‹ Leçons d'épigraphie assyrienne professées aux cours libres de la SorbonneChapitre 10 sur 33 · SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SIXIÈME LEÇON

22 février 1869.

Messieurs ,

Dans nos précédents entretiens, j'ai eu l'honneur de vous exposer les difficultés qui tiennent à la détermination de la valeur des caractères et je vous ai fait connaître les moyens d'en triompher.

Nous avons constaté que les caractères assjrriens représentaient des sons ou des idées. — Le système phonétique nous a présenté des syllabes simples et des syllabes complexes avec la complication de la poljrphonie. — Le système idéographique nous a présenté des monogrammes exprimés par des signes isolés, et des idéogrammes exprimés par une suite de signes plus ou moins nombreux.

Les noms propres nous ont servi à déterminer les valeurs syllabiques et à lire les textes.

Les idéogrammes nous ont fait connaître le sens des inscriptions avant de pouvoir les articuler. C'est ainsi que le texte perse nous a permis de comprendre des inscriptions achéménides dont nous ne pouvions pas cependant prononcer les mots, parce qu'elles ne renfermaient que des monogrammes et des noms propres.

Nous avons retrouvé les mêmes monogrammes dans les inscriptions de Ninive et nous avons pu comprendre les courtes inscriptions des briques de Khorsabad et de Koyounjik qui nous donnaient la généalogie des rois Assyriens dont nous ne pouvions pas encore lire les noms.

Les briques de Babylone nous présentent une formule analogue, et il nous serait aussi facile de les comprendre, si ce n'est que nous sommes arrêtés par une autre difficulté qui ne tient plus à la valeur des caractères, mais à leur forme.

L'écriture assyrienne a été employée pendant, plus de vingt siècles ; elle a servi à diflferents peuples qui parlaient des langues différentes ; il est donc naturel de croire à priori que les traits des signes se sont plus ou moins altérés et que nous devons rencontrer des difficullés paléographiques de la nature de celles qui se présentent dans tous les systèmes graphiques. Nous mettons d'abord sous vos yeux un passage de la grande inscription de Nabuchodonosor découverte par Sir John Hartford.

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