eramen du protestantisme a favorisé on ne peut plus ces varietions doctrinales d’où sont sorties les multiples sectes qui existent en son sein.
[1 179. Comment et sur quoi l’Église Romaine Texerce son pouvoir d’enseigner.— 1) L'Église ex-
erce son pouvoir doctrinal de deux façons : l’une, ordinaire, l’autre, extraordinaire. La façon ordinaire, elle l’'emploie quotidiennement. Tous les jours, le Pape les évêques, lés théologiens, les prêtres de paroisses, au moyen de lettre, d’encycliques, de mandements, de traités dogmatiques ou moraux, d’homélies et de catéchismes, donnent et commentent aux fidèles les enseignements de Jésus-Christ.
2) La façon extraordinaire est plus rare. Elle se manifeste par les conciles généraux, lesquels n’ont lieu que dans les grandes circôhstances. Le dernier concile général fut celui du Vatican (1870).
3) Quant à l’objet auquel s’étand le pouvoir doctrinal de l’Église, il est aussi de deux soiies : la science re-
ligieuse et la science profane. Le droit de l’Église ro-
maine à l’enseignement de la sqence religieuse est divin, absolu, exciusif. Il comporte aussi nécessairement le pouvoir de fonder des écoles pour enseigner la dactrine chrétienne. Dans l’enseignement de la science profane, l’Église a un double rôle : l'un, négatif, l’autre, positif. Le premier (négatif)consiste dans un droit de répression et de contrôle sur toutes Les écoles et sur toutes les branches de l’enseignement qui s’y d-nne. Le deuxième (positif) s'étend à la matière des programmes d'éducation, au choix des maîtres et à la qualité des livres!.
180. L'Église Romaine a le pouvoir de sacerdoce ou d’administration des sacrements.— 1) Jésus- Christ a donné ce pouvoir aux apôtres: a) le pouvoir | de baptiser, « Baptisez-les au nom du Père, du, Fils et du S'int-Esprit. » Marru., xxvint, 19) ; b) de célébrer : la messe, ( Faites ceci en mémoire de moi, » (Luc, xx11, | 19) ; c) de remettre les péchés, « Recevez le Saint-Es prit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez, » (JEAN, xx, 22, 23).
2) Les apôtres administrent les sacrements : a) ils baptisent (Actes, 11, 38, 41 ; Rom. vi, 3; GAL. mnt, 17 ; Epu., v, 25); ils confirment (AcTes, vint, 17 ; XIX, 16); c) ils offrent le saint sacrifice (1 Con., 1x, 13 ; xt, 23) ; d) ils ordonnent dés prêtres et des évêques (Err,t, 5): © ïls administrent les sacrements (JAc., v, 14, 15) Aussi bien, les apôtres s'appellent « les dispensateurs des mystères de Dieu, » ( I Cor. 1v, 1}2.
3) Le pouvoir de sacerdoce était nécessaire à l’Église. En effet l’Église a pour but de conduire les déles au
Î. Cf. Leçons de Morale,pp. 95-96.