RACINES PRIMITIVES
désigne par ^{d) le nombre des nombres incongrus (mod. p) qui appartiennent à l'exposant d^ on aura soit
soit
Mais chacun des p — 1 nombres incongrus (mod. p) 1,2, 3, ..., p — 1 appartient à quelqu'un des diviseurs 1, d, d', ..., p — 1 dep — i ; il faut donc que l'on ait
on a d'ailleurs (n" 529)
Kn remplaçant dans cette égalité l'un des termes par 0, elle ne pourrait subsister, puisque aucun de ses termes n'est nul ; il faut donc que Ton ait Y\d) = ^(d) quel que soit le diviseur d de p — 1. Ainsi :
A chaque diviseur d de p — 1 coiTespondent exactement ^ (d) nombres a, pris, si Ton veut, dans la suite 1, 2, ..., p — 1, qui appartiennent à l'exposant d.
En particulier, il y a ^(p — 1) nombres distincts qui appartiennent à l'exposant p — 1 ; ceux-là, on les appelle racines pnmitives du nombre p. Si g est une pareille racine primitive, tous les p — 1 nombres
sont incongrus (mod. p) ; leurs restes (mod. p), dans leur ensemble, reproduisent les nombres i, 2, ..., p — 1 : ce sont tous les restes possibles, sauf zéro, tous les nombres, sauf zéro, qu'il y a lieu de regarder comme distincts suivant le mod. p (n"* 535).
Par exemple, 2 est une racine primitive de 11 ; aux puissances de 2 dont les exposants sont
0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 correspondent les restes
544. Soit en général g une racine primitive du nombre premier p, et a un nombre quelconque non divisible par p, il y a un nombre « pris dans la suite 0, 1, 2, ..., p — 2, et un seul, tel que l'on ait
g* =^ a (mod. p).
Tous les nombres « qui satisfont à cette condition sont d'ailleurs
congrus enlre eux (niod. p — 1), Tun quelconque d'enlre eux s appelle Vindice de a dans la base g ; Tindice est déterminé à un multiple près de p — i, on pourra le prendre plus pelit que p — \. On le représente par Ind. a.
Les indices jouent le même rôle dans les calculs relatifs aux nombres entiers, où Ton convient de négliger les multiples de p, que les logarithmes dans les calculs ordinaires.
L'indice de 1 est toujours 0.
L'indice du produit de deux nombres est congrn (mod. p — 1) à la somme des indices de ces nombres.
Si on a en effet
^««d.« ^ a, (/'°*** ^ b (mod.p),
on en déduira
et par suite
^Ind. a + l..d. b ^^ (m^^ pj^
Ind. ab = Ind. a + Ind. b (mod. p — i).
Ce théorème s'étend de suite à un nombre quelconque de facteurs.
L'indice de la puissance n'*"* d'un nombre est congru (mod. p — 1) à n fois rindice de ce nombre.
Quand on change de racines primitives, les indices changent; en négligeant les multiples de p — i, on peut passer d'un système d'indices à un autre en les multipliant tous par un même nombre.
Soient en effet geif deux racines primitives, soit X l'indice de g dans la base y ? on aura
t^ ^ g (mod. p).
Soit maintenant a l'indice de a dans la base g, on aura
(/* = a (mod. p — I).
Si donc on élève à la puissance « les deux membres de l'avant-dernière congruence on aura
•y^* = ^« ~ a (mod. p).
Par suite î^« sera l'indice de a dans la base y : on obtiendra donc les indices dans cette dernière base en multipliant par X tous les indices dans
la base g.
Toutes ces propriétés sont analogues à celles des logarithmes.