TROISIÈME LEÇON
25 janvier.
Messieurs ,
Les observations auxquelles nous nous sommes livrés nous ont condait à reconnadtre le rôle de quelques caractères spéciaux qui ont guidé les premiers explorateurs dans la recherche des noms propres. Ces signes ont un autre rôle. Ils correspondent quelquefois à une expression toute entière du texte perse. D'un autre côté, ils se trouvent quelquefois dans le corps des mots. — Leur emploi est nécessairement différent dans Tune ouTautre de ces circonstances. Occupons-nous pour le moment de leur signification lorsqu'ils correspondent à une idée. Ainsi le signe
qui précède les noms de pays correspond à l'idée exprimée par le perse DoAiaus qui signifie " province ; .^ — le signe
correspond au perse Vardanam " ville ; ^, — le signe suivant
au perse Martiya " homme. .^ — Enfin ce dernier signe correspond au perse Baga qui signifie " Dieu. ^^
Ces caractères sont donc autre chose que de simples indicatifs ; ils re présentent des idées, et dès lors, nous comprenons que si les noms propres nous font découvrir les articulations phonétiques des signes, il 7 a encore dans récriture assyrienne un élément idéographique dont nous aurons à étudier la nature et l'étendue. En parcourant les inscriptions trilingues, il est facile de remarquer, par exemple, que le signe suivant :
correspond au mot khsâyatkiya; il exprime donc à lui seul une idée. II est vrai que le mot perse est quelquefois traduit par un autre caractère, et même par plusieurs caractères ; nous verrons les Conséquences de ce double mode d'expression; mais ce qui ressort de cette première observation, c'est ce fait positif qu'un signe du texte assyrien peut représenter un mot du texte perse : l'écriture assyrienne est donc idéographique.
Ce fait a permis de comprendre quelques inscriptions assyriennes avant même de pouvoir les articuler.
PortiquA du pal&ia do Xente.
Il suffit, pour nous convaincre de la réalité de cette nouvelle découverte, d'étudier une inscription un peu plus étendue que celles qui nous ont d'abord occupés. Je placerai sous vos yeux l'inscription de Perse-
polis, cotée G. — Cette inscription est gravée sur le portique principal du palais de Xerxès; elle se répète plusieurs fois, on la trouve jusque sur la robe du Roi. Les trois textes sont écrits à la suite l'un de l'autre au-dessus de la tête de Xerxès ; le texte perse est un de ceux qui ont servi aux premières observations de Grotefend : il est ainsi conçu :
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Khsaydrsâ. Khsâyathiya. Vazar ka. Khsâyathiya. Khsâyathiâ-' nâm. DârayavaJms. KUsâyath-iyahâ. Putra. Hàkhâmanisiya.
ce qui signifie :
€ Xerxès, roi Grand, — roi des Rois, — fils de Darius, — Roi, Achéménide. >
Le texte assyrien est également écrit sur quatre lignes, seulement les mots ne sont pas coupés à la fin des lignes. C'est une règle constante de l'écriture assyrienne que nous signalons ici et que nous nous efforcerons de maintenir dans nos transcriptions. Celui-ci se présente ainsi :
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