‹ Leçons d'épigraphie assyrienne professées aux cours libres de la SorbonneChapitre 26 sur 33 · mai · texte numérisé non relu

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Messieurs,

Nous avons vu que l'écriture assyrienne procède d'une origine hiéroglyphique, dès lors le signe a dû emprunter son articulatioii phonétique au nom de l'objet sur lequel l'image avait été copiée. Cependant on a constaté un désaccord constant entre la valeur phonétique des caractères et l'articulation assyrienne des mêmes signes employés commes idéogrammes. On en a conclu que l'écriture assyrienne n'avait pas pris naissance en Assyrie, et on a recherché quel pouvait être le peuple qui lui avait légué uu système graphique aussi compliqué.

En étudianl les textes de la seconde colonne des inscriptions trilingues, on s'aperçut bientôt que ces inscriptions procédaient du même système graphique que les inscriptions assyriennes.

Malgré les variétés graphiques que la disposition' des éléments des caractères pouvait présenter, on ne tarda pas à se'convaincre, non-seulement de l'identité du système, mais encore de l'identité des signes qui exprimaient dans cette langue les mêmes articulations que dans les textes assyriens. M. de Saulcy avait déjà signalé cette particularité ; mais les conséquences de ce fait, étendues par M. Norris d'abord, par M. Oppert ensuite, n'ont plus souffert de discussion.

La plupart des caractères sont de formes identiques ; d'autres ne diffèrent que par une nuance dans la disposition des éléments, et n'établis-

sent que des différences moins grandes que celles que Ton constate entre les caractères de deux époques différentes à Ninive ou à Babylone.

Les moyens de déchiffrement se présentaient du reste beaucoup plus nombreux que pour l'assyrien : l'état matériel des monuments que le hasard et le temps ont mieux conservés présente un ensemble de 140 noms perses transcrits en médo-scythique, auUeu de 90 qui sont restés dans les textes assyriens. Quoiqu'il en soit, la détermination des valeurs n'amène que des nuances dans la prononciation qui s'expliquent quelquefois dans un même dialecte. Le nombre des signes usuels n'est pas aussi considérable, et les caractères paraissent avoir moins subi les écarts de la polyphonie ; le syllabisme est régi par la même loi pour la formation des syllabes complexes ; cependant quelques signes, à la voyelle initiale paraissent se prêter davantatge à toutes les vocalisations. Enfin, nous retrouvons, comme en assyrien, des idéogrammes qui nous assurent que tous les procédés de ce système graphique existaient chez les Médo-Scythes. Dans l'ordre des faits, les traductions médo-scythiques ont précédé la'^traduction des textes assyriens et pourtant les lectures laissent encore une grande incertitude sur le caractère de la langue. De sorte que nous nous trouvons en présence d'un texte dont le sens est certain, dont la lecture est certaine, et cependant les difficultés de traduction sont telles qu'il nous serait impossible de traduire une inscription de cette nature si nous n'avions pas le texte arien en regard.

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