SEPTIÈME LEÇON
1" mars 1869.
Messieurs,
Les exemples que nous avons cités ne nous ont pas encore fait connaître l'écriture assyrienne dans son état primitif. Dès les premières recherches, on s'enquit naturellement de l'origine de ce système graphique; il y avait là un intérêt évident. En effet, si les caractères étaient formés de la réunion intentionnelle d'un certain nombre d'éléments, il devenait important de pénétrer cette intention qui donnait la clef du système graphique. On pouvait croire, en présence d'une si grande quantité de signes dont les valeurs syllabiques se dégageaient de plus en plus, qu'une portion du signe pouvait être destinée à représenter la consonne et une autre la voyeUe. Ces hypothèses ont été examinées: un grand nombre désignes présentaient, en effet, des combinaisons communes dont on cherchait les rapports.
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Le signe que nous reproduisons ci-dessus apparaissait comme élément isolé, et représentait sûrement une voyelle; mais on croyait découvrir ce signe dans les combinaisons suivantes
et dans d'autres ; et on pouvait ainsi se demander quel était le rôle de ce signe dans la composition des groupes?
Un déchiffrement rigoureux ne tarda pas à prouver que tous ces signes avaient des valeurs diff^ér'entes et ne pouvaient se rattacher à une combinaison intentionnelle de l'élément cunéiforme.
On ne tarda pas non plus à comprendre que les signes qui avaient un certain rapport de forme n^avaient aucun rapport de valeur.Nous pouvons rapprocher les signes suivants qui ont des valeurs bien diff(érentes :
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Ces exemples suffisent, en effet, pour faire comprendre notre démonstration. Cependant il reste une chose à noter, c'est que, lorsqu'une combinaison qui affectait une certaine forme dans .une localité était altérée dans une autre localité, les signes dans lesquels cette combinaison entrait comme élément, s'altéraient de la même manière.
On ne tarda pas du reste, à se convaincre que l'écriture assyrienne avait une toute autre origine, et il fallut s'en tenir aux procédés que nous avons indiqués pour en assurer le déchiffrement.
Des monuments d'une haute antiquité nous montrent que Vapex^ qui a valu à cette écriture le nom par lequel nous la désignons aujourd'hui, n'était pas un élément essentiel. Aussi, un examen attentif ne tarda pas à faire découvrir que le coin n'est qu'un accident, c'est le résultat de l'instrument qui servait à traceçles caractères sur l'argile. Cet instrument est une espèce de style terminé par une pointe triangulaire qui, en s'appuyant sur la terre encore tendre, forme d'un seul coup le trait caractéristique que le sculpteur a reproduit sur le marbre.
L'une des inscriptions les plus antiques qui soient parvenues jusqu'à nous, était écrite sur un vase d'albâtre qui est perdu aujourd'hui pour la science, mais dont la copie nous est conservée et nous présente l'écriture assyrienne dans sa forme primitive.
BPIGRÂPHIE ASSYRIENNE.
Voici cette inscription :