‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 194 sur 275 · QUES ENSEIGNEMENTS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

QUES ENSEIGNEMENTS DE L'ÉGLISE

ROMAINE (suite)

SOMMAIRE.— 223. Enseignement de l'Église au sujet du péché originel.—224. Knseignement de l'Église au sujet de l'Eucharistie— 225. Ensiegnement de l'Église au sujet de la confession.

223. Enseignement de l’Église au sujet du péché originel.— Au sujet du péché originel l’Église enseigne a) qu'Adam et Êre ont péché; b) que leur faute a ététransmise à leurs décendants.

A. ADpam ET ÊvE ont PÉCHÉ. 1) Avec la grâce sanctifiante, don strictement surnaturel et gratuit, nos premiers parents reçurent en naissant d’autres privilèges qui, sans être supérieurs aux exigences de toute créature, ne peuvent néanmoins appartenir à l'homme en vertu de sa seule nature. Ces privilèges ertranaturels ou préternaturels sont habituellement désignés sous le nom d’intégrité (exemption de tous les mouvements déréglés de la chair), d’immortalité (exemption d= la mort), d’imvassihilité (exemption de la souffrance Je la douleur),

tils constituent proprement l’état de, stice originelle. Adam et Êve reçurent encore une science éminente, dite infuse, parce qu’elle n’était pas le fruit de l'étude et de l’expérience. Cette science, elle leur avait été donnée à titre personnel, c'est-à-dire qu'ils ne pouvaient la transmettre à leur postérité ; tandis que la justice

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originelle, n’eût été leur faute, devait être aussi le partage de leurs nombreux descendants.

2) L'histoire de la Rédemption est là pour démontrer qu'Adam a commis un acte qui lui a fait perdre la grice sanctifiante et les dons préternaturels. Cet acte #ppelé péché originel à privé les descendants du preinier homme de tous les privilèges a'ixquels ils avaient un certein droil, étant ses héritiers. Le péché originel est actuel pour Adam et hahituel (état qui résulte de la faute personnelle d'Adam) pour sa postérité. Aussi Lien, disons-nous que notre premier père a commis le péché originel, tandis que nous, ses descendants, avons contracté la tache originelle. La perte de la grâce sanctifiante, voilà qui constitue essentiellement le péché originel. Lorsque nous enseignons que la nature humaine # été corrompue par la faute de nos premiers parents, il ne faut pas prendre la nature au sens absolue, en ellemême. En effet, dans ses éléments constitutifs, dans son essence, la nature humaine est restée intacte après la chute : l'homme est toujours un animal raisonnable. C’est de la nature humaine, prise dans l’ensemble des conditions concrètes, c’est-à-dire de la nature au sens relatif, par rapport à la fin que l’homme doit poursuivre, qu'il s'agit. Ainsi Adam a subi une détérioration, a été affaibli, c'est-à-dire, à cause de son péché,il n’a plus cette facilité de tendre à sa fin, d'observer l’ordr:, facilité dont il jouissait au sortir des mains de son Créateur. Adam est un blessé, non d’une blessure absolue qui corrompt la nature, mais d’une blessure qui le met dans un état d'infériorité,si l’on considère la santé pleine dont il bénéficiait avant son péché. «Où l’Église, demande le P. Félix, a-t-elle enseigné que l’homme en naissant ap-

porte une nature intrinsèquement et substancic!lement corrompue ? »

B. LE PÉCHÉ ORIGINEL À ÉTÉ TRANSMIS AUX DES- CENDANTS D'ADAM ETD'ÈVE. 1) La circoncisionen usage chez les Juifs, le baptème dans l’Église chrétienne, l’état de faiblesses corporelle, voire spirituelle, dans lequel nous naissons, tout cela prouve que l’homme est la victime d’une faute, qu’il subit le châtiment d’un péché commis à l’origine.

2) Cette faute appelée péché originel nous vient d'Adam et a été transmise par voie de génération, A chaque corps engendré par les parents, Dieu infuse une âme immédiatement créée par lui. Cette âme est dépouillée de la grâce sanctifiante. La privation de la grâce sanctifiante, qui est essentiellement le péché originel, est due à une cause d’ordre morale, c’est-à-dire à la volonté pécheresse d'Adam. Celui-ci, en effet, par sa désobéissance, a dépouillé la nature de sa justice primitive ; et cette nature, se transmettant par voie de génération, est toujours privée de la grâce Me Le et des autres dons préternaturels.#/5.. s cause

3) Bien que nous n’ayons pas personnellement commis le péché originel, cependant nous naissons coupables. Il y a donc du volontaire dans: ‘re éiat. L'Église enseigne que la faute primitive e t immédiatement volontaire dans Adam, et médiatement volontaire en nous. Considéré dans les desceudants du premier homme, le péché originel ne dépend pas de la faute actuelle des individus, mais de la faute actuelle et personnelle du chef de la nature humaine. Aussi nous disons que la faute originelle passe d'Adam à sa postérité par l’’nmédiaire de la nature qui est affectée immédiatement. Et donc les descendants du premier homme

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sont coupables du péché au moyen de la nature; et, avec raison, leur culpabilité est médiatc. Adam péchant est considéré comme toute l'humanité, et les théologiens appellent sa volonté, rolonté de la nature, Il peut être considéré mme un chef de famil'e qui, agissant comme fel, et non comme simple individu, agit par !: fait même eu rom de sa famille, et lui fait porter une part de sa responsabilité.

