‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 212 sur 275 · DORE NT US TND · texte numérisé non relu

DORE NT US TND

soutenir, si l’on veut se rapporter aux sages lois édictées sur ce point par l’Église. En parfaite harmonie avec les disposition et l'esprit du Concile de Trente, tandis qu’elles règlent d’un côté les conditions d'existence des personnes vouées à la pratique des conseils évangéliques et à l’apostolat, d'autre part, elles respectent autart qu'il convient l'autorité des évêques dans leurs diocèses respectifs. Tout en sauvegardant la dépendance due au chef de l’Église, elles ne manquent pas, en beaucoup de cas, d'attribuer aux évêques son autorité suprême sur les congrégations par voie de délégation apostolique. »

242. Cinquième objection : les Ordres religieux nuisent à la fécondité des nations.— Les Ordres Religieux enlèvent à un pays beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles qui se dérobent aux charges de la famille. N'est-ce pas atteindre, à leur source même, la force et la fécondité des nations ?

RÉPONSE. — 1) C’est l’objection des économistes plus soucieux des intérêts matériels que des progrès moraux, lesquels, après tout, rentrent pour une grande part dans l’appréciation des principes régulateurs de la vie d’une nation. Que les esprits aient une bonne orientation, que les volontés soient fermes, que les passions soient commandées et bien dirigées, — c’est ce qu'ont pour but les Ordres Religieux, — tout cela ne comptet-il pas dans la prospérité bien comprise d’un pays ?

2) Non, ce n’est pas le renoncement volontaire aux joies de la famille qui compromet la fécondité des peuples. (€ Ce qui apprauvrit le sang d’un peuple, ce qui dessèche et ce qui tarit les sources précieuses où se renouvelle cette sève nationale, ce n’est, disons-le sans crainte, ni le célibat voué pas les moines, ni la chasteté

gardée par les vierges : c’est le vice impuni, le libertinage éhonté, c’est la luxure et la débauche, dont le flot boueux noie tant d’être humains ; c’est encore, et c’est davantage (les hommes de bien en gémissent) l’abominable pratique, qui partout va se propageant, d’une stérilité voulue, préconisée, systématisée à l’encontre des intentions les plus visibles de la nature et au mépris des lois les plus impérieuses de la morale...

« Non, la vertu n’étouffe point les germes de vie. Fruit d’une foi courageuse, elle ne marque pas seulement, là où elle est en honneur, un haut degré d’énergie morale ; elle favorise et elle développe en une juste mesure la vitalité physique!. »

243. Sixième objection : les Ordres religieux sont riches.— Les Ordres religieux sont riches, voire très riches.

RéPæNSE — 1) On a singulièrement exagéré les prétendues richesses des congrégations religieuses. Quoi qu’il en soit, des biens, si elles en ont, les congrégations les possèdent légitimement, parce qu’ils sont, pour une large part, les fruits de leur économie, de leur travail, de leur esprit de sacrifice. La charité privée et publique vient aussi à leur aide : c’est une petite compensation pour les nombreux services qu’elles rendent à la société.

)2 « En admettant, dit Léon XIIT : e la valeur attribuée à leurs propriétés ne soit ex: ‘:ée, on ne peut contester que les congrégations possèdent honnètement et légalement, et que, par conséquent, les dépouiller serait attenter au droit de propriété. Ilfaut considérer, en outre, qu’elles ne possèdent point dans l’intérêt person-

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