‹ Leçons d'épigraphie assyrienne professées aux cours libres de la SorbonneChapitre 27 sur 33 · INSCRIPTION MÉDO-SCYTIQUE DE XERXÈS · texte numérisé non relu

INSCRIPTION MÉDO-SCYTIQUE DE XERXÈS

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Voici le texte médo-scythique de l'inscription trilingue que nous avons citée supra p. 25.

Iksi'ir^sa Ku ir^sa ir^ra Ku Kvr-ta-in-'na.

Da-ri-^a-va-Vr-is Ku sa^ak-ri Ha^ak-^ka-man-mc^si^ya.

La traduction nous donne le sens que nous connaissons déjà.

éPIGRAPHIE ASSYRIENNE. 99

Tandis que TidenUté du sytème graphique s'établissait par les lectures, il se dégageait certains faits dont l'importance ne pouvait échapper aux premiers interprètes. Ainsi, dans ces inscriptions le signe idéographique paraît avoir conservé l'articulation phonétique qui lui est propre; c'est-à-dire que, dans cet idiome, l'articulation phonétique est constamment en rapport avec l'articulation de Tidéogramme, contrairement à ce qui a lieu dans les textes assyriens- — Il était impossible, sans doute, de considérer les peuples qui parlaient cette langue au vi* siècle avant notre ère, comme les inventeurs d'un système dont on retrouvait des monuments quinze siècles auparavant ; mais au moins, il a été permis de supposer que les médo-scythes nous en avaient conservé les débris.

Du reste, nous allons maintenant examiner quelques inscriptions qui vont nous rapprocher davantage de la solution de ce problème don t nous ne pouvons guère encore que recueillir les éléments.

Les expressions idéographiques ne se sont pas bornées à un signe unique ; nous avons vu qu elles comportent une série de signes que nous avons désignés sous le nom à' idéogrammes. A côté de ces idéogrammes, il y a un certain nombre d^expression qui se présentent dans les textes assyriens comme des idéogrammes, et qui, cependant, étaient à l'originl de véritables expressions phonétiques ; eUes proviennent de cette langue antérieure à l'assyrien et que parlait le peuple qui a légué aux Assyriens ses moyens graphiques ; j'ai désigné ces expressions sous le nom d'allophones; mais pour bien comprendre comment ces étranges expressions ont pu s'introduire dans les textes assyriens, il faut revenir sur nos pas.

Nous avons vu que l'écriture assyrienne procède d'une origine hiéroglyphique qui a laissé des traces dans l'emploi des signes idéographiques qui parlaient encore pour les yeux des Assyriens en éveillant les idées que des images primitives avaient rendues jadis, seulement les images s'étaient altéréesaupoint de n'être plus représentées que par des signes conventionnels ; leur nom avait disparu, parce que les Assyriens les nommaient dans leur propre langue. En empruntant ce procédé aux inventeurs de l'écriture cunéiforme, les Assyriens prirent ainsi des signes qui n'avaient plus qu une valeur traditionnelle qui subsistait uni-

qnement parTidéeqni jetait attachée, maisqui ne rappelaient plus, par leur forme, l'objetprimitif sur lequel le type avait été calqué. Cependant le procédé était acquis, il devait aToir des conséquences. Aussi les Assyriens ne se sont pas bornés à emprunter les groupes de signes qui n'avaient qu'une valeur parement idéographique , ils ont pris des groupes qui exprimaient phonétiquement dans cette langue antique des idées dont ils comprenaient la signification, mais dont ils oubliaient peu à peu l'articulation originelle pour les prononcer dans leur langue.

Ces expressions causèrent un véritable embarras au début des recherches. En effet, comment admettre le caractère sémitique d'une langue dans laquelle "grand,, se disait ^iMÏa," petite, turra, ''puissant,, danga, " bon„Ai(?a, etc. Ces expressions fréquentes, surtout pour les qualificatifs, ont reçu une explication satisfaisante qui nous est fournie par les Assyriens eux-mêmes.

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