Dans toute cette doctrine, il n’y a rien qui répugne à la raison. Au surnlus, l’enseignement de l’Église catholique au sujet du péché origir el est sans conteste le seul qui puisse rendre compte d’une facon satisfaisante de tous les maux dont souffre l'humanité. Et les philosophes, guidés par les seules lumières naturelles, ont donné au problème de la souffrance les solutions les plus contradictoires.

Quant à la justice et à la bonté de Dieu, elles restent indemnes. Comme nous l'avons dit, Adam devait transmettre à ses descendants la justice originelle dans laquelle il avait été créé. Infidèle à ses engagements, il était juste qu'il fût privé des privilèges dont le Créateur l’avait si généreusement doté!.

224. Enseignement de l'Église au sujet de l’Eucharistie.— Au sujet de l’Eucharistie, l’Église enseigne a) la Présence Réelle ; b) que cette Présence ne répugne pas.

A. La PRÉSENCE RÉELLE. 1) C'est une vérité de foi que dans l’auguste sacrement de l'Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, Notre-Seigneur Jésuschrist, vrai Dieu et vrai homme, est vraiment, réelle-

1.Cf. Paquer, De creatione, De Reparatione ; Poex, Cours d’ Instruxtion religieuse; FELix, LACORDAIRE, Conf. N.-D. de Paris ; Maumus, La défense de la foi,

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ment et substantiellement présent sous les espèce ou les apparences de ces choses sensibles (pain et vin). Fraiment et réellement écurtent l’idée d'une présence simplement figurative. Substantiellement est opposé à modalement, accidentellement. :

2) D’après le texte du Concile de Trente, toute la substance du pain et toute la substance du vin sont changées au corps et au sang de Notre-Seigneur Jésus- Christ. Ce changement s'appelle transubstantiation. Et suivant les paroles mêmes du Concile, la transubstantiation est une cenversion admirable et singulière, c'est-à-dire une conversion qui dépasse la nature, ct unique de son espèce. En effet, dans les changements ordinaires, qui ne sont que des transformations, il n'y a pas de disparition complète de l'être qui change. Dans la transuhstantiation au contraire le pain et le vin cessent totalement : cette disparition a pour terme l’introduction du corps et du sang de Jésus-Christ sous leurs espèces (quantité, forme, couleur du pain et du vin). Au ciel et dans les hosties consacrées, c’est numériquement un seul et même corps, celui de Jésus-Christ. Ce corps, au moment de la consécration, acquiert, sans subir de changement, une nouvelle présence.

3) En vertu des paroles qui opèrent la conversion, le corps est présent sous les espèces du pain et le sang est présent sous les espèces du vin : mais ce qui est indissolublement uni au corps ressuscité du Sauveur, c’est-à-dire, i’£me et la divinité, se trouve là où est le corps, par concomitance, de sorte que Jésus-Christ se trouve réellement tout entier sous chaque espèce, et il y reste présent tant que les espèces subsistent. Aussi l Église adore-t-elle Jésus présent dans les hostiss consacrées qu’elle conserve dans les tabernacles.

4) Ce mode de présence de Jésus dans le sacrement est absolument unique : aussi l’appelle-t-on sacramentel. Jésus est dans les üosties consacrées avec tout ce qui caractérise son corps glorieux au ciel : seul le mode de présence est différent. Le -orps du Sauveur est présent sous les espèces, sans subir aucun changement, à la manière de la substance, c’est-à-dire tout entier dans l’hostie, et tout entier dans chaque partie de l’hostie. Sous les espèces, le corps du Christ a toutes ses parties nsturel'es : il a sa taille, il a une tête, il a un buste, des membres, un coeur, des mains. Mais il n’y a ..ucune relation, aucun contact, entre les parties ou telle ou telle portion de l'Hostie. Les dimensions inhérentes à la substance du pain, comme la quantité, sont le principe de la présence locale du pain ; dans l'Eucharistie, le corps de Jésus-Christ est là ou se trouvent les dimen-’ sions du pain, iesquelles continuent à subsister ; mais il n’est pas affecté par ces dimensions qui lui sont étrangères, aussi n'est-il pas présent localement, c’est-à-dire de telle facon que ses diverses parties occupent les diverses parties du lieu où il se trouve.

B. LA PRÉSENCE R‘ELLE NE RÉPIGNE PAS. 1) Ce qui semble d’abord contradictoire dans le saint sacrement, c'est que les accidents du pain du vin continuent d'exister après la disparition de la substance du pain et du vin. Il y aurait contradiction si l'essence de l’accident était de résider dans son sujet connaturel. C'est ce qui n’est pas, car l’essence de l'accident est de ne pouvoir pas se soutenir lui-même, et à cause de cela, l’accident fait appel à la substance pour le soutenir. Or, dans l'Eucharistie, la substance du pain et du vin disparaît et est remplacée par le corps et le sang de Jésus-Christ. Il ne s’ensuit pas de là que les appa-

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