CINQUANTE-NEUVIÈME LEÇON
TIONS CONTRE L'ÉGLISE (suite)
OMMAIRE.— 275. La tyrannie de l'Église— 276. Le favoritisme de l'Église. — 277. L'intolérance de l'Église
275. La tyrannie de l’Église.— L'Eglise, dit-on, exerce une triple tyrannie : 1) tyrannie sur les éntelligences, 2) tyrannie sur les cœurs ;: 3) tyrannie sur les volontés.
EL TYRANNIE SUR LES INTELLIGENCES. L’ Église méprise les intelligences par l’obscurantisme et les avilit par le dogme.
RÉPONSE. — a) On voudra bien se rappeler ce qui a été dit plus haut au sujet de l’Église et la science(50ème leçon).
b) L'obscurantisme, voilà encore un de ces mots sonores qui ont fait fortune. A l'accusation d’obscurantisme répond la longue et glorieuse lignée de savants catholiques qui ont cru ; et leurs croyances ne les ont pas empêchés de savoir.
c) La tyrannie du dogme ! Voilà un grand mot ! A la veille de sa mort, l'illustre académicien Brunetière disait que la (tyrannie du dogme » n’est pas autre chose qu’une phrase vide et sonore. I] répondait ainsi à M. le président du conseil qui avait parlé du dogme (Cenvahissant tout avec son intolérance ». Le dogme n'est « contraigant que comme l'est la vérité même »,
évidente ou démontrée, qui s'impose inrinciblement à tout esprit raisonnable. Je ne suis pas plus libre de rejeter le mystère de la Très Sainte Trinité, que je ne le suis de n’admettre pas que deux et deux font quatre. La vérité est en elle-même intolérante et intransigeante.
IT. TyRANNIE SUR LES cœurs. L'Église atrophie les cœurs.
RiPoxsre. — C'est le contraire qui est vrai. (C'est l’Église qui fait germer les saintes tendresses et toutes les divines affections. L'amour de Dieu n’exélut pas l'amour de ses parents. Il l’augmente en l’ennoblissant et en le purifiant. I, Église ne proscrit que les affections coupables, que les passions qui nous avilissent et nous dégradent. Or, c'est l’unique raison pour laquelle on la décrie.
IT. TyRANNIE SUR LES VOLONTÉS. L’ Église paralyse et anéantit les volontés.
RéPoxsE. — Où y eut-il d'hommes plus vraiement libres que les enfants de l’Église de Dieu, que les catholiques « sans peur et sans reproche » ? Eux seuls penvent être appelés libres, au vrai sens du mot, parce qu'eux ceuls sont affranchis du joug des ÿ::"ions tyranniques, du joug des sociétés secrètes, :: ‘lespotiques, du joug des journaux sectaires et pervers, en un mot, de tout ce qui est chaîne et contrainte humiliante ici-bas !
276. Le favoritisme de l'Église.— L'Église réserve ses faveurs aux aristocrates. En effet, les charges ecclésiastiques, entre autres le souverain pontificat, vont presque toujours aux riches et aux puissants, de plus elle a touiours accordé facilement le divorce aux princes.
J. LE SOUVFRAIN PONTIFICAT ÉCHOIT PRESQUE TOUJOURS À I'ARISTOCRATIE. Cette accusation a été
renouvelée lors de l'élection de Pie X. On faisait re- Marquer ses humbles origines, Inais on avait soin d’ajouter que c’était une exception unique.
RÉPONSE —- L'histoire prouve que Pie X n’est pas une exception unique. Plusieurs papes, comme lui, ont eu
d’humbles origines.
Saint Pierre, premier pape, était pêcheur.
Damase II (1048), d’après les chroniqueurs de son temps, était surtout Connu par « l'obscurité de sa naissance et l’élévation de son esprit ».
Hadrien IV (1154) ceut pour père un homme obscur et sans fortune ». Travaillant aux champs dans sa jeunesse, il fut obligé de mendier dans les périodes de chômage.
Urbain IV ( 1261) avait pour père un savetier.
Nicolas IV (1287), qui fut général des Franciscains avant d'être pape, était aussi originaire d’une fa mille de très basse condition.
Benoît XI ( 1303), général des Dominicains, était fils d’une lavandière.
Jean XXII (1316), était d’une naissance si modeste Qu'il y a discv:sion entre les historiens Pour savoir si son père était aubcraiste, cordonnier ou fripier.
Benoît XII (1334) était le fils d’un boulanger.
Boniface IX (1389) était fils de Parents napolitains très pauvres.
Alexandre V (1409), dans son enfunce, avait dû mendier pour vivre.
Sixte IV (1471), fils d’un pêcheur de l’État de Gênes, avait été pêcheur lui-même jusqu’au jour où il fut admis dans un monastère des Franciscains.
Hadrien VI (1522) garda plusieurs années Jes brebis de ses maîtres. Ses Parents étaient si peu fortunés qu'il
ne pôt faire ses études qu’au moyen d'une fondation établie à Louvain pour les écoliers pauvres.
Sixte V (1585), fils d'un cultivateur, fut gardeur de troupeau et revêlit ensuite l'habit de saint Francois.
Urbain VII (1590) était le fils d'un modeste charpentier de marine.
Grégoire XVI (1831) était d’une famille peu fortunée, dit l'historien Crétineau-Jo!y.
Quant à Pie X, on sait aue son père était agent communal à Riese, sa mère couturière de campagne et que l’un et l’autre gagnaient à grand'peine ce qu'il fallait pour élever leur huit enfants, dont le futur pape était l'aînét,
On pourrait en dire autant des évêques et des cardi- Aaaux.
Il est donc faux d'affirmer que l’Église réserve ses faveurs aux grands. Elle appelle aux honneurs ecclésiastiques seulement ceux qui en sont dignes, quelle que soit l’obscurité de leur origine.
IT. L'Écuise À rocsours FACILEMENT ACCORDÉ LE DIVORCE AUX PRINCES. Quelques écrivains reprochent à l’Église d'avoir trop facilement cédé aux grands lorsque ceux-ci lui demandaient le divorce. Aussi, encore aujourd'hui, on colporte partout certains faits qui, mal interprétés, sont de nature -»ter du dis. t sur l'Église et à scandaliser les fidèle:
RÉPOxLE. — a) Bien étrange est la conduite des ennemis de l’Égiise. Celle-ci résiste-t-elle aux violateurs du mariage, ils lui reprochent un excès de rigueur : cède-t-elle, où garde-t-elle le silence (pour des raisons valables qu’ils ne connaissent pas ou ne veulent pas